En entrant, une odeur lui pris le nez. Souvenir enfumé de la veille, tout était rentré dans l'ordre. Les fières affiches encore en vitrine, le sol propre, le bar irradiaient de silence. La soirée laissait une empreinte pour pas mal de monde, même pour les pires ivrognes. Argent facile, concours de circonstance, Samir et sa house import, les affiches sexy, et, Vincent à la pompe à bière, serveur en extra, remet l'histoire en place. Seb engagea un set racoleur, comme à son habitude, il écume large et sans reproches, ça lui réussi, nous aussi, une caisse en slide chanceuse. Malgrès tout, les peoples splendides approuvent, transpirent. Pierre, joue ensuite, confirme par sa jungle prisée. Romain sert les bières en flux continu. La nuit avance, Samir reprend les rennes, vol avec tout le monde, la neige fait son apparition au dehors, en apesanteur, Pauline sourit à Romain. Le ciel rouge orange éclate d'une miriade de flocons doux venant tutoyer les joues froides de Julie. La fin du set fut magistrale, le silence offrit alors sa douce euphorie, lorsque la lumière se ralluma sur ces désirs. Carrément, pour sommer la nuit, Agnès ouvrit les fenêtres, une fois les deux heures fatidiques atteinte. L'averse de neige théatralisait un conte post-moderne irréel et improbable, grâce à une température voisine de zéro, la fête et une certaine idée du bonheur. L'heure tardive, le hasch et la solitude faisaient pencher Romain vers la terne nostalgie d'une soirée pourtant splendide. Soudain, il s'adressa à ces amies, saisissant la parole ; " Bon, pour commencer dimanche, je vais rien changer. Je vais toucher à rien... et puis, on verra... " La fièvre - T'es capable ? - Franchement... Romain avachi riait. Chez Pauline en compagnie de Julie, ils étaient tout les trois installés sur un clic-clac à l'assise mouelleuse usée. Le genre de divan aux lattes saillantes et aux motifs délavés par les lessives, dûe aux maladresses domestiques en nombre sexagésimal. - Frappé d'alignement... suggèra Julie, reposant son mobile. - Je bouge... marmonna Romain. Laconique, sec et déterminé. Un boxeur au vestiaire use d'une même attitude. Il règlait déjà son lecteur de musique dernier cri, calé sur un Dj mixant jungle en format portable survolté lorsque Julie, regardant Pauline, sourit et lança ; - ...on prépare ... adaptation... - Trop bien... Romain était satisfait de l'avenante proposition qui sembla toucher sa virilité, deux femmes à ses cotés vallant mieux qu'une. Un sexe sous influence, tout au plus. Romain habitai chez ses parents, jusqu'à-ce qu'ils décident de le virer du nid familial. Pas de travail, pas d'études, mais que de skate ! Atterissage en douceur chez les copines, colocation opportune provisoire. Dehors, la nuit était toujours et encore vivace. Après l'heure tardive et la froideure, une lune approximativement pleine surmontait l'atmosphère d'un soupçon hypnotique, tenant le studio en haleine dans une sorte de pénombre rougeâtre offerte par l'éclairage urbain. La porte fenêtre du balcon en fer forgé laissait rentrer l'ocre plénitude extérieure, dégagée des immeubles centenaires du quartier bourgeois. De cette interstice, où elles s'abritaient, cachées, les filles achevaient la construction ou la combustion d'une cigarette roulée, les yeux rivés sur l'écran à cristaux liquides, seul lumière de l'appartement. Julie connaissait la verve prolixe de son ami, un peu bête à-propos, elle s'imaginait déjà le faire monter en puissance, l'exciter pour sa " session ", toute autant chauffée par son slip. Mesure de ses véhémentes pulsions d'addicte équilibré. Pauline lui faisait de brefs petits pics dans le cou, pinçait ses hanches en lui sussurant : - Lâche-toi... allé, lâche-toi grave... Romain bronchait pas. Julie posa le stick de porak sur un cendriller Sri-lankais en terre cuite. Ses jambes croisées laissaient entrevoir ses genoux, sous sa jupe tailleur, Romain, lui, ignorait toute excitation palpable à la vue de cette cripastion charnelle. Elle ajustait sa jupe, sur ses cuisses et ses genoux, sans rien dire, en même temps que Pauline savourait sa méticuleuse décoction incandescente. Romain semblait imperturbable, ailleurs. Son regard parcourait la pièce, tombait sur l'écran régulièrement. Une galerie d'art dans vingt mètres carrés. Le mouvement de sa vision muait temporellement, au hasard et à la chance du décor savament prédisposé. L'issue se trouvait dans les yeux des filles, normalement. S'imaginant déjà sur la verticale du park, il savait pertinement que seule Julie le tenait en amitié, s'interessant à lui, Pauline, ne jaugeait qu'une capacité à garder son sang froid, participer au remplissage du frigo. La drogue produisait sa magie, le trio, paré à un tiercé dans l'ordre, et pour cinq francs était rendu a d'étonnantes soirées, enfantillages innocents dotés d'une fatalité chiante à mourir. De cet instant, la situation tendancieuse touchait au but, agacé, Romain et son membre en érection se levèrent. Il tira sur ces vêtements pour se redonner une allure décente, sautilla sur place, sans amplitude, agité. - so, you want to know my secrets ? It's bad. It's very bad... Il sourit en anglais, saisit sa board après avoir fixé un bonnet fuschia sur sa tête. Badgé logoïde, son look gai-punk douteux n'avait rien de poètique. En somme, il apportait peu d'attention aux regards malicieux que les filles s'échangeaient à présent, ravies de l'interêt soulevé par son départ, toujours affallées sur ce sofa foutu, leur poses entrecoupées d'éclats de rires mutins rayonnant de bonheur, et d'hypocrisie. Julie carressait les cheveux de Pauline, Romain érrait dans le studio en train de chercher partout. Il entra dans les chiottes, puis la salle de bain, puis la cuisine, puis, vola une pomme de la corbeille de fruits pour la jeter dans son sac à dos, empoigna la poignée de la porte d'entrée, à moitié en reculant et lança un signe de la main en singeant une combinaison digitale en guise d'austère reconnaissance. Finger account Là c'est chiant. Vocabulaire néo-contemporain, moderne transpirant et moite, radicalement bancale sous des figures libres, imposition sur la valeur de skater. Romain était éparpillé d'une douce trance à l'ardeur frénétique, seul dans l'hangar. Il songeait, debout sur le replat de la rampe ; " ...prendre plus d'attaque... du vide... attaquer... le vide. " Ses patins roulaient vers le centre, il se jettait vers la courbe trois mètres plus bas. Attaque, premier 180°, glissade sur le coping, ralentir puis remonter sur le replat ; break. Il soufflait " ... La tête à l'envers... un truc de dingue... ça va passer... ça va rentrer... " Sans vraiment nommer avec exactitude ce qu'il faisait, il avait une idée précise de son évolution, et des risques qu'il encourait. Romain ne songeait même pas à ce qui se déroulait chez Pauline, se jettant de tout son poids dans les trois mètres du module vertical. " ...et toujours ce coté qui va bien... " Face à lui-même, Romain ne pensait plus, Pratique. Avare et gourmand du moment de gravité nulle, sa quète l'emmenait à s'épuiser pour toucher cet invisible endroit, juché là, quelque-part au dessus de rien. Sauf que l'arrivée de ce gars en roller gâcha la session. Impondérable nouveauté, ils devaient être deux suffisement fous pour se balader là à cette heure. Après un salut indiférencié, une animosité commerciale gratifiait chaque regards croisés, sans que les deux riders ne se parlent, tout les deux s'envoyaient du gros, par nature. L'air du hangar à mis le ton, abritant la rampe, baigné d'une lumière artificielle, des projecteurs lourds, seuls spectateurs du brouaha du skate et des rollers, ponctuation arythmée d'incessantes montées et descentes, d'avant en arrière. Le dialogue s'établit de manière curieuse, le phrasé de leurs gestes hiératiques se lisait ainsi : Du patin en backside, 180, noflatspin, disaster soul-rail, 360, slowswitch-up, volt to fish under brain into true spin bad belong, abstract grab to fackie transfert over mizu. A cela Romain répliquait ; Frontside grind, full gap-ollie, backside tail-slide, back-flip, modeste. Un vrai dialogue de sourd. Roughneck Tetsuo Le gars en patin évoluait avec un certain style ; précis, sorti de nul part, fluide. Romain n'avait jamais rencontré ce " newbee " sur le park. La joute s'instora trop vite, chacun attendant que l'autre libère le parquet de la rampe. Elle s'effaça tout aussi vite. L'un et l'autre appréciaient son évolution à sa juste valeur. Seulement, Romain ne parvenait pas à obtenir autant d'amplitude au dessus du coping, le rollerman, avait de la ressource, un peu plus de caisson, un casque sombre et des genouillères sous son pantalon baggy. Comme ils alternaient leur présence sur la rampe, aucun des deux ne laissait la verticale inoccupée, aucun des deux ne s'arrèterait, ils étaient presque au bout de la nuit, quatre heures du matin sans jet-lag. La sueure des deux riders se mèlait, évaporé au froid sec de la nuit métalique. Le ring vouait ici un culte au summum de la pesanteur, immuable loi dictant ceci : Ce qui monte, redescent plus où moins brutalement. BLOUM. Ces quelques fractions de secondes apesanties, aussi savoureuses que le silence fugace s'échappant à cet instant parfait, hors de leur vacarme visuel ébouriffant, étaient violement plânante, dure. La quintescence du mouvement perpétuel... et toujours ce sourd grondement des roues sur le parquet. Surfing with Hadji La dureté du bois stoppa brutalement Romain. Voulant faire tourner son skate sous ses pieds, il manqua la récupération avec sa main gauche, heurta violement la courbe, puis glissa en contrebas jusqu'au replat. Violent, le choc ne fut pas douloureux dans l'éclair du contact, sauf qu'immobilisé sur la piste, une sensation l'étreint. La planche roula loin. Sans un mot. Romain ne se releva pas avant d'avoir fini de glisser, il ne se releva pas avant de pouvoir le faire. Ses crashs pads jouant le rôle qui leur étaient aloués, mais un casque aurait pu lui éviter un curieux saignement à l'arrière du crâne. " Rien de trop grave " pensa-t-il. La rampe adverse ne bougea pas. Une chute d'humeur, rien de moins. Romain repris sa planche à quelques pas de là ; Sans avoir compris ce qu'il lui était arrivé, il se releva secoué, non comptant les secondes, minutes écoulées. Il ne réalisait pas ses troubles de la vision. La planche invisible, il gueulait ; " connasse... " rageur, il rajouta : "ça c'est fait... " cracha, " baltringue... " une fois, puis deux " c'est fini pour ce soir... " Il était visiblement secoué. Enervé surtout de ne pas avoir pu rentrer sur ce flat une fois de plus. S'approchant lentement de son sac à dos posé à terre, il bu. Alluma une cigarette, s'assis sur la même planche revèche, laissant retomber son shoot. Il surveillait la coagulation du sang derrière sa tête. Toujours sur la verticale, l'autre rideur descendit en deux aller-retours. Fit un détour, disparu un instant, puis revint sur la rampe, armé d'une bombe de peinture. Sous les yeux de Romain, il effectua un graf en deux secondes trois minutes, à l'endroit où il heurta le parquet quelques instant plus tôt. - on va enlever les tâches de sang. Le blessé imaginait le sang se mélanger avec les cheveux, du bout de ses doigts, il contemplait l'émoglobine, pensant à son tamagochi musical. Right Hot Swot - ça irra ? Les pschits calculés, méticuleux, déposaient une couche de peinture sur le bois laqué. - T'es tranquille comme garçon... Romain restait agacé de sa cascade. L'inconnu sourit, puis le regarda. Il avait retiré son casque et on distinguait des cheveux mi-long brun en bataille, sa peau bronzé lisse attirait Romain. - Je signe ton show... C'était bien le seul témoin du chef d'oeuvre, il rajoutait pesant ses paroles en douceur : - Remets toi vite... ne prends plus de repas seul et on se retrouve... pour rider ? - Pourquoi ? Il cherchait ses mots, ses pensées ; il souffla. Le mec disparu, sa douleur empira. Resté groggy sur le park une dizaines de minutes, il ramassa ses affaires, en essayant de se décontracter, le dos, mais surtout sa tête qui le faisait souffrir. Voyant le tag, un sigle monochrome ressemblait à une lettre, un icône. A cette heure, le voile sombre nocturne ne tarderait pas à disparaître pour un jour nouveau. Un dessin, loin. En sortant, Romain aperçu une silhouette nonchalente qui tournait autour d'un van. Ca tombait bien, il voulait vérifier l'état de ses capacités cognitives. Il s'approchait, tranquille, une main sur la bretelle de sac-à-dos. - Salut... - Quelle destination ? T'arrives au park ? Gros transfert ? Fumant une roulé, il répondit à Romain, calme, sans tension ; - Je monte... Romain distinguait des lettres gothiques brodées sur le buste du sweat porté par le chauffeur. Il répondit, - Laquelle ? - Pffuu... Une facilité éffarante émanait de cet individu à l'image d'un alter-mondialiste, prêt à en découdre avec des CRS. Romain le toisa d'un geste du menton. - Tu bois un whisky ? Il apporta une touche finale à cette thérapie traumatisme, mèlant au caractère malté le viellissement en fût de chêne, et lui emboita le pas, toujours pieds nus sous ses chaussettes. - Je m'anéstésie, après une chute, c'est un alcool fort que je préfère... L'inconnu le regarda en souriant ; - Scotch, malt whiskey ? Romain soupira en forme de points de suspension. - T'as pris une boîte... Romain répondit en se tattant le crâne, - yep... sévère. Mais je vais pas me laisser romancer ! Orange net-up Kader possèdait un de ces bus Mercedes 302 blanc reconverti en caravane-sérail sans nana. Un camping-car approximatif, à hauteur des bas de caisses, une frise de poussière en couleur cerclait l'engin et le rendait difficilement discret. Kader ressemblait à un vrai soixante-huitard attardé, moitié Cloclo, moitié Claude François. Reubeu, se payant ainsi le quotidien et le futur d'une retraite de rider, à moins qu'il ne se tue auparavant. Il s'organisait donc un tour d'Europe des meilleurs parks, après un séjours à Stockholm où il avait skaté, éclusé et touristé, disait-il. Il avait encore une contravention de parking place " Klara Norra Kyrkogata " Participant à aucune compétition, de temps à autre, il était carrément underground et ne s'affichait jamais, il avait déjà une paire pro-model à son nom, self-shapped. Peinture-perso d'une paire de chaussures de hand-ball, à sa manière. Le bougre, il lui avait pas fallu longtemps pour se décider à suivre. Avant de prendre la route, Kader avait pris le soin de rouler un joint de tabac vert, beuh, qu'ils fumèrent pendant une conversation décousue, hachée. Romain était monté dans le bus, pour quitter momentanément, la routine disait-il. Ils étaient tout les deux maintenant dans son camion merco, son benz flottait par les méandres du petit matin sur un périphérique. La fatigue stimulait dans ce qu'elle possède de plus dangereux, l'ivresse de rester encore réveiller alors que tout les autres automobilistes les dépassaient, survoltés dès le réveil de rejoindre leurs lieux de travail, de torture, d'obéissance professionnelle et civile. Des jeunes femmes et hommes, de leur âge, couraient vers des junks-jobs à mille euros mensuel, poursuivis par le temps, pressés d'amour machinal. Calcul mental d'une paye mensuelle où chaque aube à la blancheur noséabonde des éffluves d'essences carresse le béton, un brouillard étrange, ciment du jour qui ne perçe plus jamais ici. Le bitume des zones industrielles dont le nom au flou artistique n'évoque que la nécessaire rentabilité de ces bâtisses carrées, les unes à cotés des autres, enchevètrées d'autoroutes que nous empruntont malgrès-nous. Comme un non-lieu, une rationalité infaillible, des routes bien conçues, une foule en déplacement, avec ses propres cages. Fierté de la valeur automobile. Bien entendu ils urent droit à l'embouteillage, un nom bien ridicule devant l'immense dérisoire d'une situation irréelle, et pourtant quotidienne pour ces personnes, cependant même parfois souriantes. Kader roulait, en conduisant, il mangeait un paquet de chips. Romain était ivre. De la jungle faisait avancer le camion. Love is gone La campagne leur faisait place. Romain et Kader traversaient la France et ses paysages agricoles par la voie express. Il était près de midi. Kader conduisait depuis cette fin de nuit, alors que Romain s'était affalé à l'arrière du van en sortant du bouchon, cuvait plus qu'il ne dormait. Il avait bu le reste du malt distillé. Le chauffeur abdiqua face au film monolithique de la voie de pierre. Romain songea à cet inconnu de la nuit dernière, à son étiquette artistique bizarre. Après une centaine de kilomètres, Kader choisit une aire de repos, bien mérité, surtout qu'il vallait mieux remettre de l'eau dans le circuit de refroidissement du moteur pour éviter qu'il ne casse, après le passage du bouillant traffic nocturnal. De plus, un plein de carburant attendait. Kader s'adressa à Romain ; wheel silver triptic - T'es sur le coup ? ... T'as déjà lavé des cailles sur l'autoroute ? - Si elles ont de l'aspirine, je les suivrait jusqu'à père... - Tu La suivrait... Kader repris ; - T'as bien mal, à la tête... Tu devrais aller essayer de prendre une douche au relais. Oxydogènèse. - C'est du shampoing ? Romain se ressaisi. Kader ria, tenta de s'agiter tandis qu'il se descendit du van par la lourde. Romain avait la gueule de bois, une bosse sur le crâne et bien sur, une migraine terrible. Il parlait sans trop savoir, et disait ce qui lui passait, malgrès lui, par la tête. - C'était comment Stockholm ? - Commun. - Commun comment, scandinave ? - Non, Suèdois. J'ai eu un problème là-bas. - Euh... La contre-danse, Romain pensait au petit-déjeuner lorsque la conversation s'approffondissait, gagnait en teneur. - J'ai échoué à mon propre intérêt pour ce voyage. Hard-rock café, touillette universelle... manpower... - Ouai, ouai, ouai. Da vince code... Quel dédain éprouvait Romain. - tu me fous la honte. Tu compte voyager gratuit ? Romain se tût. Brimé par Kader ; - T'es pas un branleur ?! - Un quoi ? Il se levait. - un poulet ? ! Il sourit, puis soupira ; ajoutant : - oui... un sandwich au poulet, avec des ognions, salade, tomate, mayonnaise. Si tu me demande des euros, va skater sur l'autoroute... Red lost indeep Une douche. Restant plusieurs minutes sous une douche bouillante, Romain sentit sa peau presque brûler sous la chaleur, tout son corps raisonnait sourdement d'atteindre une température surchauffée, ramoli et cuît à point, des goutelettes d'eau au goût calcaire glissait le long de ses lèvres de beau gosse. Son cerveau cognait à chaque battement de coeur. Concentré, les mains contre la faillence blanche, il coupa l'eau un instant et petit-à-petit, accepta l'eau froide sur son corps pour bientôt se jetter tout entier contre l'abime glaciale. Une méthode jubilatoire, songeait le douché. Sa peau était immédiatement saisie, ses muscles se détendaient et bientôt, sa respiration était atteinte d'un éssoufflement fort. La fraîcheur touchait le coeur, il lui fallait plus d'énergie pour combattre ce refroidissement, il l'obtiendrait grâce à l'air, soufflant tel un sprinter, il eructa, immédiatement, plusieurs râles, sourd, libérateur, orgasmique, il exteriorisait une force inconnue pour mieux l'apprivoiser. Romain amusé à exagérer ses expressions, se galvaudait ainsi. Voyant la manière dont la porte était gribouillée frénétiquement de messages à caractères sexuels digne des excès de vitesses autoroutiers les plus scabreux. Il songeait à Pauline et Julie, qui lui manquaient, et se concentrait sur son crâne douloureux de skate, d'alcool, ou du traumatisme à venir. Ses exclamations entrecoupées de rires de plaisirs incontrôlés raisonnait dans la salle d'eau de la station service. Après quelques minutes d'effort à la franche sonorité sportive, lorsque le pincement silencieux devint gènant, son visage fermit le robinet à sensations. Appaisé, il ressentait un calme et une coolitude presque Jamaïcaine. Kingston, reposé, serein, vidé de toute tension. Sortant de son cube de faïence, il trouvait là un routier impassible, se brossant les dents face au miroir, habillé d'un t-shirt Canal+ serré au ventre. Le type avait dû conduire pendant vingt-cinq ans sans quitter le volant, autant dire qu'il ne signifiait pas plus d'étonnement lorsqu'il éclatait un pneu à grande vitesse. Sa présence fit sourire Romain qui tourna la tête et sorti. Troublemaker extract L'appartement était épuré de fioritures aux détails riches et précis. Des meubles contemporain en formes géomètriques aux couleurs brutes servaient à ranger le reste. Sur une large table, mieux qu'un bureau, le peintre du skate-park conversait par connexion internet avec Julie. Derrière la baie vitrée, le son de la rue pulsait l'air entre les voitures roulant sans discontinuer. - Un bon gadin. - Traumatisant ? - Passe voir ce qui reste... - Il est à l'hôpital ? - Non. - Il est mort ? La connexion nue de toute émotion inscrivait ces mots sur l'écran de Michelangelo. - mieux - mieux que mort ? - il est parti avec un chtard. Le clavier du terminal multimédia ne fît plus de bruit. Julie, changea son assise, pour se tourner de quelques degrés et annoncer la nouvelle à Pauline. - le transcendant satrape... - alors ? - il est parti... en montagne ! - sans nous... il va casquer ! own empty brain Avec la nourriture du magazin de la station, une eau gazéifiée au goût paracétamolé, des barres chocolatées euphorisantes, une baguette de pain croustillante, du lait, et la commande de son ami, ils dévoraient une poignée de minutes en s'énervant. Sous le soleil, Kader observait le balait immuable de cette foule d'automobilistes pressés, dont le point commun serait de suivre la même direction, encore fusse-t-elle d'accord. La course des nuages et le vent s'indignaient de cette histoire. Romain bouffait sa bonne éducation, et commançait à arrasser son nouveau compagnon, bientôt prêt à lui suggerer de trouver un autre véhicule. Lorsqu'une fourgonnette de police arriva lentement sur l'air de repos, bientôt suivie d'une autre voiture vert-métalisé munie d'un simple gyrophare bleu, et du part-soleil police. Bien sûr, Romain aime faire connaissance avec des individus de tout horizon, surtout lorsque leur déguisement de fonction leur octroie une autorité, incontestable. Are you all right ? L'arrivée d'une bande de gardiens de la paix changeait la notion du temps. Romain rejoignit son nouvel ami à cette émotion coupable. Evidement les flics étaient-là pour eux. Romain pensa à haute voie ; - Ils vont nous craquer le slip... - Ta gueule. Kader gageait qu'ils seraient arrètés, suivant le protocole requis, tout le monde garderait son calme. Ils étaient cinq. Certes, la déco du Mercedes attirait l'attention, mais une Corvette, moins spacieuse et plus nerveuse, est tout autant subversive envers le contrôle technique. Kader écarta son break-fast, jetant le sac dans une poubelle. Les forces de l'ordre se garaient, devant et derrière le bus. Les freins à main grincèrent. Rituel, la descente de voiture produit son effet. Cerné de surprise, les deux riders ne savaient pas vers qui se tenir. L'un des compagnons républicain de sécurité mandatat les vérifications d'usage aux papiers du véhicule de cette manière. - Police nationale. - Présentation des papiers, messieurs. Trois civiles bloquaient l'air de repos par l'arrière du van, vraiment rigides, genre acier trempé, ils semblaient indiscutable. Tandis que ceux du bus examinaient la zone, et surtout le 302. L'un des flics en uniformes ordonna à Romain ; - vous, venez ici. Romain obtempéra. Pendant que Kader ouvrait grand les portes à un homme et une femme, procédant à une fouille en bonne, et dûe forme. Le camping-car, ancien, contenait un équipage massif. Les portes arrières ouvraient un coffre, haut jusqu'à la fenêtre. Dedans, un matos sale. Par la porte latérale droite, une kitchenette, et un sofa. Deux skateboards, un casque, un snowboard, de la wax Zog, un sac à dos, des crashs-pads, un réchaud à gaz butane, des vètements, un filet de camouflage de l'armé... Par-dessus, Kader entendait une femme officier fouiller la partie cycle de repos, répartie derrière le poste de conduite. - vos papier d'identité, les papiers du véhicule. Kader les sortis de son porte-feuille. La femme tenait la bouteille vide de whisky bû la veille. - contrôle d'alcoolémie. Le rituel durait. La beuh fût piétinée, parce qu'en quantité modeste. Un bouquin sur Stockholms intriguaient le zel de la femme en uniforme bleu nuit. A nouveau réunis, Romain, Kader, écoutaient les remontrances d'un gardien de la paix, accrédité de son brigadier-chef avec attention. Il n'était pas du genre à se laisser impressionner où amuser. Le flic qui l'intérogeait le fixait du regard, ils avaient tout les deux la même taille. Et au moment où il donnait la parole à Kader, les yeux du policier n'effectuaient aucun mouvement. Par soumission autoritaire, Romain en était systèmatiquement déstabilisé. A l'instant de prendre la parole, il se retrouvait flashé, intimidé, quasi-coupable. De rien, mais-si, coupable. Comprennant vite le jeu du poulet, il se mit à faire pareil, non sans adresse et habilité. La violence psychologique de l'échange se plaçait dans une joute d'expression programmé, pour une conversation vide de sens. Romain, faisait un lien, feutré. Personne ne lui prêtait attention. Ses cheveux court, son allure normale et son parfum de fraîcheur en faisait presque un honnête citoyen. Les gens d'armes semblaient passer enfin leur chemin au bout de longues minutes de fouille, vérifications et de questions absurdes. Kader se préssurisait petit à petit, le faux-pas guéttait ; la répétition des allusions au traffic le harcelait vraiment. Soudain, atteignant la justesse, désserrant la pression, il s'emporta, insultant : - hé, vous savez quoi ? vous allez me repayer la mariejuana... En un claquement de doigt, l'un d'eux l'attrapa par le bras en le retournant avec une clé et serra... appuyant fermement sur l'épaule, il entendit : - si on ose... Le temps ouvrit une faille infinitésimale entre le bon, et le méchant. - Tu DEGAGE... Le flic, resserait son emprise. Sa main gauche se porta sous la ceinture, en haut du cul. Il accompagna le geste à la parole, le poussant des deux mains, vers un autre monde. Romain, spectateur, immobile recevait cette vision paralysante, hypnotique et cruelle de violence abstraite. Tenu aux arrêts par ses propres yeux. Le prévenu, se retourna, mais ne pu rien dire. Les bleus conclurent : - T'as pas compris... disparaîssez ! - pigé ? See your later - Y a pas moyen... - et c'est out. Putain ! Il frappa ses mains entre elles. Ils sont trop cons... Avec les condés, c'est toujours... Kader avait morflé, il restait sous le cou de leurs vérifications d'usage, essayait de ranger petit à petit. - Ses raclures, ils ont tout retournés... t'as vu la merde... - Qu'est-ce qu'ils t'on dit ? - demandés où nous allions... La contravention Suédoise sur le tableau de bord était toujours impayée, et Romain se demandait. - L'herbe, en la trouvant, ils étaient pas étonnés. Pourtant, un maghrében, avec de l'herbe... - C'est des nuls. T'as failli prendre un coup de pied au cul. - Remarque...euh... Houla. Stoppé net, le chauffeur, comprenait une chose. En liaison avec le ride, la main dans le dos, pour les appuis, le flic le rappellait à l'équilibre. Il ajouta ; - Et, tu penses qu'ils skient ? - Tu me prends pour un fonctionnaire ? Romain ria... - Vite vite, vers le paradis blanc... on s'arrache, tout tranquillement... Ignorant les questions sur son lieu de résidence, Romain trouvait presque normal de saisir l'opportunité de flamber avec Kader, prenant tout les deux la direction de l'Alpe mythique, afin d'y préparer l'hiver loin des tracas quotidiens, au coeur de la haute-montagne. Ils ne savaient rien l'un de l'autre. En revanche, partager une arrestation laxiste, offrait une peur du gendarme trop sympa. Bien, un lien existait maintenant entre eux, fort, invisible, utile, et commercial. Le sac de noeud du problème les transportait le long des barrières de sécurité ornées de bornes S.O.S persistantes, après les téléphones mobiles. Le vieux van " merce " avançait sur une perspective lointaine. Leur racine, aux origines tellement lointaine découvrait une richesse incroyable. Revers de la médaille, aussi impressionnante soit-elle, leur souplesse d'esprit portait un obstacle. Derrière le pare-brise vertical, le passager utilisait son portable comme le chauffeur conduisait. Abrité par les semi-remorques, la température de l'habitacle atteignait le péage. Alors pour Romain, l'opportunité était inespérée, une mise à l'épreuve de son audace. Passer du goudron à la neige, apprendre la glace, la douceur et la poudreuse. Aussi étrange que cela puisse paraître, c'était même rémunérateur, un bon boulot pour Kader qui devait retrouver les décors légendaire des montagnes superstar, cachetonner un peu, prendre des photos, tourner, peut-être quelques vidéos et prendre part à une ou plusieurs des compétitions organisées, serrer des mains sauf celle des médecins, tuyauter les apprenants, rencontrer la famille, se poser, se lâcher, compter ses côtes, retrouver son foi, tester des drogues, apprendre les langues étrangères... se fondre dans le microcosme... Dance Après avoir parcouru plusieurs centaines de kilomètres au rythme des courbes et ponts autoroutiers, autour d'une ville, vers quatre heure de minuit, Kader aperçu en premier un autostoppeur sur le bas coté. Inclinant de dix degrés son bras gauche pour actionner le clignotant, Romain hésita ; - On le charge ? Ils passèrent au bord du type, s'apprètaient déjà à le charger dans le bahu. Romain baissait sa vitre en actionnant la commande, avant de lui demander ; - Tu vas où ? - A hauteur du col, peu avant le relais, le chalet de la réserve. - empoigne la porte et grimpe, c'est notre route. Resté silencieux, Kader s'appliquait à conduire. Romain scrutait l'allure du gaillard en redémarrant, tourné vers l'arrière. Pantalon treilli, veste noire avec épaulette, cheveux chatain... Et un joint dans la main. - On vient de se faire serrer par les Condés... tu le crois pas... Sur l'air de repos de notre déjeuner. - Aujourd'hui ? L'autostoppeur, un peu seul au monde, commentait ; - C'était qui ? Les Douanes ? Romain répondit, avec retenue... - Pas tout à fait... ils étaient trop nombreux... aucun chien... - Je suis pas surpris, c'est moi qu'ils cherchent... - Ah, le mensonge, t'es sérieux cousin ? Souriant face à la revendication de l'autostoppeur, Romain entendit ceci : - C'est pas ton problème. Silence dans le bus. Les ronds points faisait pencher la caisse sévèrement. Kader profitait de la nuit avancée et du manque de circulation pour augmenter sa moyenne horaire. L'obscurité mouvante carressée sous les phares aspirait la vue des passagers depuis trop longtemps. Croissant au rétroviseur, une lueure se transforma d'un souffle en moto, dépassant le bus à une vitesse à peine croyable. Une plaque minéralogique Suisse sur une hypersport. Quelque chose masterisait l'ambiance, grave. Vingt kilomètres plus loin, à l'approche d'une haie d'arbres perpendiculaire à la route, L'autostoppeur silencieux demanda gentiment de s'arrèter. Exit précoce, oublié le col. Etonné, Kader engagea le van dans les nids de poule rempli d'eau du bas coté. Toujours silencieux, il descendit et revint face à la vitre passager. Romain rabaissa sa vitre, l'autostoppeur avait les mains dans les poches. - Ok les gars, ça le fait, seulement j'ai un imprévu, une idée. Faîtes bonne route, merci à vous. Les deux routiers mirent du temps à se parler. Comme si le ronron moelleux du moteur était mieux que du Sylk 130. - Chelou, le lascar... - Nan, c'est qu'il fasse du stop qui est anormal. Un gars comme ça, je le verrai plutôt sur la bécane qui nous a doublé. C'est tout à fait le tempérament, l'accent Suisse en moins. - Il s'affiche ? où il nous déclame ? - Non, il roule la nuit... Kader ajouta ; - Non. A Sallanches, tu prends le volant ? t'es ok pour la suite ? Il reste des biscottes ? T'as encore un peu de swing ? Sa main secouait à l'épaule droite. Back office skills - Tiens, arrète-toi par là... met juste le cligno, pas les warning. Kader demandait à Romain de se garer. Il conduisait le camion sur le viaduc de l'autoroute coupant la vallée de l'Arve, suspendu dans le vide au dessus d'une usine rocaïlleuse hors d'âge, grâce à des piles de béton haute et droite. L'air frais silencieux brisait le murmure de la camionnette, sa douceur rompît tout de suite l'accumultion statique du mouvement routier. Romain répondit surpris ; - Tu veux t'arreter ici ? ! - Tu vas piger... Kader sorti un pochoir tribal de sa boîte à gants, saisi une bombe et après avoir essuyé l'applique, se désigna. - qu'est-ce que vous avez à peindre ? Savoir de quoi étaient capables les autoctones, valait bien une petite mention. Toujours calme, il ajouta une nouveauté ; - T'as vu la hauteur du pont... Franchement, en empruntant cette route, moi je flippe, les gens flippent, tout le monde se frise... alors, cristalisont la peur ! Posant sa tête sur son poing, le coude sur le volant, Romain se marrait, juste ironique. Kader insista ; - Tu verra, c'est comme une spécialité nomade et locale. Il ne connaissait pas le pays des glaciers. Dans moins d'une heure, ils auraient dépassés Chamonix, traversés Argentière et atteint le sommet du col routier des Grands Montets, avant Vallorcine, cette nuit, ils tutoiraient les sommets. Maintenant baissée, le coude sur la portière, sa vitre passager laissait rentrer l'air frais dans l'habitacle, de l'air très frais... qui régalait Kader. Un bon dub groovy sonnait le fléchissement du mercure. La publicité sauvage apposée, ayant repris le mouvement, le pont se jettait droit dans la montagne, la route s'offrait à eux seul, aucun automobiliste n'aurait surpris leur travail d'esquisse. Une relation intime naquis entre la dure longueure du temps, à d'inhabituelles heures de transumance, extraite de curiosité, dénué de crainte, le mouvement de l'autoroute devenait tendresse. Franchissant plusieurs tunnels, ils parvinrent au pieds du séculaire glacier des Bossons. Sur leur droite, perdu au ciel, une île de lumière perçait la nuit, éclaboussant les timides étoiles. L'aiguille du midi, jaillissait d'une lumière que seul Kader scrutait d'un oeil rêveur. Silencieux, ils passèrent ensuite à proximité de la célèbre école d'alpinisme. La nuit déserte de ce soir d'octobre, traversé de froide douceur pourpre, carmin ou bordeau, offrit les quelques songes de sérénité affichée par l'ombre unique, gigantesque, d'une masse minérale entourant le monde. Suivant les épingles, les lacets de la route de principale, ils touchaient au but. Arrivés au col et ses 1400 mètres, Kader indiqua un parking, à droite de la route, sorte de passage secondaire à l'écart des fréquentations. Romain stoppa le bus, laissa tourner le moteur un instant, puis, ils descendirent marcher tout les deux. Wild Burley Flavour Kader alluma une cigarette. - A cet endroit, en mars, avril, il y a parfois encore assez de neige pour tailler des kicks au dessus de la route. - Depuis quel couloir d'avalanche ? Romain ne distinguait rien du relief alentour, juste une vague obscurité touchant le ciel, à peine quelques étoiles se détachaient de la voie lactée. Heureusement, Kader lui prèta du chaud, une parka terrible. Saisi au départ de sa spontanéité, il n'avait qu'à s'adapter au mieux à la situation, chose qui aminait chez lui une sensibilité nouvelle. - Au rencard, il y avait un saut terrible au dessus de la route... on prenait l'élan depuis ce flan de montagne... le couloir là... Il indiquait à Romain la direction, naturellement, il le suivi du regard, sans vraiment l'écouter, sans parler, ni même aspirer un petit bruit de ponctuation, comme il en avait l'habitude. Romain était déjà ailleurs, seul avec la montagne, subjugué, émerveillé et étonnement calme. L'air pinçait, il faisait moins de zéro degré. - moi, euh, je suis pas un skieur volant, je découvre, c'est tout. - Et t'as envie ? - Une table de malade... en dessous, des automobilistes passent... comme-ça... Il réflechissait, pour affirmer ; - Oui... pour te décevoir, il me faudra du temps. Les yeux de Kader recevaient son approbation. Levant ensuite la tête, Romain se perdit par l'immensité céleste. Une drogue à bas prix, aux vertue sauvage d'effets colossaux. Au dessus de lui s'ouvrait un monde si étrange, si lointain. L'espace, les constellations, les galaxies, Vénus, l'univers, parcouru de lumières, jalons clignotants silencieux, il pensa ; nos étoiles artificielles ne servent pas uniquement à rassasier nos besoins de télécommunications, c'est juste pour émerveiller la féerie de nos nuits claires et somnambules, d'une beauté terrienne. Your gold smile Le matin, les aiguilles rouges du tableau de bord cèdaient à l'imposante pente, découvrant les massifs où se niche le barrage d'Emosson, à l'opposé à la grande verte. Le même lieu différent d'une absence ensommeillé, illuminé de photons. Revenant de nul part, devant le bus, Kader continuait son récit de mémoire jalousement récité, honteusement enjolivé ; - On arrive à bloc, saute... atterissage en douceur... L'imaginaire s'apprivoisait lentement, la condition s'écartaient à la noirceur d'une hauteur de neige pendant que leurs visages goûtaient la fausse fraîcheur du réveil. Sceptique, entre le passé, présent et futur, Romain, coupa Kader ; - Eh. Poursuivi ; - on se fait le col ? - et on prendra le café au village, je te présenterais les serveuses de permanence... que je ne connais pas encore. Kader tira une dernière latte, lança son clou d'un claquement de doigt. Le manager de l'Office, le bar Anglo-saxons d'Argentière, Lindsay, devait avoir trente ans, pas plus. Elodie était la plus petite des serveuses. Cécilia l'Anglaise et Fredy la belge étaient toute les deux taillés comme des championnes olympiques. Et puis il y avait Howard, le serveur black anglais qui dessinait sur son crâne rasé des motifs tribales géomètriques repésentant à l'extérieur le fait qu'il soit complètement barré à l'intérieur. Un pusher, une machine. L'ambiance donnait dans le style standing internationale, communwealth. Du coté des clients, quelques touristes anglophones friqués venait lire le Daily Télégraph en sirotant du thé earl-grey, et des freaks comme eux lisaient The Sun déglutissant de la Lager. Tous étaient de plus en plus taciturnes, attendant la neige avec impatience. - tu te démerde seul maintenant. Neutre et clair, Romain surpris, comprenait. - je vais devoir trouver un squat... fauq'je plaise à une meuf... Son inquiétude semblait être un gros bloc gelifié, mou, flasque et élastique. - pas pour du snowboard. Et en tout cas, sûrement pas assis au comptoir. Mate un peu : Il se leva du tabouret de bar, très dynamique, tendis les mains, écarta les pieds, bien à plat sur le sol et indiqua d'un geste un souffle maîtrisé ; - là, tu squatte. Il fléchi les genoux à deux reprises, se reposa aussi vite sur le tabouret précisant ; - surtout, aucune crispation, enfin, devrai-je dire ; reste cool... Keep on believing Parti studieusement travailler pour son propre compte, Kader avait repris les commandes de son équipementier. Après deux jours à visiter le coin avec Romain, ils se séparaient, Kader partait quelques temps en Suisse voisine, au val de l'extrème, seul. L'architecture esthétique des planches de snow et des skate oppresserait son quotidien. Depuis leurs descentes régulières sur le col, quelques riders se retrouvaient accoudés au comptoir, bercé par la pop de Morcheeba, Pulp ou Logabeat. Elodie prit sa pause hors de la batisse, au soleil de quinze heures trente, sur la terrasse. A l'immuable disharmonie qui emboîte le pas des hommes à leur réalité ; saluer, commander, consommer, payer, Elohyxe rêvait, un peu absente. Toute la fastidieuse influance des regards échangés, la corrélation relationnelle inépuisable et omniprésente... Un peu comme le fond d'écran d'un ordinateur, coloré, changeant de forme électroénergétique, spectre onirique et imprécis, le bar vivait d'une frénésie manièré. Elodie rentra. Pour le taquinner, sortant de la cuisine, elle offrit une gousse d'ail épluchée à Romain, affalé à sa table en terrasse, avec une bière, pas une noix de cajou. - ça te stimulera, ça change du tabac... tu verra, c'est un vieux truc de mémé... Fasciné par sa carrure, Romain la questionnait sur les courses en haute-montagne. Elle n'aimait pas en parler, si proche de l'aiguille verte. - Tu sais, l'altitude... l'oxygène se rarifie et le cerveau ne réagit pas toujours normalement...sans accoutumance. Elle s'exaltait, sereine ; l'aclimatation. - Tu veux dire, un mal des montagnes, comme l'ivresse des profondeurs lorsque l'on plonge ? Cette fois, Romain la draguait avec assurance. - Un peu, au dessus de... tes oreilles, dès trois mille mètres, on le perçoit, tu peux faire des choix, malgrès toi, qui t'emèneront, au delà de tes limites... Elle souriait, délicieuse, parfois ses yeux se muraient de tendresse au sujet du roc. - C'est une théorie d'alpiniste, tu... Cette fois, sa peau bronzée contrastait avec le blanc de ses yeux. Deux opales fixait Romain. Il était mal à l'aise, totalement sous son charme, sa main frappait le montant oblique de l'avant-toît, un chevron cisellé. Il lui proposa trop vite ; - On fume une cigarette ? Elle saisit une clope du paquet de Lucky Strike, Romain porta à sa bouche la tige. Elodie faisait pareil. Or, elle voyait la petite poutre, et précisa ; - du Rébuffa je crois... tu connais ? Spontanément, ils joignèrent le bout de leurs cigarettes qu'ils enflamèrent d'une unique flamme de briquet. La scène était jolie. Les autres serveuses surveillaient les débats au travers de la porte fenêtre. Deux clients se levèrent, le bois brun foncé du mobilier devait être aussi vieux que celui du comptoir, les Hollandais changeaient de taille sous les yeux de Cécilia et Howard, à l'heure de débaucher. Sortant du bar, les touristes firent taire le couple. Romain sentit une ouverture, une faille dans les émotions d'Elodie grâce à ce réflexe Dom Juanesque. Il la questionnait, surveillant ses pieds ; - T'as pris du gaz ? - J'm'en fous... - La verte ! la Werthe, l'Avertte ! ! ! on comprend comme on veux... Plus de quatre mille... pffffu... Elle attendit. Décrivit à voix basse ; - C'est si...beau... majestueux... énorme... que du vide... Romain, que de vide... Elle était mystérieuse mais tellement vraie en évoquant sa course, que plus tard, elle entraina Romain vers le cimetière et l'église, dehors, où elle se perdait du regard et en parole dans les sommets alentours. Verticale James Dean. - Michelangelo, connection demandée... La déco de l'appartement avait été modifiée depuis le départ de Romain, la peinture du cri fût superposé. Julie et Pauline gardaient le contact avec le peintre, afin de suivre les nouvelles du quotidien d'un sport libre, sauvage, dangereux, savoir comment allait leur animal néo-antique. - si je vous dis oui, je vais le regretter. - On te demande non. Elles insistaient. - NON - C'est une question ? - Un besoin. Isolé, invisible du monde sur 45 mètres-carrés de pure art contemporain, le grapheur, rammassa un gravier aperçu devant son bureau pour reprendre la propreté initiale. - Vos fantasmes son nomminatifs. Il a neigé ces derniers jours, tenez-vous aux sites officiels. - Et c'est bien ça le problème. Spiritualized upon a time Il faisait froid mais il s'embrassèrent longtemps. Doucement. L'amnésie du monde explosait entre eux, un peu de la même façon que lorsque l'on s'engage sur un glacier. Ils marchèrent pour atteindre la villa où Elodie vivait. Sa Chambre donnait à l'arrière, au rez-de-chaussé où des parterres de cyclamens et des pots de géraniums bordaient la façade. Un verger de pommiers doté d'une piscine inscitait à l'oisiveté maladive des vacanciers charmés par le dépaysement d'un F3 rue de Turenne. Bizzare, leur romantisme cèda sous le poids de l'excitation. Aussitôt dans la chambre, Romain ne s'intéressa qu'à sa nuque, ses lèvres, son buste et ses fesses. Le corps d'Elodie était ferme, réagissait sous les assaults de l'éphèbe. L'ondulation du creux de ses hanches, à la réponse de ses carresses n'était qu'une saveure de l'éventail merveilleux, d'un dialogue corporel tendre et attentionné. Ils avaient tant de choses à se dire, à se faire. Le reste de l'anatomie n'attendrait que des jours meilleurs car déjà, orgueilleuse et fougueuse, Elodie introduisit sa main autour de son buste. Romain, tout juste dévêtit de son blase, dégrapha son chemisier. Les minutes se comptaient en degrés tant la température s'élevait, leur ardeur s'avérait extraordinaire et Romain dû se résoudre à l'évidence, le corps à corps serait rude. L'un pour l'autre, rendait coup pour coup, partageant leur bonheur mutuel comme un noyau atomique énèrgise sa réaction en chaîne. Chaque effort dans leur construction d'un babel jouissif ne faisait que procurer plus de plaisir à l'autre. Les positions s'enchaînaient, car ils répetaient un art martial rôdé, minutieux. Tout en douceur, de ce silence étrange, peu à peu, Elodie et Romain s'abandonnèrent, soulagés et gémirrent ensemble, s'épaulant en cadence. Sa chambre était isolée des autres, et cela valait mieux, parce qu'ils mugirent sans retenue, déchirant sans timidité le silence qu'ils maintenirent précautionneux jusque là. C'était un dialogue suffisament explicite, d'ailleur, ils n'avaient rien à se dire. Avant de continuer, plus tard, dans la nuit, l'année, entre deux laps de temps où la fatigue et le sommeil se mêlent d'idée rêvés. Again, high love sex C'est ce grand balaise qui fachâ Romain. Parce-qu'il avait un Vélo tout terain, de downhill, digne des plus communes motos hypersport. Ce mec autoritaire, pratiquait le discours, avec un curieux freestyle. Ainsi que le cul de n'importe quelle serveuse attire l'homme, ses tattouages étaient remarquables. Lorsque Romain revint d'une séance d'essai de sa prodigieuse bicyclette, ils parlèrent un français, très, technique. - Elle tient bon ? ... bonne ? - euh... Romain était décontenancé, il parlait, sans vraiment comprendre, du vélo ou d'Elodie ? - Ouai, euh... très rigide, très dure, hard-frame, sure... Le gaillard sourit. Romain avait capté leur jeu. - Bon, très bon. Il disait être Suédois, sévère et rigide, vêtu en noir, ça reste sûr. - When you ride, you had a lightweight just, like this, between the front and the back wheel... just like this... you know, your shoulders drive... Romain regardait son mètre-quatre-vingt-dix de quaterback basculer entre les deux roues, mais l'idée devenait plus sombre au passage d'Elodie, et franchement, surtout, imaginer les pistes du lac Blanc appellait un sentiment nouveau, vierge. Pour finir, entouré de cette meute de cyclistes allumés, Romain plein d'amertume, dû se résoudre à décliner l'invitation d'une partie de roues en l'air. Même si la température flèchissait, Elo passait encore au bain de soleil, au bord de la piscine au margèles beiges champfreinée. Les journées de cette fin d'octobre offraient encore quelques degrés à l'heure de l'aiguille du midi. Peinard, Romain s'attachait à calmement puiser sans remous les feuilles des arbres qui encombraient l'eau claire et fraîche du bassin. La longue épuisette devenait très lourde à manipuler au coeur du bassin, ce qui lui plaisait, parce que très lente. Il dormait dans la chambre de sa blonde depuis dix jours maintenant, malgrès l'intervention du Suèdois. Kader avait disparu de ses idées ainsi que Pauline et Julie. " Rom's " comme l'appelait Elodie en se foutant gentiment de sa gueule, attendant une quinzaine pour l'ouverture aux premiers flocons. Pendant les services d'Elo, Romain ridait un pipe improvisé, à cinq cent mètres du village, sous la piste de ski, un passage souterrain long et échancré. Sa forme s'adaptait trop bien au skate. Parfois, il y avait un ou deux skaters qui zonait, canalisait la défaite. Alors Romain partait aussi au lac blanc, par la via ferrata. Scrutant les sommets environant, il patientait, attendant la grande mue blanche de l'hiver, la venue du froid, de la neige et de l'humidité soulevé par sa chaleur corporelle. Peer to peer prices Passant par l'arrière de la villa rouge, Romain frappa à la porte de sa chambre d'Eloïse. Son service était terminé. Comme à l'accoutumé, il rentra, mais son coeur se figea, un individu se trouvait là, avachi entre eux deux, entre l'amour et l'intérêt ! Protectrice, Elodie se jetta dans le passage, bloquant l'ouverture de la porte à la réalité. Elle dit ceci ; - Vincent, il va partir. Toujours tourné vers Romain, elle continait ; - Romain, j'aimerai que tu prennes tes affaires, s'il te plaît. Le ton était amical, et ferme. Elodie le regardait droit dans les yeux, exigeant l'acte. Surpris par cette rébuffade, il s'éxécuta ; d'un pas. L'élan avec lequel il rentrai, saisissant son sac à dos qu'il rempli des quelques fringues et bourra, signifiait la haîne. Sans savoir, ni dire, où il dormirait ce soir-là, dans la vallée, il regretta. Il était minuit. La porte claqua, il quitta la douce illusion avec laquelle sa vie de porn-star s'imbibait au fil des jours. " je comprend rien... " pensait-il encore béat du plaisir qu'il avaient sû échanger. Du pain sous la planche La rage. Une symbiose parfaite qui tourne court, où alors l'étroitesse d'esprit de Romain se sous-estimait. Seul, colérique, avec un sac à dos et un skate. Une bonne raison de se lâcher, gerber sa hargne sans cohérence. Saisissant l'opportunité de la déviation, Romain parti skater la rampe d'accès au tunnel du Mont-Blanc. En marchant, il se bidouilla l'écriture. Avec une poignée d'herbe grasse, le fuyard obtenait un marqueur pour signer sur le mur sa raison, sa virgule, sur un mur propre et lisse, face à la gare d'Argentière. " mind surrounding " La pluie laverai certainement son tag, le temps effaçant le reste de son erreure avec elle. Son bras hésitait légèrement. Certaines parties des grafs du mur étaient emprise d'une frénésie surprenante, pour lui, c'était le sens d'un univers. Venant jusqu'à se questionner sur les raisons de ce qu'il signifiait, l'objet visuel matérialisait l'invisible, tout et rien... Son cocufiage... Sa pulsion graphique, comme le beau en littérature exhalte l'idéal invisible, son graphisme empreinterai le réel de beauté, capitaliserait sur son souvenir, la rupture de son univers lissera son désespoir. Le gris juxtaposé au rouge devient-il rose... Le foën soufflait dans la vallée, mais Romain ne ressenti aucun mouvement d'air, trop renfermé dans son amertume. Levant le pouce, il fût pris en stop au bas du village, une Fiat Panda bleu ciel quatre-quatre, un chauffeur prévenant, attentif et respectueux, le conduisit silencieusement en une dizaine de minutes à l'échangeur en travaux de la route du tunnel. Son coeur infusait son amertume, si bien qu'une énergie poussait la colère vers l'avant. Un exutoir. Vite. Voilà ce à quoi il songeait. La grandeur des lieux n'arrangeait rien à son mal-être, théatre génial d'une tragédie cosmique, les sommets du Brévent, l'aiguille du midi, les autres montagnes... autant de lieu où la terre et le ciel se confondent dans un lyrisme minéral surréaliste, là, où la seule présence de l'homme relève de monde onirique invraisemblables. Le mysticisme télurique absorbait l'inconscient de Romain durant sa longue marche solannelle vers le tunnel. Il était totalement imprégné de cette empreinte sublime, opposé à la froide éviction d'Elodie. La route escarpé montait à travers bois, Romain portait son skate accroché à son back-pack. Parfois il repensait à elle, puis il imaginait ses amies Parisiennes, Julie et Pauline. Leur jeux n'avaient jamais touchés autant les sentiments jusqu'alors inconnu du jeune homme. L'homme sanglotait en marchant, semblant ivre, malade. Trop azimuté par son run à venir, Romain accèdait bientôt au parking du col. La circulation était absente. Cette fois, la présence de la montagne suspendait une peur méconnue. Elle devait le connaître, et lui, naïf, n'osait même pas lever les yeux vers sa puissance. Près d'un passage, il attendait. Vide de vie, un signe, quelque raison, rien ne se manifestait. Son futur le laisserait-là. Romain se saisit d'un peu d'air frais, inspirant lentement, profondément, il souffla. S'engager dans une pente inconnue n'était pas dans les habitudes du gaillard, mais la circonstance atténuante justifiait sa folie nécessaire : La route lui plaisait. Sa planche n'était pas du tout adaptée à cette pratique, il le savait, ce qui ajoutait un piment supplémentaire à la lecture de cette partition. Il lui faudrait dompter la pente, l'aspirer avant qu'elle n'emporte l'équipée, chevaucher dans une course éfreinnée. Il le voulait, d'instinct. La nuit était claire, superbe. Le reflet des neiges alentour magnifiait sa sorcelerie moderne. Balsunce breakdown D'une accélération, la prise de vitesse fût énorme, vite. Trop vite. Virage sur virage, les courbes s'enchaînaient pour garder une certaine maîtrise. Le skater s'attachait à dessiner ses appuis, dosage dur et épais de sa propre assurance. Il se retrouvait dans le ronronnement des billes des roulements, soulagé d'oublier tout, sauf son ride. Ça vibrait. Soudain, après les deux premières épingles, une lueure provenant d'une voiture surgit progressivement des arrières du skater. Intelligement, la fantomatique automobile resta en arrière, à distance raisonnable, procurant une lumière rassurante. Un sentiment apaisé combla Romain. La course continuait. L'élan gracieux de ces courbes arrachait à sa tristesse le spleen noséabond, l'aigreure d'une déchirure fulgurante. La voiture décida à doubler, et une autre arriva en sens inverse. Contenu, Romain n'avait plus le choix, il fallait aller vite. L'automobiliste roulait à sa hauteur, empèchant tout virage de freinage. Et la vitesse augmentait. L'adrénaline reprenait ses droits sur le métabolisme de Romain. Heureusement, l'auto accéléra, et il pu récuperer la largesse d'un hasard où d'une coïncidance. Après une poignée de secondes, la partie de dés s'arrètait en bas de ce grand tobogan. Il avait bouffé toute les facettes, pipé la partie. Cette sorte de peur, puisqu'il fallait bien l'appelé comme cela, offrait maintenant sa plus grande amie, une sorte de bravoure teintée d'euphorie, une extase sportive underground, justifié par le signe flou d'un automobiliste Italien admiratif et transitant vers le labyrinthe autoroutier français. Un steak-frite, le rêve. Tout ce dont Romain avait envie, ne sachant pas où dormir, ni de quoi son futur serait fait. Il se demandait vraiment où il devait se rendre. Bercé par le grand froid goudronné, une tendresse dissimulé naissait en lui. Chargé d'ignorance, la pleinitude et le calme regagnèrent Romain lorsqu'il marchait en direction du centre de Chamonix. Sur les rues désertes et silencieuse, près d'une ancienne gare, il remonta une petite rue, où une discothèque finissait de déverser ses derniers clients dans la rue. Il était quatre heure du matin. Romain coupa le passage à niveau, s'avoua, pris la rue Joseph Valot, décidé vers la place du village. Presque fatigué, un peu taunier, il déambulait sans direction précise, au hasard des vitrines, tags et autres enseignes lumineuses, songeant à quitter la station, comme-ça, à rien. A proximité de la statue de personnalités moyennageuses, Paccard et Saussures de bronze immobile sous la facade de l'hôtel des cristalliers, interpellait la chouille. A porté de neutralité fashion, un groupe de nighclubbeur arrosé l'interpella... " oh... eh ! le skateur... " Crossroad standing - ça y est, on a les images. Michelangelo avalait un brownies, noir brun, avec ses petites pépites de défaut gustatif, inscrivant ces mots sur le chat du wan. - le temps que je les télécharges et on regarde, Pauline revient de chez son dentiste avec du son. - La qualité est bonne, mais le format médiocre. - Les capteurs web de la caisse ? Le taggeur du départ trouvait le brownie vieilli en congèlateur. Ça se sentait, seulement il n'écrirait rien. - maintenant, il sera cueilli ou squat. - Oh bein, non. Je suis même pas foutu d'être sponso ? - Est-ce grave ? vous touchez le chomage, huit-cent reuss' par mois... Paccard le croyant et Saussure le savant, était de vrai amis. Seuls sur le socle de granit, ils veillaient à ça. Oh bein non, pour Romain, voulait signifier " ma religion me l'interdit ". Huit cent euros par mois ne lui permettait pas de se droguer, avec ses tics de langages branché-codé-aromatisé, tout un personnage prenait le large avec cette bande dirigé par un faux semblant de David Bowie. Sa prio, était là, retrouver des amis. La façade brillait, le casino déssoulait, quelle déguoise commença. Embarqué avec ce groupe pour un dernier joint, les silhouettes nébulaient entre-elles durant la marche. Un chaos moteur pour une destination évidente. Pincement et chuchotement éructaient. Devant la porte de la façade, une appréhension fût vaine, Romain se retrouvait dans un appartement exigeant de sympathie. Spacieux ormis complet, les odeurs de Cran-Montana, La Clusaz, Aspen, Black-comb ou Métabief flottaient d'inquiètude. Une curiosité maladive apportée par le skater. Le sujet de conversation tournait à l'obsession autour du skate, du snow, du surf où de kicks d'adrénaline toujours plus gros ; théorie addictive pré-matinale développé sous ex-délirium trémens. Romain se tût. Une cheminée massive devant laquelle un petit homme gros, chauve, s'activait à faire repartir le feu du salon, aspirait. La conversation décousue tournait entre les cinq hommes, dispersés au grès de l'imagination de chacun. Imagination excitée visiblement par la planche de skateboard de Romain et les filles aperçues dans la discothèque. Les quatres mousquetaires sortaient du Garage, bourrés et assomés de décibels, merveilleuse. Tous étaient ivres, seul Romain était lucide, tant et si bien qu'il gardait le contrôle des débats. Etrangement, ils pestaient de n'avoir aucune feuille pour faire de joint, heureusement, après son run, Romain retrouva un feuillet d'OCB au fond de son sac à dos touristique. Introducing themself James, jouait une guitare demi-caisse sunburst accompagné d'un rythme, électro, feutré, propulsé d'un lap-top. Parfaite vibration d'after, façon " Brown bear mix ", genre salon de transat aux Baléares. Eric, atablé, ne lâchait plus la vodka. Lui, il avait fait l'armée. Il faisait partie d'un dernier-des-cons, le veinard. Presque un an en polynésie Française, avec comme visa un tattoo tribal sur le bras digne des All-blacks. Appellé du contingent sous les tropiques, c'était bien géré, surtout pour encadrer les derniers essais nucléaires de France. Quelle rigolade. Dans l'atol, c'était kite-surf, bière, et un peu d'uniforme en short et en marcel, et la raison d'état. C'est lui qui baratinait le plus, où encaissait le mieux les alcools forts. Le petit chauve au ventre rond, lui, était informaticien anglais. " Come'on " Il répetait ces mots, toujours ce mot pourtant Américain, en s'adressant aux braises qui prenaient feu. " com'on " La bouteille de vodka eu raison des dernières volontés de chacun, Romain, ses rides d'expressions et les autres allaient et venaient entre le salon où le feu crépitait et une des chambres. A l'intérieur d'une pièce opaque, Tom regardait la télévision. Stimulation plus vraie que nature, simulation interactive, un programme de vision lointaine que Tom, le seul snowboarder, ne quittait plus. Ils s'étaient retrouvés tous là pour la hype hivernale de Chamonix. La troupe s'endormait parce que chacun veillait à la relaxitude des autres. Les jours se levait longuement. Vers 17h00, Romain émerge. De la veille, la marijuana, la vodka, le free-ride et leurs séquelles, s'opposaient au grouillement citadin du centre. Implacable, il sentait toute la mécanique du monde se presser face au jour qui courait déjà vers une nouvelle nuit. Une gueule de bois se verrait sur ses nuisibles contres-temps. Le dérisoire ordre humain magnifié d'immuable universalité. La vie, sa vie, quelle serait-elle lorsqu'il aurait cinquante ans ? L'idée de mourir s'offrait alors comme la conclusion salutaire, inéluctable issue, aussi, il ouvrit la porte sur la vie. Romain senti pour la première fois son acceptation avec sa motivation. Sa chance, vivre chaque jour comme s'il devait mourir demain, avec la déférence des grands, il ne le savait pas. L'irrévérance d'une volonté envers l'abstraite réalité comtemporaine. La haute montagne s'éclairait de ses plus beaux atous, le village muait lentement vers le crépuscule. La nuit tombante, l'amour naquis partout. Marchant, seul, Romain se jouerai de la grande mascarade du monde, pour se rendre là où les dieux résident, partout. Snow plough Eric s'approcha, doucement. - T'as repéré la Vauxhall abandonnée près du parking d'Argentière ? à coté du torrent... - ouais, elle à pas bougé depuis un bail, apparament. L'histoire qu'il racontait allait être triste. - C'était à un Anglais. Il y a maintenant deux ans, il est parti un matin en montagne, depuis, sa voiture l'attend toujours. - C'est une spécialité locale ? - Non. - En quelque sorte, il semble que sa voiture reste sur place, on s'imagine pas toujours, mais là-haut, c'est aussi un cimetière, alors... un avertissement, un disclaimer, il est toujours là haut, le mec, gelé quelque part dans le couloir Whymper. Il ajoutait à demi ton, - l'alpinisme, c'est pas ton reste, gros freestyler... Eric, savait de quoi il parlait. Son job, c'était paysan en montagne, entre-autre. Traire, faire des tommes fermières et skier où skater, pendant tout l'hiver. Le tour etait joué pour abriter sa relation à la haute montagne, parfois, il s'offrait même comme guide, un boulot pour le tourisme. Wanted death or alive - Pauline, je suis à Chamonix ! - Ça skate ? - Ouai, on pense préparer une session. Depuis le canabistrot, Romain envoyait quelques bribes de relation à sa vieille connaissance. - Au fait, il y a un gars, qui à taggé sur la rampe... - Le jour de ton départ ? - Oui, tu sais ce que c'est ? - Non, non... Je te laisse. - déjà ! ? - oui déjà. L'écran s'éteignit. Les semaines s'écoulèrent. Romain était considéré comme un colocataire du F4 malgrès l'impromptitude étrange de leur rencontre. Il s'attribuait un rôle dans l'appartement, réaliser les commissions pour tout le monde, à partir d'une liste de course, tester la vulnérabilité de la mise en rayon supermarchande de l'enseigne locale, foutant la merde avec les sympathiques vendeuses, ainsi qu'évacuer les ordures ménagères du flat. Un rôle d'homme de maison tombant à point nommé pour vivre dans le grand village de station bondé. - C'est des vaguelettes Portuguaises dans le tapis ? Romain ne comprenait pas pourquoi il y avait toujours ces petits plis dans le tapis du salon, ou des creux sur le sol des stations services. Il marmonnait, bêtement, isolé d'un fou-rire. L'actualité tournait souvent autour de grosses sessions de free-ride décrite sur les pages de magasines ou de presse people. Maintenant il connaissait bien l'endroit et avait pour habitude de se rendre la nuit tombé au panneau météo, il lisait sur le regard des autres l'ampleur du champ de bataille, les avancées enemies. De la maison des guides, relevant les prévisions, l'isotherme et les chutes de neiges, il s'enrichissait d'un savoir mortel. L'envie des saisonniers envahissait au fur et à mesure la ville, à la recherche d'un squat et d'un travail. Un grand tirage au sort pour un ordre méticuleusement indécelable. La faune plongeait l'endroit dans l'euphorie, une émission de télévision fashion quotidienne, des kids agressifs partout, des bimbos pulpeuses enveloppés de doudounes arrogantes, des looks rebels naufragés d'un hit-parade automobile. Romain revu Elodie, un jour où il alla à l'épicerie. Elle l'ignora, lui oubliait les déclinaisions de son prénom. A présent, elle faisant son travail sans passion apparente à ses yeux, lui non-plus, car débutai l'austère ambiance à sa dégaine. C'est pour la soirée d'ouverture de la saison éternelle que Romain changea. The endless summer, ça, c'est une thèmatique de soirée. Eric, James, Tom, le petit gros qui s'appelait Marc et Romain avaient concédés une entrée de vingt euros pour pouvoir ensuite aspirer tout ce qu'ils voulaient, des cocktails exemplifié ; le cerveau d'une où deux serveuses ou par la même occasion. Une vraie cohue. La bar était assaillit, c'était la grosse éclate. Klaus Wunderlich spielt Glenn Miller. Les murs recouvert de tableaux légendaire avertissaient personne. Tous et toutes ne voyait que cela : OPEN BAR. Malheureusement, la mélancolie blanche teintait d'énorme silence, fait de rêve lointain convoqués à la même supercherie médiatique. Les fauteuils Hollywoodien prenait un volume colossale pour un confort noséabond. Survolté par l'atmosphère, Romain lançait à trois étudiantes ; - Vous m'attendiez ? Comment dire, euh, la web-cam est planquée dans les chiottes ! Grâce à la complicité du boss de l'endroit, lui aussi Anglais, le cracker avait dissimulé dans le faux plafond une web cam sans-fil ! Ainsi, dans un recoin calme du bar, il enregistrait tout ce qui s'y passait. Bien entendu, il fallu trier les séquences. - Au moins, t'es prévenu. Précisa James, lasse. C'était une facécies de la personnalité de l'informaticien, qui se délectait d'images. En particulier celle-ci, argotique d'une soirée scato, vue par les gogs. Face à une idée pareil, Romain ne pouvait pas tenir sa langue. James confia discrêtement, à Eric : - je crois qu'il nage... Bloqué sur les meufs, Romain n'entendait rien. Eric souria ; - et alors. Toi aussi tu sera filmé... Romain se ravisa, une femme était intimidé. Il l'ignora, s'adresse à l'informaticien, arogant ; - et tu bosse pour qui, en fait ? Aucun ne répondit à la question de Romain. Une fille balayait ses cheveux en signe d'ennui. Strict, Marc renouvella l'incertitude suivante, pendant qu'une phrase en éteignit une autre, parce que James sussurait. - j'ai l'impression que tu pige pas... - c'est pas grave... on boit quoi ? Emouvante fin de règne Ming, Marc frappa son poing contre sa paume, soifard, la dynastie n'avait pas dit son dernier mot. Au coeur de la nuit, dans la soirée, au chiottes, l'évolution se faisait nettement sentir. Comme les lieux le rappel, les cabinets étaient fermés de l'intérieur. Après reflexion, sur l'écran d'un computer, des images chocs. Le bureau secoué des sarcasmes de Romain faisait " migrainer son voisin " La pipe d'une serveuse, les contorsions de beaux gosses pour se procurer de l'hygiène intime, un pétard roulé, la coke sniffé, la tronche défoncée des alcoolos qui comatent une plombe, des trashers qui jutent sur les murs, un gars qui grave sur la porte " fuck the mirror ", des filles assises de dos... Ce lieu consacré à l'intimité de chacun regorgeait de toute les saloperies abjectes collant au cul du monde occidental post-moderne, l'endroit était étroit d'un voyeurisme médical post-traumatique. Le petit gros précise ; - Télévisible en père-à-paire, cela va de soi. - On pourrait pas faire des images de ski ? Interrompu par Marc, Romain le fougueux skater la ferma. - La partie invisible de l'iceberg, enfin l'information, si tu as le loisir de filmer... Fuck is reddead La foule devenait la maison. Les saisonniers s'agglutinaient pour se bourrer la gueule à prix discount, les teufeurs cherchaient une solution à leur problème de trax Tobin. Le branle-systeme enveloppait l'endroit de hip-hop accoquiné à des beats électros furieux. Bondé, la place cachait l'insupportable. Le personnel de l'établissement semblait dépassé par les évenements. Tout dialogue était quasi impensable, au mieux, quelques mots se lançaient à la face de son interlocuteur, l'Anglais, l'Allemand, se heurtait au Français. Grâce à Vincent, Romain se heurtait à la vie. L'art des choix, son incertitude d'une liberté angoissante étreignaient son futur immédiat, proche ou antérieur. Avec son verre d'alcool à la main, il était pris au piège. Son réconfort provint d'un plan vertical. Appuyé contre le mur, il buvait malgrès lui, par instinct de survie. L'amour, la haine, leur puissant équilibre sur cette terre faisait de lui un homme neuf. Sa main gauche sur les cheveux, voyant le verre presque bon, la musique calé sur lui, leur réalité se mélangeait d'un raisonnement effrayant. Il découvrait la guerre pour la première fois. Romain, se lassait. La nuit aussi. Lorsque la musique cessa, tout le monde avait fait de son mieux pour boire ce qu'il pouvait. Fort pertinent, sans s'adresser à quelqu'un en particulier, l'électro-informaticien remarqua ; - y-a un vide cinématographique Français sur le hacking... Et quand les serveuses, ivres, elles aussi, demandèrent de sortir, tout le monde s'achemina à l'exterieur, titubant à la recherche d'un après. - parfois le silence me pèse... Marc lisait des lignes de codes. Questionnant de droite et de gauche. Les serveuses de service d'ordre criaient : - Get out ! rentrez chez vous ! Une blonde tendis un verre au personnage central, qu'il tenta de saisir. - La fête est terminée ! Elle ria, puis finalement lui laissa boire cul-sec son dernier godet. Parce qu'elle savait que Vincent l'attendait, au tournant de sa vie. C'est fini est bien fini. Il faut une sacrée dose d'autorité pour rompre ainsi l'ivresse d'une fête. Au paroxisme de la nuit, alors que tous sont en pleine communion, bourrés, mais quand même, son remède au malheur, sa sâleté, secoua Romain. Il s'appelait Vincent. C'est à ce moment que Kader réapparût. Il cherchait à taxer des clopes, une bouteille de vodka ou une bière, un peu de temps à n'importe qui. Il avait une embrouille avec des Britishs, les règles de l'écrit repoussait une nouvelle limite avec le roman, la fiction, et des tas de trucs qui dépassent la nature primitive d'une douche avec du savon de Marseille. En vrai, il cherchait surtout à essayer de calculer Vincent, libre du temps. Et ils ne se comprennaient pas vraiment. Ils parlaient de " snowbird " avec style, engagés enragés, ils s'affichaient comme des show-mens, prêts à en découdre, l'un d'eux, faisait face à Kader, froid et vigilant. Le reste des Hooligans n'était pas trop virulants, sauf une femme qui arranguait Kader, et excitait sa bande. La castagne devenait le loisir dominical. Romain se rapprocha, Kader lui jetta ; - Si on se rapproche du passé... - Saoul pas s'te plaît... Kader s'apprètait déjà à frapper l'Anglais, lorsqu'il prit une droite pleine face. - on s'éloigne du futur. Le grand Londonien l'avait presque mit K.O debout, profitant de la fraction de seconde tournée vers Romain. Il le tenait en respect, son Français était impeccable. - Nite guy, kick that... Le boxeur portait la tête haute, reculant en faisant face. Vincent depuis quelques pas, limpide ; - waiting da shockwave kick... - Il est là. Romain se précipita pour le venger du fourbe, évita de justesse la même sanction, lorsque Kader revint à la charge, les Anglais rattrapèrent l'hostile boxeur in-extrémis. La baston méchante mordait la nuit calme brisé, éduquée. Rien ne distinguait les bons des méchants, Romain de Vincent. Rêve et cauchemard partirent à la sauvette. Toute la scène se déroula en une fraction de seconde. Lorsque le contact du poing contre sa tête écalta, Vincent comprenait que Kader possèdait ce qu'il y a de plus précieux. - Revient, conard, revient ! Kader hurlait comme un enragé... - Revient baltringue ! On a pas fini... on - Get-back ! Les Brittons étaient loin lorsque Kader réalisa qu'il avait l'arcade ouverte et le visage en sang. Avec Romain, ils marchèrent pour regagner son bus. Parce que Vincent, était arrèté par la Police de Chamonix, couvrant ainsi, la cavale de son imagination. Seb, in the mix - Dans cette ville, ce mec tue la passion. Elle répliqua, tordant son sourir, courant sur le clavier ; - Il doit partir. - c'est la nouvelle de la soirée, bonne et mauvaise. Le peintre William s'apostrophait... Pauline, toujours très féminine, ajoutait ; - Le tueur à Jazz ? Toute la soirée était télé-restitué, pour Pauline, Julie et d'autre cascadeur arty. Face à la grande glace, Julie était à l'essayage, soignant son style à la hauteur de ses balerines. - On le " world-trade-centerise " ? - il va le faire tout seul... Uppercut entertainment Non seulement, Romain était redevenu Vincent, mais l'inverse était beaucoup plus important. Après le coup dur, les squats, un transfert en forme d'ouverture de porte, un mouvement du poignet de quelques degrés vers le bas ouvrit une perspective : là-bas, collé contre un amonscellement de neige et de glace grise, la porte du mercedes s'entre-ouvrit. - Ce fils de pute, si je le retrouve... fo plus kim' touche... la vie de ma mère... si je le croise... - Il skate ce connard. Kader calmait la douleur sur son front avec un sac en plastique rempli de neige que Romain sauva. - T'as vu sa gueule ? Kader n'en finissait plus... - je le casse... en deux. Vincent précisait ; - Lui donner la race ? - Non, j'aurai pû lui donner sa putain de race... - Rappelle toi bien de lui, on va le revoir... Un quart d'heure s'écoula, puis une heure. Ils s'étaient assis sur le rebord de la porte latérale de la camionnette, à la fraîche, vétus de doudounes atmosphériques. - En fin de compte, Romain souriait lentement. Tu l'aimes bien le briton ? C'est le seul à avoir fritté ce soir... Toujours lentement, il pesait la légerté s'emparant de lui lorsqu'il dirait ceci ; - un putain de freestyler, non ? - Mektoub... Romain... c'est Mektoub... Il préferait l'appeler Vincent, hélas, il n'exagerait pas. Bientôt, il se rencontreraient, un jour, un lendemain, pressé de ne pas savoir, quand ils mettraient fin à ce jour. Trip do Brasil Il neigeait dans Chamonix. Une semaine avait passé et noël approchait. Les décorations lumineuses de métals brillant et d'ampoules rouges et jaunes joignaient les maisons par dessus la rue, par dessus Romain. La côte juxtant le rond-point de la gendarmerie montait vers le télécabine du Brévent, depuis l'église et la place de la maison des guides. La pente était franche et c'est à son sommet qu'un carrefour formait une place, entre un gîte et un restaurant rapide où la nourriture n'est pas la seule à être " junk " . C'est dans ce plan incliné que s'improvisa la scène. Une rue droite dans la pente, coupait un chemin perpendiculaire, malin d'une côte docile. Tous les riders du monde, des britishs, des anglo-saxons étaient sur le coup, ainsi que des Allemands, Scandinaves, Espagnols, Italiens, Asiatiques, se trouveaient toujours dans toutes les bonnes fêtes, où l'écho de légendes soulignait la fausse petitesse du monde, l'accent de chacun. Il faisait nuit, il manquait un africain. Les flocons tombaient, rassurant, les uns serrés contre les autres, et la neige, recouvrait la route d'une couche de plusieurs minutes. En pleine rue, la saison riait. Cette bande d'anglais inventifs, s'élançait du replat pour prendre suffisement de glisse, le plus élègament possible sur 4 à 6 mêtres. Il suffit d'un ou deux excités et d'une bonne idée... Les plus doués executaient des enchainements à 360° ou avec une main à terre, pour garder l'équilibre. Parce que c'était aussi les plus pauvres, possédant des chaussures lisses, usées, expérimentées. Evoluant en battle, à la manière d'une cérémonie, un attroupement s'était formé d'une allée où chacun son tour, les plus stylés se lachaient dans une glisse sous les acclamations polyglôtes d'une foule éphèmére. La neige tombait à gros flocons et sous l'anonymat des masques, des bonnets et des équipements divers, Kader et Romain ne parvenaient pas à mettre la main sur le poids moyen de l'autre soir, Vincent n'y était pas. Stairway to heaven spot Parce que l'histoire des règnes Ming où Mandchou sur la chine ne s'expliques pas, le temps déroula son long calendrier scolaire jusqu'à l'été. La lumière du valon se jouait d'ombres et lumières depuis le petit matin avant de gagner la routine du travailleur. Romain découvrit la fraîcheur huileuse des bruyères sous les passages d'altitudes d'avions magnétosphèrique. Il boulotait, un job niché dans un garage à vélo. Ainsi, dans l'appartement, l'action du caramel froid sur les machoires casserait peut être les plombages, pas l'envie. James, Eric étaient partis vers l'alpage, oeuvrant au silence des ruminants. Marc franchissait les portes noires de serveurs vocaux en des lieux confidentiel. Restait Romain et Tom, accompagné de sa femme. Le ravissement procuré par le sexe féminin éparpillait Romain en mille torsion. Poursuivant quelque déesse inconnue, il se préparait un matin pour monter en rando, où l'altitude se mesure non pas en mètres, plutôt en maîtresse. Installer un big-air sur un bloc, face au glacier, la tête rousse, et profiter du soleil montagnard, faire l'amour avec une inconnue. Le fait que les refuges soient bondés en cette saison n'a pas gardé Romain d'aller à l'ancienne gare de l'aiguille du midi. Certains randonneurs, à l'âge de ses parents, semblaient s'arrèter, affrontant le risque d'un éboulement par la simple tristesse incompréhensible dûe à une crainte de mort. Un peu plus haut, la carrière de bloc granitiques pouvait devenir une avalanche de roche, que personne ne serait capable de stopper. Pour un criminel, on pourrait appeller ça une arme de destruction massive, la volonté de faire tomber le ciel sur la tête à des innocents. Rassuré par la boisson emporté, le couple devrait attendre le retour d'un mec en place pour pouvoir accéder au site, question de place dans le refuge d'Astérix et Obélix, et gage d'équilibre. La moraine tueuse avait trouvé son amant. Contournant le glacier des Bossons, depuis Saint Gervais, Vincent poursuivit son souvenir. meine kampf Une sorte de secret spot, loin de tout newbee casseur d'ambiance aux grands montets, une histoire qui pourrait s'appeller " le quatrième état de la matière ". Equipé pour un jour, de pain, fruits et produit dôpant, oubliant la potion de fer et la réserve de gaz, ils montaient tous les trois rejoindre le rider en place, instigateurs de la session, le mont-blanc. Romain courait derrière ses parents. C'est le petit train qui déposa tout le monde au pied des remontées mécaniques des Houches, où la nuit estivales, éblouissante de lumière maudite, laissait la piste libre aux aventuriers et aux Ra-tracks, garés au soleil. L'accès se faisait, se fit en remontant le domaine du Kandahar. Une prairie costale, bordée de noisetiers, puis par la voie normale du Mont-Blanc. Un chalet de pisteur, où une femme lui dit ; - tire toi... Romain n'entendait rien. Il voyait ceci ; - il y a une pîle de bois entre-nous, ton mec est dans le secteur... Séparé par ce bois de chauffage, Romain se ruait déjà appelé vers un autre mystère, vers une femme encore plus dangereuse. Longeant les rayons du soleil, la voie de chemin de fer à crémaillère était bloqué par son père. Une équipe intervenait sur les rails. L'usage débarassé des convenances, Romain ne se souvint que de ceci ; - droit dans la face. Il ramassa un pieu de chêne, agrémenté d'une dragone de fil électrique, il en eut assez. Après une nouvelle ruine, un gardien lui sembla ouvrir la voie vers la déraison. Son chemin de fer taillé brutalement dans le flanc de la montagne atteignait un tunnel. Inquiet grâce à son instinct, il s'arrèta. Wanking stars Sur la porte des ruines du nid d'aigle, l'accès d'une moreine étroite, puis encore une autre baraque en pierre, avant une dénivelé terminale prodigieuse pour atteindre le glacier, avec son refuge en contre-bas. Romain, frappa d'un pied le sol du sentier néanderthalien. Soufflant, il se dit à voie haute ; - pour une montagne sauvage... Il pensa ensuite, qu'il y avait un rencard légalement secret à ce plateau, d'un parcours trop jalonné pour être honnête. Arrivés sur le glacier vers 14h00, cinq riders s'apercevait déjà là, dont Kader, ayant taillé un tremplin plutôt imposant, parce que tout petit. Le refuge était glacé, la nuit la température descendait à une poignée de degrés. Mais le jour, tous s'envoyaient en l'air dans des figures impossibles, faisant culminer les hardeurs à des températures bouillantes. Seul un conard planant venaient déranger les figures libres des snowboarders. La caméra chargée des prises de vue hélas, ne supportait pas le froid, et ses mémoires vives gelées plongeaient les espoirs audiovisuels vers un autre univers, l'oubli. - Alors ces envolées d'outre-cieux ? - On en a assez, ce qui manque... Pauline se grattait le crâne, sous-pesant son manque de délicatesse. Le peintre gymnaste préparait son espalier, regrettant l'absence de tapis de tumbling sur le béton lissé de son grenier. - c'est les atterissages ? - je refuse de retourner la caméra vers moi ! Involontairement, l'ordinateur le faisait déjà, archivant un puzzle de dialogue sur intranet, accompagné d'images proche ou moins sensuelles. - Te fâche pas... Goya catalisait son droit. - La session de cet hiver, qui la détient ? - Julie se déconnecte. C'est par la présence au refuge d'une Française charmante, que Romain choisi de rester une nuit supplémentaire, après le départ de ses faux amis. Fatalement, il se coupa un peu des autres en arguant des supterfuges idiots pour mentir sur sa véritable intention. Comme la météo semblait clémente, le couchage rustique, il envisageait de se joindre à sa bordée. Seulement, le lendemain, abandonné, Romain, songeait au refuge du Goûté, surplombant le glacier de ses 3800 mètres, le regardant depuis le pas de la porte d'un nouveau monde, si proche, Romain ressemblait à un gamin hésitant, capable du pire. Après une longue minute, d'hésitation, laissant le soin à la neige de reflèter la lumière des astres sur ces ondes blueutés, il choisit l'ascencion. Seul, pour se tailler une belle trace dans le couloir de l'aiguille, entre le monde des fous et le fou d'un monde. Ente ces dimensions, il devenait la frontière. L'épaisse couche de neige croutée, glacée et fondante augurait une descente printanière prometteuse. Seulement le vent soufflant en rafales cessantes avait dissipé les nuages, ainsi il partait peu après l'hasardeuse fusion des souvenirs et de l'imagination. Il avait envie de le refaire. 7h30 au refuge de tête-rousse, demandait de faire encore quelques effort. A chaque pas, cet homme mesurait la distance le séparant du sommet qu'il atteindrai peu avant midi, pensait-il. La fin de nuit était claire, avec trois quart de lune plus confortables que toute lampe frontale. Le froid enveloppait cette évolution de douceur, chargé lourdement de son sac. Il imaginai rejoindre ce refuge à l'asymétrie traumatisante, ouvrant les yeux sur l'idée qui changea le court de sa nuit, traduire l'intégrale et la primitive, la pente logarythmique du versant. Romain songeai ; - je pourrai peut être mourir... Pensant à haute voie, il se dit intérieurement, " je suis mal ". Sans se l'avouer, il savait pertinament que la chute serait rédibitoire pour le reste de la journée, et de sa vie par la même occasion. L'accalmie opportune. Du reste, il redoutais plus que tout de foirer la trace. Il les entendait déjà, James, Eric ; " t'as pas pu redescendre ? " Surtout après ça, il ne pû faire machine arrière. Le risque d'avalanche ? Rien à foutre. Si ça tient pour monter, ça tiendra à la descente. Il devait passer suffisement vite pour ne pas forcer le manteau avec des appuis trop lourd, mais avec une telle épaisseur, il s'attendait au mouvement de la couche rafraîchie par l'isotherme et l'exposition au soleil. Amincie, la feuille de papier sur laquelle il escaladait donna enfin une liberté à sa plume. Romain n'entendai plus un bruit, pas une bourrasque ni un simple courant d'air. Ayant franchi la limite de la neige hivernale, l'altitude, seule dans la course, une issue vint à son esprit. La chute distrayaient l'ascension, perdu dans des pensées les plus prosaïques possibles ; à demain ? La neige dessinait un relief marin, sculpté par le vent saccadé en bourrasques froides et répétitives. La météo changeait. Le jour pointerait. Ses yeux fixaient son allure, son rythme, devant lui, à trois pas, sa vision se concentrait, vers dix à quinze mêtres, toujours plus haut. Un point, sorte de vue d'ensemble, un plan séquence, avant de laisser retomber son regard du haut de sa hauteur, à quelques centimètres de lui, il pleurait. Ainsi de suite, des dizaines de fois. Lent, démultiplié et sûr, chaussé de crampons à glace et équipé de piolets récupérés au refuge, de simples fortunes de montagnes faisaient son bonheur. Aucun hélicoptère, escalier célèste aéromécanique, ne lui ferait lentement quitter la terre. La température corporelle de Romain montait avec la durée de l'effort, il sentait le froid saisir ses voies repiratoires pendant l'arrivée vers eux. La progression était dure, rude. Par l'arête, elle s'offrait à lui comme un spectacle inoubliable. Au loin, à une distance surhumaine, se dessinait une douleur. Loin, très loin, par delà l'alpe et les montagnes, l'océan, une contrée où le jour s'imissait pour l'obscurité relative. Eclaboussant effort de suprématie spatiale, épris langoureusement d'une danse majestueuse avec la nuit. Les astres, Romain et lui se sentirent sourire, une seconde, éternellement belle. La course achevée, pour son plus grand plaisir, il était vivant. Il se nourrissait des violets, verts puis rouges, couleurs débordantes d'une profonde abîme, il était inquièt. Vivante, radieuse, la vague de lumière, ses reflets orange et argent se mèlaient derrière-lui. Transperçant la fenêtre du refuge, un point lumineux ressemblait à une bougie. A cet instant, le héros senti un danger nouveau à affronter. Plus terrible encore, il rencontrerait ceux qui l'attendait. D'une mûe permanente, sa mutation perpétuelle d'un état d'âme vidé par tant d'inconnu tenait au gigantisme. Seconde après seconde, aucune invitation à entrer ne lui était parvenue. A ce sommet, de trois-mille-huit-cent-mille centimètres, l'ambiance de désert minéral n'éffacerait pas le rang d'humanité auquel Romain s'accrochait encore. Cela le tuerait. Ce n'est qu'au bout de plusieurs minutes qu'il saisit toute la gravité de son geste. La pente s'accentuait avec le risque. Il ne s'agissait plus d'un escalier, mais bel et bien d'une paroie neigeuse contre laquelle il se débattu, s'enlaçea. Azimuté par le refuge au dessus de lui, Vincent ne trouvait son salut que dans cet accessit salvateur ; - appellez-moi Vincent... Une sorte de panique croissait inversement proportionnelle aux forces jettées dans l'escalade. Il était intimidé par deux femmes présentes ce soir-là. Million dollar hotel La porte était bloquée par la neige. Il lui fallu utiliser ses mains pour la dégager et enfin rentrer dans la maison la plus inatteignable de son existence. La porte latérale bifurqua sur une seconde à quatre-vingt dix degrés. Dans le noir, à tatons, il suivit le rayon de lumière provenant de sa droite. Un escalier central donnait soit sur un réfectoir au premier, soit sur une chambre au second. L'endroit était grand, glacial. Sur la gauche, une rangée de tables et de bancs jonchées d' aliments abandonnés, des barres énergétiques encore comestibles, mais aussi des réserves de gaz vides, permetteraient de faire fondre de la neige pour préparer du thé. Romain fît sècher son matériel. Prépara son repos lyophilisé, commença à explorer l'endroit à mesure qu'il retrouvait ses esprits. Sa relation avec les autres nécessitait les missions. L'endroit désert était comme une refuge fantôme perdu à la cîme des nuages. Ce qui ne rassurait pas l'amant, encore effrayé de sa bonté. Son baptème d'alpinisme, en quelque sorte, couterait la jalousie du secret héliporté. Ce qui le consolait un peu, n'était qu'une digne solitude arraché à l'élément. Dehors, surplombant le refuge d'une vingtaine de mètre, Romain admirait le coucher du soleil. Dans sa folie, il se retrouvait face à l'incroyable situation, dominant sa simplicité, le glacier des Bossons, des Bionnassays, le protègeaient. Au sommet de son âme, il serait prêt à en découdre, l'attraction terrestre affronterait sa condition humaine, comme une issue magique au risque tueur. Le lendemain, si la météo reste stable, Vincent atteindrait le sommet du Dôme pour explorer, curieux, encore et toujours, cette magie qu'il redoute tant. What is freerider ? Chaque bourrasque de vent paraîssait un souffle de bien être hors de son corps. Le son des battements de son coeur légèrement hâletant, étreignait tout souvenir de musique. Sur l'écueil neigeux, il fixait l'obscurité profonde de la basse vallée, toujours plongée dans un bain sombre, souligné par des lumières nocturnes éparses et civilisées. Après une nuit douce, l'aube ou l'aurore masquait la pente, tapissé de blancheur, émergeant des rochers. Les nuages dormants matérialisait une décontraction superbe, l'attente, la peur serait ignorés, inutiles. L'inquiétude, la pression devint salvatrice, permettant de jouer la bonne partition, d'emblé, réussir où s'enfuir. Bring him slowly to hell, please Parvenu au sommet du télésiege, il reprennait du plaisir à contrôler, préparer son équipement, re-serrer ses fixes, ajuster son masque, replaquer son sac-à-dos à sa ceinture. Déjà redescendre du pas-de-la-chèvre, donnait le ton sur la séverité de la piste. De part et d'autre de sa trace, Romain ne distinguait rien sauf la poudreuse lisse, vierge de traces. Il se lança sans complexe dans la pente. Heureusement très légère, pris de pression Romain s'engagea, la vitesse souleva son surf, dans la pente, il sentai une excitation, une emprise imaginaire du risque partout dans son corps, un feeling unique. Lorsqu'il atteint la barre, les secondes de saut n'entendaient que le bruit de sa parka, déjà il se posait sur un épais matelas de neige. Un peu plus bas, la poudre à cet endroit, accumulé par le vent, offrait une seconde table, pour un saut mieux maîtrisé. Le topo était valide. Le risque, provoquer l'avalanche par des virages trop appuyés, où perdre l'équilibre par une faute, revenait au même. Les images seraient bonnes, cadrées grâce à une lumière exceptionnelle. Seulement, il ne devait pas y penser. Il fallait pas longtemps, pour être enseveli sous des tonnes de neige. Lorsque Romain vu des lames de neiges couler devant lui, il cèda en schuss, la plaque instable en eut-assez, le flux le ratrappait. Il hâletait, jetta un coup d'oeil derrière, un putain de warning. Sa pensée n'était qu'un geste. Reprendre appui, sans ralentir, esquiver sur le flanc, à gauche, reprendre la trace sous les blocs affleurants. En prenant le virage, il engagea tout son corps dans cette inertie. Une fois sur la trajectoire, il se releva pour échapper in-extremis à cette déferlante olympienne. Zeus grondait. A l'écoute du bruit sourd de l'avalanche, il sentit une force surhumaine glisser comme-lui, jusqu'au bas de la combe. A peine le temps de contempler le tueur, et la longue ligne d'attaque vers la vallée l'enlaçait encore. Une conjoncture chanceuse, la nature éprise de passion, provoquait en duel. La tueuse lui ouvrait la voie d'un nouveau sentiment. Romain ne s'en était pas tiré indemne. Le meilleur sur l'énorme vague avalancheuse, étouffais sa fougue d'humilité. La tentation trompeuse du vide, les changements de rythme modifiaient une nouvelle fois ses marques, son équilibre. Il hôcha la tête, en tournant sur son pied gauche, rentrant sur le corridor du col, près d'un nouveau refuge, soupirant son geste. Il regagnait une dolline où des skieurs suivaient les pistes balisées. Il était blessé. Cruising under lines - Eh les gars ! ! ! Appelant la bande, Marc mimait une branlette derrière une jeune femme, habilée très classe, avec un fuseau seillant et sexy plutôt rare en vitrine. Elle, ne s'aperçu de rien, occupée à discuter avec ses amies. Romain, choqué, l'arrèta. Il laissait parler ses vélléités sans peine, ça débloquait des fantasmes et liberait sa créativité de graphiste. Plus tard, on le retrouvait en fin de journée à la terrasse d'un restaurant, avec la même jeune femme. Il se passe toujours d'étranges évenements dans ces stations. Tout comme James qui avait des absences éclairs. Un vieux fantasme de musicien. Une surenchère permanente de saut et autre prouesse, Romain, grâce à sa descente, avait fait suffisement parler de lui pour en être malade. sunmuch too fackie. La diffusion sereine du trip se vivait partout au village, où tous se jouaient de la mort avec une irrévérance éffronté. Entretenant la légende, les initiés, Romain, se cachaient, terrifiés d'eux-mêmes. Recroquevillé, abrité par l'appartement, il sentait l'effervescence extérieure, son sentiment impalpable, courrait contre sa patience. Le temps suffirait à redonner la foi. Le reste, des emmerdes pour s'amuser, et rien d'autre, disparaissait. Des grands enfants souriaient, un rêve people sucré plein les synapses. Un monde incroyable, partout. Dans le ciel étroit de la vallée, le ballet des hélicoptères bruyants alternait avec la grâce silencieuse des parapentes, toujours présents en nombre dès que la météo offrait une fenêtre propice. Une faune de riders hors-pairs, de beautiful-freaks de tout âges, des vertiges plein les vitrines peuplaient le cosmos. Des frappés, jamais un mot sans réflechir, en se brûlant ils réflèchissaient à la voyelle du cri à pousser, à la vitesse d'un battement de paupière. L'émulation, toujours ce style de compétition, chaque geste, souffle, regard, emballé dans un grand équilibre vouée à l'excelence. A croire qu'ils ne sortaient jamais de leurs gongs, de leurs tongs, efficaces, précis, pertinents, une belle ambition, en somme. Tout ça avec naturel et sobriété, maîtrise de soi. self-control, over yourself. - il te manque ? Pauline n'avait pas besoin de répondre trop vite derrière son écran. La question de Michelangelo était tardive, depuis ces mois de distance. - non, mais ses images son rassurante, il se gave. Habillé en juste-au-corps, Julie, en train de souffrir, étirait ses galbes contre le mur de la cuisine. Pauline lui demanda ; - Il nous demande si Romain nous manque ? - C'est... vain sans... Indifférente, elle attendait, puis, plus ferme, elle dit à Pauline ; - dis le lui, au boss du skate-parc... qu'il aille se faire mal. Sur son clavier, ces mots prirent forme. - tu rides quand ? Dans la boîte, Romain avait l'épaule appuyé contre un pilier, scrutait la salle en sirotant une binouze, l'oreille vouée au set d'un Dj d'origine Allemande. Une silouhette remarquable d'un personnage superbe, une étrangère, évoluait, avec grâce, pas-à-pas, hautaine, hors du hall d'entrée, puis disparue de son champs de vision. Un peu plus tard, un sentiment sécuritaire, fit prendre garde à quelque chose d'invisible, derrière lui. Se retournant, Romain la voyait, là, dans sa vulnérabilité, errant, une vraie garce. Au jean moullant et au chemisier en soie ouvert sur son décolté avantageux. Elle se voyait les yeux fermés. L'abordant, il imagina les questions qu'elle poserait. Une, deux, puis trois questions. Elle se montrait à la hauteur de ses suppositions ; - je ne sais jamais lorsqu'il cessera de rire... Romain pensait, elle est venue me chercher du lascar, c'est bien tombé. Elle souriait pas, il demandait ; - Tu reprends un verre ? Elle souriait toujours pas, avec ce regard si particulier. Intimidés tout les deux, la bulle éclata. Romain écarta les réponses à ses questions banales, sorte de lieu commun prévisible. Voyant qu'elle pataugeait, un peu idiote mais belle, éloignée de toute présence d'esprit, il se senti assuré de lui plaire, ailleurs. Bercée par la deep-house et l'idée qu'elle se faisait de cette rencontre inopinée. - Vite, on y va... viens... Hôchant la tête, elle l'attrapa par la main et l'emmenait brusquement au travers du bar, vers la salle privée. Elle affichait un sourir gracieux, mais avec une grenade dégoupillée, serré main gauche. Une snowboardeuse, démasquée par son tic gestuel des cervicales. La mémoire explosive de Romain provoquait souvent les heurs de son entourage. Le fait d'évoquer le danger surmonté l'amenait à une fébrilité touchante et une audace exaspérante. Ça étouffait son futur. Sauf qu'il avait trouvé à qui parler. Nina était brune, possédait la classe naturelle des chicas latinos. En train de violament s'embrasser, elle murmura, tandis qu'un sachet pharmaceutique glissait entre les doigts de Romain. - Pactole... allons dans ma chambre... à l'étage... La cave-discothèque abritée par un hotel réputé pour sa branchitude crépitait de bonheur. Au premier, les portes fermé du resto couvait une pénombre saine et sauve du tumulte organique. S'embrassant à cet endroit, l'escalier grinçant des chambres à l'étage guetterait leur délicatesse. Nina était une diablesse envoutante, la vérité, c'est qu'elle se gavait de mec, d'un mec. Pour combler sa libido, au début. Elle prétendit faire du tourisme social. Ainsi, elle répertoriait les attentions de son cascadeur du dimanche. Comparant leurs performances sexuelle, ainsi que les avantages liés au plaisir de chacun. Ils montèrent l'escalier. Se baladant ensemble, les têtes brulées, sortant le grand jeu en traquant le bandit, le plancher couinait. Le charme agissait, ils s'embrassaient pour garder le silence, accentuant leur envie. Le long du couloir gris, les portes blanches affublés de numéros donnait une autorité au silence. Une fois dans la chambre, suffisement rassurés, déshabillés en quelques secondes, il remarqua son tatouage d'arme des pompiers, au creux de son dos. Ils firent l'amour tout le reste de la nuit. Endormi, elle reposait sa tête sur l'oreillé, sur tout ce monde masculin, dominé de beauté. Elle avait un fils. Pas de mari. Utilisant un site de rencontre, elle recevait tellement de messages de rendez-vous, souvent plus navrant les uns que les autres, même avec la fausse pudeur d'obsédé sexuel éhonté. Elle n'avait qu'à piocher dans le tas d'une masse bestiale noséeuse. Son amant, la voyait dormir. Son expression du visage, crispé, éveilla une inquiétude amère. Au hasard de ses humeurs, de ses envies, de ses états d'âme. Sans amour, cent passions. Son réel narcissisme était sa vie, son enfant. Une époque égoïste durant laquelle elle tirerait tant bien que mal, son épingle du jeu, allant de petit minet, en gros baraqué, passant par des lourdos fortunés, toutes les classes sociales pouvaitent passer dans son lit, excepté le style " amour de ma vie ", espece menacée, non protégée dans les parcs nationaux, et les bars musicaux. Romain ne pris pas d'attention particulière. Imaginant comprendre, sa douleur pouvait être personnalisé de sa présence. Il ne pris aucune attention particulière, sauf une. Seul la vie apporterait à Nina ses réponses, sa plus belle preuve d'amour eut été de rester. Prenant garde, juste le temps de s'habiller, lentement, il l'admirait dormant, courageuse. Puis Romain fila à l'anglaise. Apeuré d'être vu, soulagé d'être libre, ça le faisait trop. Left lugguage jump Le renouveau des habitants tonnait. Les balades dominicales de milieu de semaine, surveillés de la rondeur d'une chaleur moîte annonçait la fin de son Roman. Romain venait d'abandonner son snowboard au mont de Piété, obtenant le pognon qu'il lui fallait pour partir. De l'appartement, Eric revenait d'alpage, James restait seul avec l'informaticien. Le loyer augmentait, et Romain n'était pas du goût à participer à l'enrichissement des propriétaires immobiliers émigrés en haute-savoie. - Combien tu dois ? James avait toujours des questions saugrenues, fier comme un plombier dégotant une fuite. Mais comme Romain quittait la station, James, Eric, Tom et Marc, jubbilaient tous à l'idée de monter Romain sur les skis fixé aux barres de toît de la Volvo. - si je tombe, tu me devra des visites à l'hopital... Près de la départementale, Marc savait déjà qu'il devrait éviter l'autoroute. Tom shootait avec une caméra, James conclu ; - Là, ça va tabasser... - Whaooo... Des Suisses aperçevant la scène de l'autre coté de la rue laissèrent tomber l'expression pendant que Romain strapait sur les fixations, griffant le toit bleu métalisé de courbes blanches. Romain, gueula ; - Bamboulé ! ! ! ! La réponse, accompagnée du mouvement vers l'habitacle du reste de la bande se traduisit par le démarrage de la voiture. Le dialogue était limpide. - T'as vraiment rien d'autre à glander ? Demanda le gros narquoi... Eric, avoua aux autres qu'il sentait mal l'affaire. - Il va voir la route de haut, notre mickey, tom, tu filme bien le clash... En quittant le centre ville des vacanciers, roulant vers la Suisse, Romain après quatre mois passés là ne vu que les nouvelles affiches publicitaires, songeait au marketing des autres mondes, différentes villes, nouvelles architecture mentale, aussi multiple que l'accent qui fait rire, puis qui agace, il prenait un maximum d'air. Tom, depuis la vitre arrière l'écoutait. - Qu'est-ce qui ce vends dans les autres bleds ? - Eh Roya... il lui demanda ; - Tu joue le Playboy ? - Le rigolo ouai... - Aller, c'est l'heure de la messe... Romain en sécurité sur les fixations bloquées, senti la voiture accélerer. Il poussa ; - et évite les tunnels... Romain était sur le toît paré pour quitter la troupe. La voiture avança. La sensation était forte, grisante, stupide et peu banale. Du haut de son char, il parvenait à aperçevoir une sorte de maison industrielle carrée, sur laquelle un graffiti splendide se trouvait dessiné sur la porte d'entrée. La cérémonie des au-revoir était symboliquement, de véritables adieux. All alone in a K-hole Parce-que le temps passait, Romain se senti un peu seul sur cette bretelle d'entrée d'autoroute. Sous un luminaire autoroutier jaunâtre délavé, le fantôme du trésor publique hantait l'asphalte pendant que les voitures passaient juste à coté de lui, à une vitesse folle. Il doutait de sa crédibilité, le bras tendu, fouetté du vent craché des véhicules. Sans ralentir, le temps passait et personne ne s'arrètait. L'amas de détritus épars, supermarché négatif invisible pour lui, était effacer par l'essaim d'insectes du lampadaire. Romain commença à reprendre la raison, son voyage serait-il faisable ? Jamais Romain ne se sentait mal dans ses baskets de traveller. Ce qu'il venait de vivre, carresser le géant montagnard, exaltait son audace, offrait un goût unique qu'il ne mesurait pas vraiment. Sa solitude était un présent unique de courage, de folie. La nature artificielle, sur le bord d'une autoroute, contemplait face à la frénésie du monde, un jeune sage souriant. Les effets de surprise de l'autostop plombait son mutisme. Au hasard des faveurs routières, son futur ne dépendait plus de lui. L'azimut océanique absorbait sa vie, abandonant à la réalité quelque règles de liberté. Son risque de passer pour un marginal, serait une mascarade de gourmet. Les voitures continuaient leur manège. L'odeur, éfluves volatiles d'essence brulée ou de pneu inscrivaient ces minutes de patience dans un feeling curieux. Il faisait beau cette nuit là. Pour faire de l'autostop, curieusement, devant ce ballet d'automobiles, Romain ne comprenait toujours pas ce qui donnait autant de sentiment égoïste à une machine, une voiture. La question qu'il se posait fût interrompue par l'arrêt d'un break moderne, le chauffeur lui demanda : - allé, monte... Romain ne se fit pas prier. - ça fait déjà cinq heures... - que tu attends ? - oui, j'ai cru que les flics allaient finir par venir me cueillir... Le chauffeur, portait une cravate, avait retroussé les manches de sa chemise de cadre supérieur. Romain appréciait le confort des sièges en cuir. - c'est pas trop galère l'autostop ? - je comprend pas, autant de gens seul, personne ne s'arrète... Le chauffeur anonyme gardait une réponse excessive. Il ajoutait ; - tu devrais essayé depuis les aires de repos, tu aura plus de chance. Romain, affirma son accord. La voiture roulait file de droite, le chauffeur lança ; - et tu vas où comme ça, avec un skate ? - A l'océan. Les chauffeurs s'interchangèrent, le périple avança. Camouflé au milieu des gens tristes et muets, il observait des relations froides, discrètes, tendues. Construis sur l'échange commercial, les minces sourires illusoires ne créaient aucun bonheur aux employés des pompes à pétrole. Les uns pressés d'atteindre leur destination, les autres lassés d'attendre la rémunération. Avec sa planche pour seul bagage, il prit soin de laver soigneusement son appareil. Etre différent, signifiait séduire. D'une grande station rouge à l'autre, en trois jours, il gagna l'océan et son bord de mer, avant de plonger véritablement. Les métropôles se succédaient, les plaines devenaient collines et montagnes, pour finalement se retrouver dans l'axe du soleil. Après avoir traverser la landes, sa longue ligne droite, Romain touchait enfin Biarritz, le ying et yang de la liberté liés. Le soleil froid irradiait l'appartement au sol de béton lissé. William pratiquait des exercices de concentration quand son computer, branché, émis un signal d'appel. Contrarié, il se leva, lu sur l'écran : - Julie connecte. Il frappa ces mots : - Vous n'êtes pas venu au park ? - Pauline avait besoin d'une escorte. William, le peintre, attendait d'autre excuses. - il est parti pour Biarritz... Patient, il tourna le dos à l'ordinateur, regardant la rue en pente, en bas du quatrième étage. Après une minute d'introspection, il lu encore ; - hé, t'as des invités ? - Jul' t'aura plus ses droits... Il précisa, avant qu'elle ne réponde ; - si tu veux prendre des images, prend ton bikini, et plonge avec lui. - Mais... - Tu connais les largesses d'une vague, il va devoir se battre. William " Michelangelo " eut un accès de créativité, il vérifia ; - l'argent des images, que compte-tu en faire ? Round house cut back La ville génèrait un air maritime doux, qui, à lui seul, plongeait Romain dans une extase digne du froid glacière. Après avoir traverser la France, il découvrait la place du Port-vieux, dominant la baie de Saint Jean-de-Luz. Le bruit d'un instant d'ivresse l'emporta, une écume abrutpe accaparait toute sa béatitude. Des profondeurs océanes naissait une splendeur incroyable, douce et dangereuse. Lentement, Romain marcha jusqu'au rocher de la vierge. Sa vue découvrit le mensonge d'un perspective infinie, scrutant l'horizon, il ne distinguait qu'un chaos uniforme de vagues sonores et menaçantes. La surface grise de l'eau teintait un rouge sanguinaire sur l'obscurité étoilé de cette nuit-là. L'océan touchait Romain pour la première fois. Abrité de la plage, Romain veilla à ne plus provoquer l'immensité en face-à-face perdu d'avance. Il conçu son affrontement grâce aux locaux, fouiller les émotions des connaisseurs, afin de trouver sa vague était la meilleur chose à faire. Après quelques heures de mutisme, il décida de trouver un hôtel, au petit matin. Se reposer, puis se donner une justice au jour d'une vie nouvelle. Looking eye-wind Soudain, au hasard de la rue principale, un atroupement vociférait des borborygmes festifs. Des fêtards atroupés fumaient. Il s'agissait des abords d'une boîte. Romain, se senti attiré. En contrebas d'un hotel à la façade ornée de palmiers séculaires, il découvrit le tuyau de Tom. " Le playboy ". Sa joie croissait avec la complicité d'un fumeur qui l'alpaguait ; - C'est bien le playboy... - Je pouvais pas le manquer. Son nouvel ami lui tendis une cigarette qu'il saisit. - c'était bien le stop ? - hein ? Interloqué, Romain s'apostrophait. L'inconnu lui offrit du feu. Bien entendu, l'autostop, les ovni, invite à l'indiscretion. - Allez, viens boire un verre... Le large sourire du Basque surmontait la fatigue, l'étonnement. Certes un voyage en stop n'est pas discret, mais la connivence d'une bande de skateur était trompeuse. Souple sur chaque marche, la cigarette fumée, Romain soignait son déhanché, et son entrée au sérail. Le physio lui reserva un accueil préparé. Chaleur humaine bienvenue, il dit : - soirée " ice légende " - encore de la vodka ? Ils éclatèrent de rires ensemble, pour deux raisons respectives. Face à la jeune femme du vestiaire, il jaugea sa coiffure. La belle brune s'extasia une seconde. Mignonne, elle souriait sans qu'il cherche à la séduire, la soirée s'annonçait terriblement relaxe. Romain avançait dans les méandres de la discothèque, la musique le portait. En serpentant entre les fêtards, Romain ne pouvait s'empècher de réflechir aux surfeurs en présence, l'ordre dans lequel son regard glissait, de vrais pros en crackeurs sous pseudonymes, tous ici, était des rideurs. Les personnes alentour, la disposition du bar, des lumières, l'energie du lieu et l'importance de cette soirée trouvait son vertige. Il se faufila vers le bar, entre les teufeurs, au rythme de la deep-house, et, à peine chancelant, il empoigna, maladroit, à hauteur du biceps, une jeune femme qui instantanément, eut un geste de surprise. - Excuse... Ce temps passer dehors, sa fatigue, l'air posseïdien avait refroidit tout son corps. Ses mains étaient glaciales, le corps de cette jeune femme brulant. Il retira sa main. - J'ai la main Chamoniarde... Elle compris la froideure, n'entendit rien. Troublée, elle proposa. Son visage s'éclaircit ; - J'aime aussi la fraîcheur... Elle se retourna vers ses amis, présent en cercle inabordable pour lui. Légèrement blonde, un zest pulpeuse, habillée d'un top noir à décolté en V, avec un collier de perles, il était immédiatement séduit, inconscient gaillard. - Si nous prenions un bol d'air ? Romain scintillait de délicatesse. Un feeling passaît entre eux-deux, puissance supérieure à toute prédisposition mondaine, ormis l'équipe détentrice du refus. Claquement digital désirable. - vodka ? non ? Répliquant, il tenait le ton, plaqua le timbre. - Les stars supportent pas trop d'être touchée, je crois... Elle indiqua la sortie, et s'avança. La scène dura le temps d'un clin d'oeil, destiné aux autres. Un jeu visuel se figea immédiatement. Lorsqu'ils se découvraient, à chaque prise de vue, Romain fixait son attitude, puis finalement certain qu'elle aussi, cherchait la même vérité, ils partirent ensemble. La moiteur musicale sombre parsemée de flashs vifs orangés annulait tout besoin de parole. De leur contact, leurs yeux semblaient se fondrent vers une vision unique idéale. Un regard, que l'on trouve rarement face à soi. L'instant dura, son écho touchait le coeur de Romain, plusieurs minutes. La main glaciale heurté par son corps bouillant, raisonnait tel une chute à skate. Paroxysme d'un nuit portée au nirvana, Romain poursuivait son érrance assumée. Droit, vers une île nouvelle, un continent inconnu, le nouveau monde. Terminant son entrée par la sortie, le couple savourerait la plage, guidé par une sirène extraordinaire. Envoutés au rythme de la musique, il ne se parlèrent qu'après avoir oublié derrière-eux la boîte de nuit. De taille moyenne, elle touchait par sa simplicité esthétique, couronné de grâce. Ils marchaient à pas romantique, ralentissant chacun leur tour. - Après tout, quel romantisme ? Romain, se tenait à un plaisir satisfait, n'attendait rien d'autre, qu'offrir son humilité. - Avec la vodka, tu aurais dilué la conciliation avec la bande. Je m'appelle Laure. Et toi, Romain, je te connais, déjà... Au calme, ils avançaient vers la plage du casino. La conversation déambullait pas-à-pas, au rythme d'un slow, celui du ressac qui menaçait Romain. - à quoi crois-tu que les réseaux internet servent-ils ? - les coups de genoux ? t'es lasse ? Il carressa son front, sûr de sa simplicité. Laure s'offrait à lui, défendant sa beauté. Attentif à ne pas briser le charme, ils se serrèrent l'un l'autre, puis se tûrent. La surface rugueuse de l'océan noyait les élèments, le feu et la glace. L'air, une étrange poésie osaient les aborder. Ils étaient beaux, protégés d'un horizon superbe. Le lendemain miné, matin plutôt vers midi, Romain récupéra sa planche qu'il avait laissé au parking, dans un tailli de mauvais lauriers derrière le musée de la marine. L'antivol noséabond du périmètre des pissotières tenait le skate isolé, après tout, le sel empèche. Lorsqu'il posa sa planche au sol, il se questionna une infime seconde : Un bonheur accessible, semblable à grosse blessure de ride. Dos au rocher, à la plage, il voyait l'immeuble où elle dormait. La Vauxhall, Tom, émergeaient de ses souvenirs mélangés, avec douleur. Laure détenait un appartement niché au dessus du Port-vieux. Romain trouvait dommage de briser le rêve par autant de sexe, dès les premières heures de leur rencontre. Le souvenir de Nina le mettait en garde contre toute cascade sentimentale. Parti avec les clés, il revint avec un sac de papier, contenant un croissant. L'ascenceur comportait une légère faute d'accroche. Entrant chez-elle, il poussa la porte, silencieusement. Dans son salon, la large baie vitrée ouvrait sur le balcon, face à la mer. De là, on apercevait encore le rocher de la vierge, un voîlier fantôme au large, emportait son terrain d'imagination. Au dessus du canapé était fixé une vieille Barland, au précieux bois vernis. De l'autre coté du salon blanc, une seconde planche était constellée de coquillages en dessins harmonieux. Un surf d'ornement détaillé de patience. Romain fut fasciné par cet objet, alors qu'il voulu préparer un café. Toutefois, il prenait garde de ne pas se laisser emporter par un sentiment de curiosité maladive, attendant que Laure elle-même, ne lui parle. Elle le surpris : - bonjour vincent. - c'est pas chez-moi. - Ah, moi non-plus... humf. Elle pouffa un tendre ricanement, satisfaite, concèda ; - tu as la chambre rose, pour un période d'épreuve. Romain, c'est mort. - quel sorte d'épreuve ? Il répondait trop vite, comme souvent. - on verra. Elle observait sa planche ; il ne concevait pas les obsèques. - Tu as récupérer ton skate... En échange, Romain tendis son sac de provisions. Laure dissimula son plaisir. - Bien ! Au fait, je travaille... cet après-midi, tu fais comme chez-toi. Renegade nurse, old shaman Elle dormait encore. Patient, la succession pérpétuelle du phare de la ville, qui s'imissait dans le salon de Laure. A ce jour, avec tout l'appareillage électronique, il se demandait à quoi il peut bien encore servir, ce phalus maçonique. Il comptait les secondes, entre chaque passage du flash. Elle parti s'habiller, avant de lui suggérer du repos. Ils venaient de faire l'amour. Vincent était anéanti. Laure revint de son dressing, portait un pull en mohair et un pantalon en jean denim. Elle était belle et possèdait le con sublime d'une diaconesse. Romain s'en trouvait hypnotisé, euphoriquement rassuré. Oublier ce prénom allait être très dure, et c'est tout ce qui comptait. D'abord il entreprit une tournée des bars succinte. Car c'est un job d'être un bon client dans un bar ou tout le monde se calfeutre devant l'inconnu. Se déloger de son intimité est un art que Romain magnifiait depuis son périple en autostop. Au centre du centre-ville, Romain ignora les endroits en vue, l'illusion de la mode, il pensait à Vincent. Et il y avait du monde dans la place, Biarritz, début mai. Très vite, un ferrari bloqué pleine circulation lui offrait un support de réflèxion. Il se concentrerait. Des bars, il y en avait partout. Attendant l'été copieux en touristes, il en choisirait un. Rez de chaussé, personne, juste une brune avec les cheveux bouclés en train de nettoyer derrière des bouteilles, la vitrine du bar. Un mec blond bronzé bloqué derrière l'écran de son computer, en train de lire le journal local. Il venait d'écouter Al green, " Free as the morning sun " Ils étaient dans le rush, c'est-ça. Sa silouhette de glandeur déplaisait. Après un geste amicale, hélas timide, de la main gauche, Romain s'appliquait à faire le tour, lentement, histoire de faire connaissance. Le temps s'écoulait, la journée avançait dans des lieux communs où chacun passe obligatoirement, sans que le moindre soin ne soit apporté, fusse d'une agitation quelconque à la bière coupée à la flotte, pour le naïf qui n'est pas du coin, il fallait envisager de trouver. Pas besoin de monter un mensonge, genre " où est mon bonnet " " je suis le nouveau barman du San Miguel ", tous savaient. Stranger in the night Enfin, juste avant l'été et la foule des petites houles, Vincent pouvait s'adonner au surf océanique. Bien avant, il étudiait ce qui le conduisait au surf. Pour trouver la planche, ça avait été déjà une sacrée paire de manche. Seul au fond de l'atelier d'un shapper en train de le laisser fouiner, il empoigna la plus audacieuse, attiré par ses graphismes herbacés. Une 7 pieds 2. Seulement, " Bong ", il la cogna au plafond. Le shapper toussa, Vincent reposa la planche, précautioneusement. Premier accro, la beuhère attendra. Même mis à l'amende, il continuait ce con. Le shapper, veillait à ne pas briser cette inspiration légère et audacieuse, ce processus rituel idéal pour patauger naïvement dans l'ocean. Parfois, si quelques idées noire échouait, Vincent refusait le large, mais heureusement, pas cette fois. Les yeux ne regardaient plus. Le fracas tumulteux, métronomique des déferlantes, ne faisait qu'accentuer sa perception d'un monde redoutable. Le temps se brisait au rythme des respirations teintées d'effort. L'océan, sa couleur d'écume, baignait dans une puissance matérialisée par la vague, soulevant et projetant ses forces sur la planche et lui. De cette absence, en plein roman, sa force intelectuelle le questionnait. Personnel, il ne comprenait pas pourquoi tout les habitants le muraient hors de leur expérience. Prévenant, tous retenaient leurs sentiments, essayant la vivacité de leur rêve. Neighbourhoud - Je crois que ça suffira. - Et tu va surfer où ? - Je sais pas... à qu'elle heure je... Il regardait la pendule d'une marque de bière, morbide, en blanc sur noir. Le style païllotte, ne privait pas l'usage d'un réseau de " personnel computer " qui devenaient " private network ". La néoprène, le surf posé au comptoir, ils attendraient un peu. - je peu te taxer ? il montrait le poste. Le shapper se marra. - tu veux te servir du P.C ? - ouai... Il éclatait de rire, Vincent ne comprenait pas, cependant, déjà impliqué à son réseau, rien ne se remarquait. Excepté pendant les minutes de chargement. L'écran indiquait, patience. Il voulait questionner le peintre et ses amies, savoir au sujet des parents. L'absence de musique effrayait Vincent, le greco-romain, assis devant l'écran. Le grand surfeur brun, une fois payé en phonétique, n'offrirait aucune précaution en " shappe ", " cheippe ", en Français, certains lisaient " chappe ", à d'autre heure, Vincent admirait l'appréciation libre du sch... Médio marine - ça y est, elle gonfle, vite... brasser, et... stand-up... pas trop appuyer quand j'accroche... bottom-turn à droite, ça tombe bien pour un régular... J'allège sur la planche, pour remonter face à la vague, en coupant par la gauche, - ça tombe bien pour un régular... - Attend... haut dans la mousse, reprendre, avec légèreté, recouper à droite, dos à la déferlante... et je sors... - eh, arrète de rêver. - Quoi ? Tu veux aller chercher les septs boules de crystal ? - A tu t'y crois hein. Par plutôt essayer ton matos. L'étrangeté de la situation forçait les éléments à entourer Vincent d'une complexité instinctive, le mouvement se créait et la pensée muait. Se sentant projeté en hauteur, aspiré vers le bas, balloté, ce sentiment de ne plus avoir aucun raisonnement facilitait la vie. Pathologiquement dangereux, l'abandon de soi. Dans une petite tête universelle face la puissance des océans, lutte, depuis ses fosses sous-marines jusqu'aux sommet de vague raz-de-marée, l'inutile. Le dialogue avec la mer n'était qu'une rigolade comparé à l'apreté de l'existance. Cela n'avait plus rien à voir avec le monde civilisé. La matière se faisait sienne, la vague emportait le temps rationel, les problèmes, les questions. Vincent devenu un animal, un homme bestial, un surfeur homnidé. La magnificiance des mers l'anéantissait, sa douce énergie transparente faisait de lui un mutant. Ce mot raisonnait dans sa tête, écho universel d'un océan unique, tout autour du globe, il avait peur des livres de Laures, Nietzsche, Darwin... Il avait peur de la cité, l'accent, l'image... Il ne restait plus que le surf, et Vincent. Arrested under skateboarding Chaque plongeont dû à une faute d'appréciation envoyait Vincent dans le rouleau, je tournai en une franche partie d'essoreuse mousseline. Sous l'eau pendant à peine une dizaines de secondes, ré-émergeant, reprenant souffle, la vague devint iceberg. Le temps devint fatigue mortelle, instinct cartésien, la suivante nouvelle vague signifiait : danger. Pas de répis, le chaos liquide orchestrait sa fin du monde. Rien de tel pour se défouler qu'une série de retour au line-up, franchir des maîtres-cubes d'eau. Il adorait ça. Nager dans ces conditions était pour lui un grand pied, surtout, sa crainte de noyade masquait une complicité énorme, avec la vie. Le lien avec le surf cassé, fini la sainte croix des contests, c'était l'instinct de survie ou l'hydrocution. Imergé, on pouvait pas appeller-ça nager. Un goût salé dégueulasse. Le bruit de la trippe éduquait l'oreille, " TTtttu " répété cinq où six fois apparût, le geste devenait parole, " tout ", la panique l'entourait déjà, une tête ridicule hors d'eau empoignant la planche, elle fût plus légère qu'à l'accoutumée, elle flottait. Le sable lisse de la plage sous ses pieds avait quelque chose d'unique. Sensation sans doute dûe au vacarme inaltérable du fracas de l'écume, juste derrière lui. Surfer comme on va à l'église. Toucher l'ouïe grava sa mémoire, quant remettre à nouveau les pieds sur terre, comblé d'espoir, il compris. No sex nervous Vincent et Laure discutaient, au salon. Vincent était en train de disposer une couche de wax parfumé à la noix de coco, idéale pour garantir ses appuis. Il avait l'intention de s'envoyer du gros surf, sans alternative. Laure surfait, sur internet, agacée par la présence de ses outils. Il lui compta avec douceur et crescendo : - Soudain, Il inspira lentement, ponçant la planche, dénué d'attention envers les cercles magiques qu'il fit, ignorant. - Soudain, je me rendais compte que je dormais. Elle lisait un texte. Toussa. - Il était quatre heure du matin, j'avais emporté mon sommeil jusqu'à l'affichage quartz du réveil. Seul dans la pièce, je me levai pour regarder au dehors. Avec une nuit aussi agité, j'étais certain de trouver de la neige. Je le sentai, le savais. Cette matinée, debout avant tout le monde, surexcité, j'annonçai " giornate bianco ! ". Répetant plusieurs fois, le terme Italien, un jour blanc parvenu du plus profond de mon subconscient. Avant d'avoir mis un pied par terre et encore moins ouvert les volets. Juste ces mots en tête, pourtant je parle mal Italien. Je criai pas, mais d'un ton tellement exhalté, l'appartement endormi se crispait d'impatience. Un flair incroyable, puisque ce jour là, une fois les yeux fermés, je découvrai une journée magnifique, opaque, mystérieuse... et une page blanche. Elle enchaîna. - Non, une perception un peu trop instinctive du climat... Expliqua Laure... Dans ton roman, c'était quel mois ? le mois de Verbier ? Elle éteignit l'ordinateur en plastique composite noir, fermant. - attends, tu es en train de me lire... mon Roman ? Vincent fronça les sourcils, et dit ; - Et, t'as un récit vérité ? C'est quel plan que tu me fais ? là ? - Tes copines, le vrai William " Michelangelo ", tu penses qu'ils font quoi ? - Putain, t'es une RG... Je savais bien que c'était trop beau... Elle soutenait ses mains sur un jean, très près du corps. Les renseignement généraux ne sont pas uniquement vendus au rayon fringue des relais autoroutiers. Assise, tournée vers lui, non seulement l'autorité du sexe opposé le calmait, mais en plus, elle faisait valoir une fonction éduqué. La grossierté de Vincent n'était qu'un contre-temps, vulgaire. - Bon... Il s'énervait, debout à tourner en rond, attendait son explication. - Tu crois être vraiment à Biarritz ? - Ouai. Elle fusillait ses questions conductrices de logique. - Tu travailles ? T'as du chômage ? Tu penses à ton futur ? - Euh... - Tu crois que t'es libre ? Elle se leva, claquant l'ordinateur portable, joignant jusqu'au loquet le dépliant. Mélangé entre la fiction et le roman, la réalité et les réalités, Vincent tentait de combler les liens, d'ouvrir des failles, entre la propre histoire et sa véritable imagination. Extatique, elle tournait le dos au mutisme nécessaire à son apprentissage. Le ressort de ses cheveux nuançait son immobilisme. Elle sorti de l'appartement. Seul, sans propriété, les erreures n'avaient qu'à attendre d'être commise. Il était pris au piège, immédiatement. Il ne voulait pas la baiser, mais il compris qu'il serait narateur d'un rêve réthorique. Sa cage thoracique se souleva, sa bouche tremblait, il sniffa une dernière fois. Skate me slowly Lorsque firent l'amour, leurs ébats tournaient en session de taï-chy, de massages rituels. Vincent sentai très vite quel moment elle adorait, ressentir sa puissance, leur force, se laisser serrée dans ses bras, en douceur et avec une très grande précision, détermination et force. Il était souvent le catalyseur déclancheur d'ébats, elle était toujours excitante parce que désireuse de son amour. Ce jour, le poids de la routine, les grimaces de son visage pendant l'effort troublèrent plus que le calin, un vrai forcené se débatant avec Laure. Elle lui renvoyait comme un miroir, l'expression douloureuse de sa face. Etrange ressentiment de plaisir, elle repoussa Vincent, qui stoppa d'un geste. Surpris, il se prostra. - C'est pas mon trip, Vincent. Elle tirait la couette sur ses seins. - Pourtant, Bukowski, Ormesson, la foule et " the fleeting jude " Elle ne s'attendait pas à cette remarque. Entre eux deux se produisit une sorte de dispute, d'éruption, une disruption. - Et alors ? même si c'est moi, qu'est-ce que tu crois ? - Attends, c'est trop de la balle, le plan, la vidéo, le direct... " Magic mirror " . Tu fais le doublage, c'est pas Anglais. Un run de skate, des faux râles de plaisirs !! Vincent s'enthousiasmait. Pas elle. - trop pas. - Que veux-tu, de nos jours, tout à une valeur... C'est comme skier en porte-jartelle, garde ton assurance ! Sex toy pro model Chomeuse. Avec comme activité officielle la simple justification à l'existance des cadres sociaux, travaillant ainsi à leur existence potentielle. Ça prenait pas beaucoup de temps. Comme activité réelle, c'était de surveiller les débiles mentaux qui sont criminels contre eux-même, l'informatique free-lance et les chiche-kebab. Vincent aurait pu. De temps à autre, elle se faisait des extras à l'Hétéro-Clito, pour le fric et le fun, du restaurant le plus branchouille du coin, lorsque le poisson en valait la peine. Elle possèdait du pognon grâce à ce que Vincent apprendrait. Il l'ignorait encore, sa famille, le mettait à l'abri du besoin. Toutefois, Vincent était un peu juste économiquement avec son allocation quotidienne vitale d'à peine trente euros. Ils composaient entre le pragmatisme financier du couple et la beauté idéale des amoureux rêveurs, en surf il apprenait très vite. Cependant, tant d'inconnu le terrorisait. Le lendemain soir, en rentrant, elle marmonnait un truc genre ou...oui...ou...ouii...ou...ouiiiii...ou...ou, crescendo jusqu'au deux derniers " ou ", une tierce plus basse. C'était Incognito qu'elle fredonnait " I can see the future ". Elle était à peine radieuse. Firestarter. Elle déposa toutes ses affaires dans la chambre, ensuite, elle demanda ce qu'il avait cuisiné, puis en fonction, elle choisissait un disque pour rythmer la scène, l'humiliation. Du balcon de son appartement, sur le Port-Vieux du village, Biarritz, avec sa plage privée cernée de ramparts à balustrades. Comme les blacons d'un opéra aux bois précieux ciselés d'oriflammes. La plage enclavée rappellait la piscine de quartier du boulevard Saint-Germain de la capitale. La vue sur le roc de la vierge plongeait Vincent dans une nonchalence sereine. Laure lui massait délicatement le visage. - C'était bien ton bain de mer ? T'as vu du monde ? - Le spot est nul. Vincent souriait malicieusement. Nul à chier. En même temps, il hôchait la tête pour faire mine de dire non. Ah, j'oubliai, j'ai aperçu Gibus de Soultrait en espadrille... Perdu dans l'orgueilleuse Biarritz... - Tu vas encore surfer la villa Belsa, demain ? Vincent inspira pour marquer sa réflexion. - Ou tu vas aller surfer Cul-nu ? Bellara... Il regarda la planche d'ornement fixée au mur, incrémentée de centaine de petits coquillages cerclés en forme de cashemir fractale, puis, se tourna vers Laure qui riait, silencieuse ; - La chambre d'amour, l'ifremer, moi ça me gonfle, une sâle voile au poteau noir. - En jaune et noir... Elle se foutait carrément de sa gueule, mais la honte l'habitait, car il ne voyait rien. La sincérité des infimes vaguelettes qu'il couvait des yeux au jour des étoiles l'emportait vers l'espagne. Au loin, sentant ses chevilles articuler sa silouhette épaisse, sa solitude cognait la proue des courants hémisphèriques. Les noms de cyclones où les marques de voitures partageaient également l'équilibre des décisions. Cette vague était à vingt minutes à pieds de l'appartement. Autant dire qu'il surfait dans son jardin. C'est lorsqu'il retournait en ville qu'il perdait ses repères. Toutes ces informations qui baignent chacun dans le décor, de belles illusions, un faux rêves de gloire mais un moyen d'argent pour vivre mieux n'était que poudre aux yeux. Il ne savait rien de la culture du surf. Le vrai premier clash idéologique entre eux-deux. La télé, la presse, les téléphones mobiles, la magie côtée en bourse, tout projettait Vincent, comme la mer recrache ses surfeurs fatigués. - Les stars et leurs vies m'ennuient, mais, je dois le reconnaître, elles sont toujours présentes dès que l'on switch/on la télévision. - on se marre bien... Laure l'attendait au tournant. Il resta désemparé plusieurs minutes sur le sofa. Sa réflexion pataugeait. Son corps réclamait du mouvement. Laure s'approcha. Appuya sa tempe contre la sienne de manière à lui murmurer au creux de l'oreille, lui chuchota avant de l'embrasser ; Guéthary... floodtide calendar - Bon, je fais ma star... Répétait Vincent à voie haute. - T'arrive à surfer maintenant ? - Comme danser du charleston... Il mangeait une banane, importé par l'afrique. L'air contenait toute leur complicité, elle, s'affairait à ne pas regretter l'appartement qu'elle rendrait après son départ. - qu'est-ce qu'on va faire avec ces mobiles ? tu crois que l'humanité entière se meurt dans sa révolution communicative ? Il reprennait à peine son souffle, alors que Laure empreinte de son habituelle noéthique, l'écoutait s'emporter, amusée, elle lui dit ; - y aura toujours quelqu'un, tu sais bien... Il respira, un peu, et ajouta : - Depuis la radio, la télé, l'ordinateur, le cellulaire, franchement... Tout le monde en parle ? On baigne dans des illusions médiamatics, faudrait que je touche du porack. La nuque de Laure contenait une grande délicatesse. - Eh ! Tu te prends pour le maître du monde ? Il repris son souffle péniblement. Plus calme, moins nerveux, il ajouta ; - Le réel, le réel... le réel c'est ce skate. Il pointait du doigt sa planche posée près de la porte d'entrée. Elle aurait cru qu'il récitait. - Pas de star-système pour l'identité, mais pour ce qu'elle peut accomplir... laisse les pages des magazines, les vidéos, les marques, la puissance du vide monnétaire, elle à sa véritable fonction. Pour moi, c'est juste des bons où des mauvais moment. Tout ce que la main n'atteint pas n'est qu'illusion, une blessure, c'est une carte de géographie. Non... Non, non. Faut pas pousser ! Un skate, ça sert à marcher. Mainly Kool & the Gang. Pendant plusieurs jours, Vincent observa un quasi silence, sans comprendre. Sans média. Renonçant aux onomatopées de fin de phrases, mâchées, comptant ses répliques comme un tennisman jugule son échange. Laure s'éloignait du coeur affectif qu'ils avaient dessinés ce soir là, sur la grande plage. Il croyait que poncer les bords centraux de son surf avec un gros grain rendrait la planche plus maniable, ralentissant le débit d'eau en rapport avec les dérives lisses moins profondes, parfois trop lentes. Laure avait une vrai culture littéraire. Elle le surnomait ; - Salinger ? Tu continues à ne rien dire ? Vincent alias " Romain dans la merde " - Vas-tu bientôt essayer de te priver de la vue, pour en explorer tes sens ? Il senti avoir débordé la patience de cette playmate, de plus, il connaissait sa frivolité envers les mecs. Supposait, suspectait, hélàs un adultère latent, bien malgrès lui. Il faut bien le dire, Vincent ménageait son hôte pour pouvoir rester encore si proche du sérail, camper la peur d'un tsunami tueur. Mais depuis l'amour, il se sentait mal, étrangé à cette nouvelles sensation brutale, sombre. Laure semblait lointaine. Vincent en faisait trop, si bien qu'il réalisait, après la somme de toutes les peurs, qu'un nombre incalculable de conneries lancées à tort et à travers lui attribuait l'image d'un guignol. C'est pour ça qu'il tuait sa spontanéité naturelle. Il saisissait le contre-pieds. Une parcimonie verbale régénèrante. Peu de mots. Du sens. Répartie et percepicacité avant tout. Une nouvelle façon de penser, et puis lorsque l'on ne dit rien, on ne peut se tromper. Et quelle brio... Comme surpris par la vitesse de réaction de tous, sans réflexion, par automatisme. Machinale. Les conversations dérisoires enchevètrés dans les lieux communs régalait Vincent, qui ne cessait de donner du sens, au deuxième degré. Intentionné, cela va de soi, envers Laure, qui appréciait sa volonté. Rester des jours sans rien voir ni entendre, puis, revenir dans la ville. A l'intérieur, ils dansaient la capouheïra ensemble. Elle s'isolait méthodiquement, prenant en charge les tâches ménagères complètes, prenant le soin d'être son lien avec le monde, avec un futur que Vincent ignoreait encore. Il songait à la prochaine dépression, prometteuse en swell, pour surfer à nouveau. Sa near-death-experience montagnarde lui montait à la tête, elle, descendait au basket. Après ce choc, tout mettrait longtemps, avant de reprendre le plein pied de son existence. Vincent plongea à nouveau dans la ville, durant son absence. Un effort gigantesque l'absorbait. Courir d'images en flashs, de pub quatre-par-trois en voitures luxueuses, des visions de femmes superbes, des gestes pétrifiés, il se questionnait. La liberté rutilantes, ruisselantes sur son subconscient, hagard, comtemplatif, désemparé, l'agitation, son rêve de mieux, virait au cauchemard. Une autre vie, un monde si éloigné... Les gens, le voyant, le reconnaissant, lâchant un geste, parfois un mot une expression, et même, souriaient. Il marchait au milieu de la foule. Conduit de coïncidences à un état de perception étrange, argentique et beau, sa vie imatérielle était sagesse désodorisé. Il déambule encore, sans comprendre que la ville entière se parle, communique, en silence, ce qui change tout des actes. Vincent et sa proximité auditive ; ses fantasmes sur-réalistes, un peu comme tout un chacun, Vincent déraille, devient sentimental, avare de ses propres émotions, un gros con. Swoosh Pas drôle, mais il fallut regagner le rivage. Le banc de sable avait évolué depuis le pic de la dernière marée montante. Ainsi, chaque vague comtemplée de la terre semblait encore plus lointaine. Une superlative expression qualifiant toujours la session de mémorable ; - c'est fou l'étroitesse d'une vague face à la côte. Le line-up n'est peut être pas... parsemé de tout ces surfeurs en rang méthodique, des insectes sur une charogne... - c'est surfer entre les bombes... - je suis pas bon, ça me saoule, je vais chercher du travail. Vincent semblait pleurer. Sa mélancolie écrasait tout autre réplique. La feuille d'eau revenue à la normale, Laure embrassa Vincent, cherchant à le réconforter, sa douceur tremblante, elle s'épuisait. Les ralentis de sa nuque calés sur le son, elle béchait toute les vibrations des morceaux meanstream à la radio locale. C'était comme dans un film américain, elle retrouvait toujours les mêmes rôles, les courants, les attitudes. Avec Vincent, c'était comme du papier à musique. Il était un energizer, festif et décontractant, un spleener, triste et encombrant, ou le remixer, analogie aux ainés, sachant se remettre en cause, et selon elle, il valait mieux préserver son stock d'amour. Elle consommait beaucoup de Marijuana à cette période. Donc son truc, c'était de trouver l'excité, le groovekick, l'équilibre des fréquences, l'harmonie... la force, la mandrake. Laure avait toujours un jour de la semaine où elle dégrafait son soutien-gorge. Son kiff, s'était de coller un album et de voir la réaction intrinsèque du subconscient de son animal. L'influence se répercutait sur leur manière de se comporter l'un envers l'autre. D'emblé, le reagge fût proscrit. Trop receptif, parce-que, elle aussi. Kita-Kyushu. Affalés dans le canapé en tissus rèche bleu éléctrique, le temps s'écoula ainsi, insousciant. Vincent s'employait, pendant que la télévision fonctionnait, de donner du sens à son zapping, passant de chaîne en chaîne. " Ce mois-ci, les rencontres des ministres européens seront ...zapp... au tirage au sort des rencontres de la ligue des champions ...zapp... pour conserver une haleine fraîche ...zapp... ...zapp... wouky-ouikoa ...zapp... " - Vincent c'est nul. - Ouai, tu devrais garder simplement les trois premières chaînes, c'est là où les émissions sont le plus synchrones, où la conjoncture publicitaire se manifeste... - Y-a pas qu'toi, qui souhaite un monde meilleur... Laure quitta le salon pour se rendre à la cuisine. Il ne réalisait pas toujours sa pesanteur relationnelle, malgrès ces efforts. Elle lui dit ; - Vincent, la télé m'endors, j'aime bien ça, tu comprends... ça évacue mes soucis... mon stress... Elle parlait lentement. - J'ai des idées, de mode, de style, des nouveaux ensembles, des façonnables, c'est bien pour moi, alors soit compréhensif, s'il te plaît m'sieur le rider ! Vincent avait horreur de ce silence. En s'approchant d'elle, il couvra son visage barbu de sa main gauche, déçu, parresseux, il rejoint Laure dans la cuisine. - Tout le monde n'est pas tel que toi, tu le comprends. En s'éloignant, elle le regardait au seuil, dans la porte. Il ne bougeait plus. - alors c'est ça, c'est le premier qui parle qui fout la merde ? Ok, ok. Il acquiessa, tourna les talons et sorti sans rien dire. Allant vers le balcon, elle ouvra la porte-fenêtre, passa un châle sur ces épaules et sorti fumer une cigarette. Renonçant au tube cathodique, l'anodine remarque prenait du sens, Vincent rejoint Laure, du bas de la rue, elle le surveillait. Son expression était lourde. Lourde du sable fin gorgé d'eau que l'on trouve sur la grève, le couloir étroit séparant les vagues de la terre. Elle le regarda, sûr qu'il chercherait à trouver internet, puis s'appuya contre la rembarde. - William, t'es sur le réseau ? - Oui, william ? L'écran du cyber-bar inscrivait à la vitesse du souffle, ce que demande en classe gardée, une douzaine d'heure. - j'ai cogné. Le curseur clignotait sur le cadre de dialogue. La réponse éclata ; - t'as une alternative de logement ? - ya. J'en ai rien à foutre. La paillotte du shapper aurait été secouée par une descente de flic, Vincent n'aurait pas changé d'idée. Il était pris au piège avec sa nana, sortir de l'impasse pouvait être d'avoir un enfant, accroître l'erreure, courir vers le mariage, une bonne raison de divorce. Le shapper rangeait ses pièces de monnaie, cela paraîssait bon marché. - Tu sais, ta personnalité, parfois, t'es trop... Visiblement, elle fouillait son cerveau, son paysage cérébral, exigeant le terme exact. Vincent continua la description ; - en fait, je te trouve souvent trop sombre, voilà. Tu parles peu, t'es trop autoritaire, nympho, voilà. Elle ne répondit rien, il continuait ; - Ce que j'aime chez toi, c'est ton coté... euh, l'autre coté, une autre facette de ton caractère, ton ambition, oui. Il ne parvenait pas à mentir. Ils s'embrassaient, le téléphone sonna. - je suis malade. Laure alla décrocher, lui, saisi une cigarette. Le San Miguel devint le rencard de Vincent. Lorsque Laure n'était pas là, il descendait boire une bière pression. Un lieu privilégié pour les amateurs de bon son. Un saxophone alto se mélangeait au cuivre et au zinc des trépines à bières. Et surtout le seul moyen de voir du monde, tard. Les rencontres étaient souvent plus savoureuses que les films porno... Et puis le serveur prenait souvent des nouvelles, des sessions de gros surf où des mouvements du bled. Vincent traduisait les relevés de skate fait dans la journée. A mot voilé, il essayait de savoir où cela se passait-il. Si il y avait des hooks sur les planches. Pour pister, trouver le bon feeling. D'après lui, le retour des hooks sur les skates serait pour les prochaines années, une sorte de renouveau dans la discipline, une nouvelle mode d'autres exigences. Tout le monde l'ignorait, mais quand un vieil acteur américain entra, le tabouret soulevait le poids du surfeur, l'ambiance décèda de mort subite. L'individu, commenda à coté de Vincent, distant, dangereux, il dit au serveur ; - scotch. A côté du vieux client, l'intuition de Vincent était lourde. Le serveur lui servit la boisson, Vincent compris. Juste sa carrure empestait le questionnement, le ricain avait les mondanités d'un millionnaire, carrément clandestin. Deaf forever Guéthary, Bidart, vent nord-est et au large, son généreux line-up. Sunset offrait une impression immense face à ses collines de bord de mer. Depuis cette impasse, Vincent et Cole se regardait. Essayer à droite ? Où tenter surf-club ? Le regard abstrait, le grand Cole réajustait sa combinaison néoprène... Le prolongement de la montagne se poursuivait jusqu'à l'océan, un petit lopin de territoire Monténègrin, Suisse, Basque. Transition distincte, des vagues, du vent. L'aménagement datait de quelques années, mais la piste restait bien gardée, fidèle à la tradition. L'oscillation des vagues les amenaient à s'éloigner nettement du rivage, et avant d'en prendre une, ils devaient avoir engager de franches brassées en direction du large, vers la baïne. A marée basse, Guéthary offrait une belle part de vide, creuse et rapide à taille moyenne. Au dessus de deux mètres cinquantes, Vincent savait qu'elle se refermait. La mousse avait même une facheuse tendance à conserver dans son voyage en pleine eau, ce qui amène droit sur le reef et ses rochers. Pourquoi pas une rampe de skate poussée par un tracteur qui vous cueille... Juste un bon gun, réactif, permettait d'eviter le choc. Vincent se propulsait depuis la pleine mer sur sa descente extraordinaire qui n'en finissait plus à chaque take-off. Déjà en venant à la plage, il était tombé très vite. L'aperçu d'une bouteille de vodka vide sur le sable, projeta son intelect hors d'action. Cole dirigea alors Vincent, sans qu'il ne s'en rende compte. Sous le soleil limpide du matin, vers la déferlente de droite en descendant le vallon jusqu'au parking, Cole ratait une première vague. Une fois à l'eau, arrosé par les premières déferlantes, Vincent trouvait son instinct vorace d'équilibriste écervelé. Jeté dans les creux, n'ayant pas sû, l'impacte de l'eau dure assomait. Parfois, l'implicitude heureuse était là. En fin de compte, il se retrouvait là comme n'importe qui va au bureau. Le doute ambivalent. Pour ne pas dériver avec le vent de terre, Vincent prenait soin de rester dans l'alignement des maisons du bord de mer, se curieux envers l'autre guérrier. Un grande batisse des années trentes jouait parfaitement le rôle de phare, en conjoncture avec une des falaise de la plage. Avec la côte et son ruban de sable rocailleux, Vincent calculait l'heure à la verticale de l'horizon terrien. Si Cole y allait, il attendrai son tour. Pas de comptétition entre eux mais juste une vague impression de devoir se dépasser mutuellement. Une seine émulation. Au large, un cargo restait immobile sur la ligne d'horizon. En scrutant le relief chaotique de cet océan, l'impression de pouvoir deviner les vagues, empoisonnait une pensée. Vincent commençait à sentir le froid de l'air, et ils attendaient toujours. Dix secondes entre chaque pic. Ils ne parlaient presque pas. - embraye ! - come-in ! ! - pffff... Vincent soupira ; Cole chevauchait l'eau, sa souplesse, son élasticité, sa suprème explosivité captive. Revanchard, obstiné, tout en agitant ses grand bras allongé autour de sa planche, il se démèna au début des derniers creux. Le bouillon le rattrapa, l'aveugla. Déjà il était propulsé par la vague. Ses mains attrapèrent l'arrète de la planche, une ligne concave peu champfreinée. D'un bond, il se leva, projeta ses bras à la courbe. - heavy-on... Il pris les virages du rossignol. Le grand Canadien à l'allure déguingandé, trouvé accoudé au Bar des Pêcheurs à boire des bières en lisant un journal local, se payait un trip en France. Naturellement, il avait fini par trouver Vincent. Sa board était à peine trop large. Pour virer de bord, il s'allongeait au dessus du liquide, repoussant à bloc sur ses jambes, en employant ses bras à se maintenir, l'amplitude était balaise, il ne parvenait pas à se déporter. Déjà le peak. Vincent ne le voyait plus. Il tranchera sud, vers le sable, et apparaîtra si il rentre le couteau. Sérigraphic match - Mon mec ? Un vrai taré, un triso. J'arrive pas à m'en débarasser, je crois qu'il abuse. - L'enfoiré... Céline, l'amie de Laure s'en foutait, des états d'âme civile d'une vie de couple. Des mecs passaient, elle mataît leurs démarches. Laure bavardait. - S'oublier à ce point est inimaginable. Saoûler sous son propre débit de parole, grisé contre sa volonté. Elle rajoutait : - Tu sais pour Vincent, en plus, après avoir surfé, skaté... ça mue en une drogue, il faut le voir, ce spécimen... il aurait pu porter un disclaimer sur un tee-shirt " dirty " Sa copine précisa, en tirant sur sa Malboro 100'S : - ce serait toujours plus subtile que ces schémas outrageants de positions, surmontée du label " pornstar "... tu devrais le ramener au service après vente, spécial désintox. Vincent, pendant ce temps, se demandait plutôt si il faisait une erreure, infidèle à la montagne. A plat ventre sur le surf, il aperçu à la surface de l'eau un objet orangé. Il rama jusqu'à atteindre ce que le courant lui apportait. Au loin, au large, un courant véhicula un déchèt. Curieux objet, Vincent ramassa un morceau de planche de skateboard cassé, ainsi qu'un sentiment désagréable de rancune visqueuse et collante. Rentrant à l'appartement, il rangeait sa planche, appuyée contre le couloir de l'entrée. La situation ne semblait pas s'y prêter, mais ils commencèrent des préliminaires, presque machinalement. Lorsqu'il furent au confins de la nudité, tous deux, Vincent se rendit compte de l'état physique et émotionnel dans lequel Laure se trouvait. Elle avait eu des rapports. Vincent se stoppa tout net. Avec la promptitude d'un gifflement, il se leva. Son ton s'assombri. - non... Il révelait sa tristesse, sans pudeur ni précaution. - Si nous sommes ensemble, c'est gâce à qui ? Kid koala ? Son humour gras toutefois cinglant, terni une dernière fois l'estime que Laure lui portait. Elle se senti coupable face à sa réaction. Lui, intérieurement, s'insurgeait. Il donna un adieu ; - Quand le calme devient trop faiblesse... Il faut aller skater. Home sweet bowl - Une pure baraque. Avec son bowl ! - La piscine va manquer... Pauline appréciait la baignade en soirée, et organiser une rencontre de skateur l'ennuyait. Michelange poursuivit ; - des droits sont vendus. - Alors on va toucher du pognon ? - Pour s'amuser, mais ce soir là, il y aura du monde... C'est trop énorme ! C'est ce que la plupart des invités répétaient en entrant dans le jardin du pavillon, découvrant le béton. Le jardin semé d'herbe grasse ensoleillée n'avait pas de voisin direct, juste cachés par des hêtres et des bouleaux plus vieux que la maison. Un long mur de pierre abritait les convives, au bout, l'orée du bois naturel transitait une profondeur sauvage indeterminée. Ayant fait le tour du bowl, l'impression d'impacte météoritique, l'accès à la maison était lourd du syndrôme ressenti. Revenant vers la cuisine, lorsque l'on pénétrait à l'intérieur, depuis la terrasse dallée où se trouve la piscine détournée, une table décorée ornait la pièce. Séparant le salon et sa cuisine, les bouteilles d'alcools, la nourriture étaient disposés en pentagramme orifique. Il y avait une fortune, nécessaire aux quarantes invités prévus. Préservant l'étonnement, la forme géomètrique était conçue pour représenter une étoile diabolique combattue par l'appétit de tous. Il en fallait du courage pour une arrivée dans le lieu. Ce n'est que lorsque Vincent compris, après explication, qu'il frémi. Symbolisme trophéïque, ce n'était rien d'autre qu'une sorte de borne, frontière délimitant l'accès à un univers où la vie se rapproche de la mort de façon étroite, jusqu'à la frôler, l'étreindre et risquer de la cadenasser. Un peu comme l'arrivée dans la vallée de la mort au States, un simple passage. Monde où le souvenir reste présent au futur, le croisement magique invisible. Entre le meurtre et la réconciliation, la guerre, la vie. Tutoyé d'égarement, Vincent, au fond de lui, ne dépeurait pas, tout n'était pas prêt. - encore l'instalation de la musique machine... Michelangelo s'impatientait, Vincent se crispait. - c'est... La sonnerie de la porte d'entrée s'entendit. - C'est le disc-jockey. Tu... Vincent était tétanisé de trac, immobile. - oh et c'est bon quoi, merde... tu... Michelangelo le secoua ; - oh ? ! - euh, faut que j'aille chercher des protections.... Le ton hors d'ouvrage, Vincent n'était plus bon à rien, l'idée de plonger la tête vers le fond de la rampe engendrait une pathologie psy. Goshtrider Le chieur, ce Black. Avant de parler, tout le monde se doutait qu'il sortirai une vanne, avec sa grande gueule d'obsédé. Il cultivait son aptitude au remplissage sonore en répondant par un long borborygme désagréable, permettant de positionner une idée juste, avant de la lâcher avec sarcasme aux personnes en présence. Un long AH de réflexion, puis la méchanceté. Rapide, efficace. Seulement, même lorsqu'il pensait dialoguer, il se vouait à tout prendre en négation. Son cynisme, sa maladive manière de penser, son blaze de footballer avait une réputation. Un nihiliste pur et dur... Accaparé par sa blonde kamikaze, il la jetta, et se dirigea vers le buffet. Assailli par un troupeau de jeunes, il explorait la maison, l'hôtel à Michel. Quand une porte d'ouvrit brusquement, il faillit la prendre en pleine tronche. - Dégage ! Son bras claqua l'axe du gong. - retourne chez toi... au lieu d'encombrer... dégage... - y a pas moyen ? Lorsqu'il entendit ces mots, Black fût rassasié d'animosité. Le pire, c'est qu'il ne s'en rendait pas compte. Il laissa passer Vincent, pressé d'aller se faire mal. Les conversations étaient cahotiques et étonnantes d'imagination. Parfois, on entendait un cri, du rire, un peu comme lorsque retenti une sonnerie de téléphone ; - bamboule ! - T'as un pote qui s'appelle " code ? " t'as pas de chance... - Passe-moi le ketchup... Le préposé au barbecue lui tendis. - T'as des news des commerciaux ? - Quoi les filles ? parait que tu rentre du pays basques ? - Les commerciaux, c'est Julie et Pauline... Dans un coin du jardin, elles étaient là. En train de contrôler les images saisies sur un ordinateur explosif, des mecs en trains de tourner en rond. - et toi ? le creux ? - ah, j'avais oublié ma chute, je gère, lent. Les roulements d'un homme s'entendaient. Ils voyaient sa façon d'évoluer, style fluide, fougueux, il ne faisait aucun détail d'ordre signataire. Efficace, toujours en recherche de vitesse, pompant constament dans les flats, énervé, crescendo, il jaillit hors du piège. Le trou lisse était vide, quelques-uns se regardaient. Un inconnu dit à Vincent ; - Accompagné de biscottes Polonaises, le gars se fait un tipi à l'occasion. Et, elle-est où ta free ? - Ici... oh chouffe le son... - Nan, garde le ketchup... Old leasy side - Allez vous acheter du fantasme de hard discount, du rêve au rabait, pensez à jouer au loto, baltringues. Un brin de véracité dans les propos de Black, épongeant son coude ensanglanté avec des compresses de gaze stérilux. Il parlait à personne, tamponnant son bras. - Eh, faudrait apporter une armoire pour réhausser un recoin, si vous voulez du show... Anxieu, il questionna ; - Vincent, t'es à la porte ? Du son, le barbecue, le bowl, le trip. Autre chose que le parc habituel avec son lot de minables branleurs. Les projecteurs en diagonale éclairaient cette empreinte de dinosaure dans laquelle plusieurs se lachaient en mouvement pérpétuel usant à regarder et écouter, mais savoureux à souhait pour ceux qui maîtrisent, vraiment à la fête. La piscine faisait environ dix mètres de long sur quatre de large. Avec une profondeur de deux mètre, et par conséquent un creux trop rapide, la forme d'haricot était impensable à skater, autant dire que tous les nazes se pressaient dedans, Kader le premier. - Eh, Kader, on a cru que tu étais vraiment mort ! - T'as un peu raison, Vincent, Abdel-Kader. Sauf que Julio était un bon Dj et qu'il avait dévalisé un disquaire. Il possédait des skeuds à tomber par terre. C'était la soul-funk asseinné de hip-hop pour l'agressivité, scratché, tout le monde planait. Autour du buffet, enfin, quelques jolies filles portant la ficelle de string apparente, retendue au dessus de leurs jean taille basse, riaient à l'emporte-pièce. Elles arrivaient de nul part, préparant le terrain pour d'autres skateur. Le thème de la soirée c'était n'importe quoi, en priorité, chacun pour sa gueule. Déjà en bikin, maillot de bain dentelle, en train de sniffer une bouteille de popers. La culture surf américaine, fallait ignorer, depuis qu'Eloïse s'était faite épluchée par ce faux bronzé Californien de Vincent, ses moeurs intègraient le sexe, l'argent, et la vidéo. Comme première façon de vivre pleinement le quotidien, le plaisir. Il y avait du contest dans l'air ; James avec son style de skateur qui ne skate pas pour rester clean et propre sur lui, ne cessait d'arranguer les autres. Black tournait dans le registre grand blessé, pour faire chier, c'est son plaisir de faire chier, intelligement. Harry toujours vif et alerte carressant sans rechigner les filles qui rechignent à le jeter, elles aussi étaient comme tout le monde, imbibées d'alcool et de marijuana. Gérald, studieux, ne rentrait que des unitys, Julien prisonnier de ces platines surveillant jalousement ses plaques d'un cleptoman malvenu. Simon jouait l'exhibistionnisme contre son grè, lorsqu'il skatait, il se donnait à mort. Il usait de vitesse, pour ne pas être reconnu. Il flottait une sorte d'ambiance où l'on ne sait plus qui est l'hôte, ni qui sont les invités, les piques assiètes tapant l'incruste, les explorateur des chambres à l'étage alors que d'autres essayaient de ne pas toucher le sol autrement qu'en planche. - Quelqu'un à ouvert le stock d'energy-drink ? - La grosse éclate... Harry, bourré, face à Gérald menaçant d'une sévère correction, se renversa une bière sur la tête. - Quelqu'un à ouvert le stock de connerie-drink ? Je crois que c'est fait, pensait William. - Switch Puttgarden. Pourquoi un tel nom à une figure, franchement, comme référence... C'est la géographie du skate... Gérald revenait de là-bas. - N'ignorons pas la finitude de la fête... Vincent ne trouvait jamais de nom à ses tricks, il reproduisait les classiques. De toute manière, pour passer pro, il faut poser un réseau, des copains pour l'ambiance, une boutique pour le matos, des artistes pour diffuser, de la motivation pour la volonté, une bonne grosse volonté, comme on en trouve qu'une en vie, une volonté qu'on rassemble pièce par pièce, pour reconstruire son puzzle, pour ensuite découvrir un tableau, une fresque, un monde. Ses yeux se projetaient sur sa droite, de haut-en-bas, il n'avait encore rien fait au fond de la mélangeuse. Gérald, Simon, Jule, les filles le surveillait lorqu'il vit arriver un petit au crâne chauve, il jugea : - lui, il a jamais tourner ici, c'est un dépucelage. Le port de la planche minutieux, il se tenait sur le rebord, silencieux. - Tu te boitera ! Quelqu'un venait d'hurler ça, et ça devait être James, toujours aussi agressif, les autres, et surtout Simon, se mirent à siffler le garçon en action. Simon demanda à Vincent ; - Tu le connais ? La compétition prenait place, et beaucoup d'argent à gagner se profilait pour les meilleurs skateurs. Vincent ne répondit pas. Ils se laissèrent grandir, au rythme du funk, attendant que James ne parle à nouveau, pour baffouiller en même temps que lui, exprès. La démonstration de l'inconnu commençait. Dans la maison, Vincent ne supportait plus l'abus de mascarade à laquelle il assistait impuissant. La crise identitaire parvenait à la surface de sa conscience, et tout les conquérents de l'inutile en présence n'arrangeaient rien à la situtation. Il ne savait pas vraiment si tous dominaient leur peur, où si ils ignoraient la matière du danger éffrontément. Seul les voyeurs savaient mentir, parce-que c'était une pure soirée. Rattrapé depuis peu par sa banquière, il ne s'agissait pas d'une course poursuite pour l'inviter à diner, bien au contraire, plutôt pour arrèter sa vie dissolue avant l'interdit. On ne lui accordait plus aucune crédibilité. Pas de travail, pas de skate, pas d'argent. Tiraillé entre deux eaux, Vincent devait trancher, rester caché, où alors passer chez ses parents. La crise identitaire sur fond de crise économique. Personne ici n'avait rien à foutre de sa situation. C'était la règle pour chacun, toutefois les clés ne s'obtenaient pas toujours de la même manière. Vincent eut soudain une bouffée d'exaspération. Posé, il se senti seul. Au milieu de tous, quels liens les réunissaient vraiment ? Une telle différence dans leur art de vivre les séparaient pourtant. Quel joyeux bordel. Julie s'approcha. - Viens, il faut qu'on te parle. Elle était habillée avec un chemisier blanc, et portait une cravate sensuelle avec ses cheveux attachés. - on a les images. - Quelles images ? - Celle des alpes. Vincent regardait Pauline. Elle acquièssait du regard, excitée. - la descente de l'avalanche ? - et bien d'autre. - j'ai été filmé ? Vincent pensait à la bande de l'appartement, James et Kader. Ses doigts palpitaient le métal de sa bouteille. - Mais, vous avez fait comment ? - On peut pas te dire, ton frangin t'expliquera. - Putain, j'ai été filmé ? L'énervement écrasait la bonne nouvelle. Des plombes, faudrait une prison, une vraie, un truc qui met les choses au clair. Ça le rendait malade. Libre, encore, il serait au contest. L'heure tardive, l'argent des droits, l'ivresse, étranglaient sa vie. Son plaisir se négociait, c'était inacceptable. Abusé, face à la situation puérile, Vincent, sans dire un mot, éteignit sa cigarette, mis la feu à sa détermination. Dans ses mains, juste au creux de sa main gauche, là. Autour de lui, sur le canapé, voyant ce qu'il faisait, tout le monde se tût, déjà Vincent n'entendait plus que lui, et se concentrait pour ne pas crier où même hâleter. En apparance, la clope mis un temps très long avant de s'éteindre, comme si sa peau ne coupait pas la combustion. Ça devait brûler. Ça devait aussi être une émotion puissante, très forte, une mutilation plus originale qu'une chute. La sensation apparue, zone de contact entre la douleur et l'audace, la brûlure était-là, dans sa main. Vincent posa le mégot dans le cendriller, puis vida son verre d'alcool en plastique, se leva. Lentement, marcha sans dire un mot. Personne ne pris la parole. Kader était amusé, Marie regardait Eloïse insistement, Julien et Gérald se demandait ce qui lui avait traversé l'esprit. Un inconnu demanda ; - Où il est allé ce con ? - Sur le cul de maman... Kader tenait une grande forme. Vincent venait de le chauffer, quelque-chose chez lui enviait le douloureux point auquel il venait d'assister. C'était maladif avec AbdelKader, son respect envers les masos. - Eloïse, tu trouves pas que ça sent grave la wax ? Marie était une gentille polissonne, et elle ne quitta plus Kader des yeux. - Rien que pour ça, il fait une apparition cinéma...tographique... Gérald se renfonçait dans son fauteuil. - Il est frité, sérieusement, vous avez vu de quoi il est capable ce grand malade ? Quand il est seul, si il ne skate pas, il faut qu'il se soigne. Julie était déçue. - C'est ça qu'on aurait dû filmer. - On devrait lui présenter Yasmina, tu crois pas Kader ? Les energy-drinks étaient totalement surdosés en " libidose ". Quoique, personne ne savait plus si la soirée avait eu du sens, si la diffusion n'était pas inutile, vaine, si quelqu'un n'avait pas déjà palpé de l'os en coup bas. The dawn Les instigateurs avait pris soins de prévenir, ils disparaîtraient au cours de la nuit. Devant Marie, il qualifiait la bête ; - Cette dinde divine pour le héros du bowl ! Simon, circonspect, leur dit : - Soit, le gagnant à un gage ; il va aller pieds nu.. Les faveurs de mademoiselle, habilée en tailleur bikini, charnue et sensuelle, une présence heureuse. Image d'Epinal d'une mode luxueuse, assise à attendre que chacun essaye son truc, elle s'ennuiait ! Tout le monde prévenu, mademoiselle rencontre deux univers, les hommes et les femmes, un choc inévitable, attendu de part et d'autre. Les unes désirants les autres. Il était temps que le métissage opère. Par réflèxe, Gérald lança ; - marie, ... wouho ma', mademoiselle ! eh ça va ? ouais ? tranquille ? Elle tourna la tête dans sa direction, le toisa avec dédain. Elle excitait tout les mecs, visiblement et réciprocité induite. Sans partage. Comme elle, tout le monde ne pensait qu'à ça. Se regarder le nombril, le skate, miroir, miroir, qui sera le plus agile... Elle l'avait bien compris. Pour une femme, cela ne faisait aucun doute, en signe de réponse, elle tira la langue avec un brin d'humour, grimaçant un sourir. Tout ce monde paraissait, se contentant d'apparaître, sans être, vidé de sens. Tout la vidéo prise durant la session en était la preuve tangible ; superbe travail. Après avoir vérifié qu'il n'entendrait pas son timbre de voix, elle répondit ; - C'est Vincent que je préfère..... ! big chill'out deal La disposition des meubles dans l'étroit appartement ne laissait pas beaucoup de place au bon sens. Des affiches de Bob Marley, de feuille de marijuana, une table basse jonchée de cendriers plein, un bang crânien morbide, des boîtes pharmaceutiques et un meuble douteux où des platines joueraient dans l'ombre un enchevètrement percussif compliqué. De la techno hard-core aussi influante qu'une Kalashnikov pouvait l'être au Kosovo. La fille, un petit canon, s'était scotchée au canapé, les yeux arrachés, le sourire absent. Vincent la trouvait nettement moins sexy depuis qu'il avait découvert son intérieur. Elle fumait son pétard, comme on se tient sur un trone après s'être rendu malade. - Dis, tu sais pourquoi la guitare rock revient en force dans les albums grand publique de Daft-punk ? Nan ? et bain, le son n'a rien à voir avec une programation de machine, c'est plus des Tr 909. Son décolté bronzé offrait des battements de coeur interne au caleçon de Vincent. Quelqu'un entra sans frapper. C'était le Rog. - Vas-y, ouvre Vincent. Elle était défoncé et n'avait rien à foutre de ce qui se passait sous son toit, sous ses yeux. Il savait de réputation, qu'il aurait la came si il faisait un joint. Silence écrasant le moindre geste, l'ambiance étouffait. Et la première chose qu'il fit une fois rentré, après avoir claqué une poignée de main à Vincent et roulé une pelle à mademoiselle, était un joint, bien-sûr. Parfait pour les affaires songea Vincent. Avec ce réconfort cognitif, il savait que le Rog se réfugiait dans le plaisir réducteur, subconscient qui le détournerait de sa réalité, humectant le filtre en carton d'une cigarette joyeuse. C'était la faille dans la négociation. Vincent redoutait d'être carotté, un rapt de son argent sans contrepartie. Il songeait ; s'il endauffe, je chie dessus... avec le bras platré, ça va être plus simple. - négoce ? - Rien à foutre... Il collait les deux feuilles en tirant la langue d'un geste précis, vif. - On dirait que tu penses à quelque chose... Elle avait une présence... mais avait dû l'égarer... trop zamal... La transaction fût rapide. Argent contre drogue. Vincent refusa le cône, la mine inquiète et peu rassurée par l'odeur du tarif en vigueure. Déjà fortement imprégnée dans toute la pièce, il songeait à la merde dans laquelle il se fourrait, et aux risques encourus ! Une savonnette d'aya, même d'excellente qualité, pouvait le conduire tout droit en zonzon. Faudrait baisser la tête chez sa docteresse, longtemps. Par contre, sa revente lui procurerait un substentiel bonus monétaire ainsi qu'une notoriété encombrante. L'investisseur averti en vaux deux. Le grossiste pris une pizza surgelée au congelateur, sortit deux bières blondes du freezer et mis la tarte italienne sur thermostat 8. Comme si il était chez lui, si bien que l'appartement semblait n'appartenir à personne. Vincent ne reconnaissait pas le couple, ni leur façon de vivre. Nacional obligad La fille, trop canon, trop télé, demanda ; - Rog, tu fous un scud ? Met du son, steuplaiiiit... Ses tiques de languages, son genre excitait Vincent, et ça se voyait. - Du calme, j'arrive... Rog posa sa bière, regarda la pizza, Vincent, attendant qu'il ne lui parle, attendant quelque chose, le silence était déjà plein. Un appareil savant propulsa bientôt l'appart dans une course éffrénée faite de sample à 170 pulsation par minutes. Rog éteignit la cigarette déjà fumé, attendant son dessert à la tomate, l'origan et le basilic. Vincent traça sa route. Refermant la porte donnant sur la cage d'escalier, l'illégal raisonnait en lui. La pression d'une partie inhabituelle démarrait. Nouveau jeu, sans risque physique, moins administratif. En sortant, la nuit lui offrit son calme. Pourtant sa démarche alourdie d'un paquet de zetla fusionna les pulsations mécaniques laissées plus haut dans l'appart. La douceur noctambule, l'angoisse maîtrisée était un cocktail savoureux, vraiment ridicule. Sa satisfaction éphèmère, lui permettrait de ne jamais s'enliser dans le morne quotidien de l'hypocrisie ignorée. Une personne se foutant pas mal de ses passions monnétique plurielle, abandonna son intègrité à la liberté informatique. Vincent, brisé, blessé sans autre motivation que l'amour, toujours le pognon. Destin d'employé imaginant l'alchimie transformatrice du temps perdu en argent sonnant et trébuchant, son usine se ruine. A la fin de chaque mois, il jouirait d'un crédit supplémentaire en asservissement, gage de survie. S'en est triste à avoir besoin d'un trublion carré, un fouteur de merde. Fuyant toute implication, résignés par cette exploitation de l'homme invisible, la solitude empoisonnait. Littéraire pressé, absorbés par un problème créer par lui-même, accaparé, se détourner eut-été fuire. C'est une prise d'otage. Oui, pour Vincent, cela ne faisait aucun doute. Sa vision claire se précisait dans la fraicheur de sa marche nuptiale noire. Effaçant sa raison d'homme amoureux, un formidable espoir tenait dans ces poches. Symptome New-York, fuir la mégapole, vite, en douceur, sans accro, passer au large et fourguer le paquet. En douceur, oui, en douceur. L'otage userait bientôt du je. Introducing reality Dans la vie, sans passion, rien de grand ne s'accompli. Hegel avait trouvé ça, lui, Romain cherchai plus que jamais l'accès aux compositions harmonieuse entre le beau, son cauchemard, la souffrance d'une chute et un idéal. Il existe, quelque part, furtif, souriant, favorable, célèbre, mais le narateur juge cela inutile, encombrant. L'opportune rencontre se faisait tarder, une coupure d'électricité envoya valser ma colère en mémoire morte. Obsédé par cette réalité, ça me calme. Latiniste pérpétuel, l'absence à ses raisons qu'on ne connais pas. J'avais marché toute la journée à travers Paris, sans destination précise où aller, sans avoir trouvé un spot à concevoir. A proximité de cette place Lyonnaise, un trompettiste jouait assis au bord du ska, accompagné d'un disciple, devant une fontaine. A l'époque je pensai chercher une maison d'édition. Mais le manque d'action rendait taciturne, irracible, transformé. Je cherchai veinement un moyen de libérer mes endorphines, mes souvenirs de fantasmes, capables de lèguer un bien être incomparablement unique, pendant, une quinzaine d'heures. Ça a été une dérive, une déviation avec bonheur et soulagement, être arrivé sur ce banc, là à coté de toi. - J'ai flippé... avec le pain... Elle m'écoutait, attentive comme une étudiante en psy. Nous étions assis sur un banc à une centaine de mêtre de l'église Saint Supplice. Je l'avait croisé alors qu'elle repartait, ou au moins se faire mal, ça éveille, la souffrance. Je ne l'avais pas revu depuis bien trop longtemps. Sa seule présence m'émerveillait. Comme nous étions sur la même longueure d'onde, quelque chose de très personnel, physique et plus encore nous faisais vivre. De ce constat stupéfiant, je regrettai que la police, notre bon sens ne nous embarquent pas tout les deux, à bord de la même galère, prétexte commun pour abuser de notre présence délicieuse. Elle m'écoutait ronronner. - J'ai trop zoné... - Tu as gardé l'histoire ? - la Sorbonne, son hall d'entrée à la bibliothèque est orné de deux sphères d'au moins un mètre de diamètre, contemporaine de Rousseau où bien Buffon. Elle précisait ; - devant l'escalier... - L'une des sphère représente la terre, l'autre marque la sphère célèste contenant la première. Entre les deux, l'escalier à skater ! Son silence tuait du branleur. Je précisai ; - en revanche, je me souviens avoir discuter de l'éclairage des bustes en pierre, les stars moins marrantes. Dans cette scène, j'étais tellement loin du compte, qu'elle ne chercha même pas à caliner mes épaules. La demoiselle préservant sa magie de vaste aiguillière du ciel. Moi, je contenai un style entre le roman et le récit, entre naration et monologue, loin d'Alexandre Dumas. Grivoise et concrête, elle demanda ; - Sérieux, t'es souvent comme ça ? Effroyable. J'étais anéanti par cette remarque. Comment pouvait-elle faire preuve d'un tel réalisme bas de gamme ? En plein rêve, je repris le cours de l'échange, le change de mes rêves vivait une crise boursière sans précédent. - Donne moi le pognon, je lâche mon profil, on arrète ici les conneries. Elle devait être sérieuse, cette Marianne, faisant des avances à la manière dont on abat un arbres. Le timbre amende près à coller la contravention. D'un geste rapide du nez, elle se mit à renifler de façon disgrâcieuse sous l'oeil de mon ouvrage, je trouvai ça plutôt laid. Bien sûr, champagne lyophilisé, sucre glace caramelisé et poudre de perlinpinpin frappaient à la porte. Pourquoi pas vendre de la cocaïne, du crack où de l'héroïne, des pillules de jouvence ou des supers-pouvoirs de Marvels ? Nacional obligad, IRL La session du St Pierre... Je trouvai le boulot d'écrire aussi excitant que de rider. La rumeur s'était répandue par hasard, une équipe de skateurs pro avaient choisis d'exploiter la ville de Besançon. Cela devait être grâce à un ancien qui avait fait venir le team. Deux trépieds avec des caméras, des spotlights, un skater espagnol face à son destin. Destin en forme de bassin fontainier d'architecture post-moderne au rebords saillants en plan incliné, la pierre calcaire blanche marbrée, la bosse du boss. Vingt curieux entourant l'évenement, les minitelistes, Black, Julien, Harry, Simon, James, restaient virtuels, je faisais le lien avec l'histoire vraie. Je figurai parmi les spectateurs. Ses ailes n'étaient pas suffisantes ce jour là. Pas une fois le spot maîtrisé, le bel Ibère se senti chatouiller les miquettes. Anne m'attendait, j'avais pas envie de la rejoindre pendant ce mois d'Aout. Les marches de la gare, pareil. A force de les désirer, il fallait bien que je les prenne dans la face, un jour où l'autre. Alors discret, les autres avaient commencés par waxer au mieux un muret oblique, pas loin de Radio bip et du consulat d'Algérie. Ensuite, ils choisirent le meilleur moment pour passer. Cela compliquait quelque peut la chose. Une voisine récalcitrante appelait sa force de l'ordre pour garder la paix dès qu'un skater se profilait. Le bruit n'était pas féroce, Louis et moi, essayâmes des freinages sous sa fenêtre. La susceptible gardait sa fenêtres ouverte, la chaleur estivale la magnifiait, je bloquai sur le désire. Sauf une fois, où elle ne devait pas être là, j'en profitait pour mixer jusqu'à Annecy, ramassant de l'humilité à chaque relecture de la route. La rédemption de mes erreures, les accepter. Quittant les marches du park et son obscurité, je les abandonnai, ces ambitions de malheur. La brume légère, rasait le sol de deux à trois mètres sous une voute célèste infinie. A la différence de la journée, la profondeur du ciel n'était pas jaugée par le ballet d'avionneurs et ces traînées blanchâtres se confondant avec les nuages. Cette nuit là, la profondeur, l'ailleurs, proche, palpable, le soir obscur des ombres dévoreuses de lumière m'inquiètait par sa proximité. La circulation dormait, majestueuse immobile, la lune illuminait quelques rares stratus, avec la douceur fine, lumineuse, trichant sur sa distance avec moi. Ce spectacle savoureux, calme et tranquille me remplissait d'une sérènité contenue. Le brouillard colorait l'air d'une teinte grise à verte pâle. Dos au corps célèste, marchant silencieusement, un halo se dessina autour de moi. Un arc en ciel nébuleux, sphèrique, étrange enveloppait ma silhouette. J'aperçu un oiseau de nuit virvoletter autour d'une proie. J'attaquai la pente. Trick something out Erable, anatomic, safran, aruba, crescendo, marmara, idaho, kiwi, extase, saphir, evolia, tobago, opium, saneo, feng shui, roller 2 ; ha ! matelas modus roller en 140x190x19 soutien ferme, suspension 299 ressorts 22/10E 2 plateaux piqués sur mousse polyether, face hiver laine, (110g), face été ouate acrylique (240g) Bande piquée, poignée cordières, aérateurs, coutil 32% coton 50% polyether 18% polypropylène. 18500929 18100583 189 sans soldes. Poisse lisait ça dans un prospectus d'ameublement en papier recyclé et recyclable à l'infini, grâce à l'énergie cyclable et clyclé à l'infini, toute relativité gardée, dans le train qui le condusait à l'event, en compagnie de Je. Lui ne quittai pas des yeux le paysage, assis l'un en face de l'autre. Le contrôleur passa, visiblement pressé cependant exant de stress. Bien que le wagon fusse non fumeur, un briquet crépita quelques sieges plus loin. - On essaye de se tenir tranquille au max. On canalise l'influx... - Poisse, franchement...non... Il agrippa son prospectus, regarda Je esquisser un sourir tardif et gradué, puis défroissa le catalogue et se leva pour le poser à l'emplacement réservé aux valises, au dessus de leur tête. - Je suis repassé à l'agence d'intérim hier. - Et alors ? Je s'en foutait pas mal. - Si je suis vivant lundi, je bosse... - T'as pas envie de dormir ? C'est l'heure de la sieste Jee... Décale d'un siège, je me pose... Poisse s'éxécuta. Bascula son sac, Je étendit ses jambes et s'assombrit dans une semi létargie. sub Faire mieux que les autres. Skater au max et poser le meilleur. Attendre. Certains fumaient des bières, d'autres buvaient des buzzs. Attendaient de se montrer. Le Dj brossait le public dans le sens des pulsations. Hip-hop electro rythmé dans lequel Bruno, un speaker branché renommé commentait les meilleurs tricks de borborygmes euphorisés surfaits. L'embonpoint avait usé plus vite que prévu, magnifiant sa dexterité orale. Il était devenu un hasbeen connu, puisque de toute manière lorsqu'il était une star, il était inconnu. La pompe à freak devait se tarire un jour où l'autre, à part ce jour là, ou le père Noël passerait presque pour tout le monde. Attendre. Attendre et encore attendre. Son tour. Observer. Stresser. Monter en pression. Les juges devaient attribuer des points, mais le public lui, attendait du show, du spectacle. Tous les skateurs provenaient de villes différentes, mais aucune reproduction pantographique semblait être en mesure de comparer une même adaptation usuelle. Uniquement les favoris, calculés, pré-sentis, se livreraient vraiment à la compétition. Les autres, faire-valoirs homocinétiques, exploiteraient les modules disposés pour l'occasion, se foutant pas mal du public. Attendre. Le temps s'écoulait lentement. Tout allait très vite. Après chaque run, les riders se congratulaient par un glissé-frappé de la main. Tapaient leur planches contre les barrières. Rider, au top. Empocher le prize-money, et repartir, vainqueur, sans bobo ni égratignure, le cadeau en poche. Les energies drinks avaient été spécialement fabriqués pour l'occasion. Distribués à tout le monde en open-bar, ils provoquaient chez certains des hardeurs sexuelles à l'effet poétique. Charming hardcore married Cet individu à la casquette rouge ne quittait pas son fauteuil d'orchestre. Il faisait des pétards à tour de bras. Ce qu'il voulait, c'était assomer tout le monde et décrocher le best trick, murmuraient certains. Il pensait faire un cadeau, le hollandais croyait bien faire. Il y a tellement de petites tox' que son shit sera vite amortit. Ce qui fût vérifié, car tout de suite, après l'avoir allumé, il le passait à un rider. Ainsi, la perception mémorielle présente sanctuarisait le futur souvenir de réunion. Ainsi, il savait modérer son envie de skate pour être là au bon moment, donner une atmosphère planante à l'évenement. La cuvette débordait, l'électricité atmosphérique scotchait un sourir sur toutes les lévres, excepté Je, investi corps et bien, envers son expression, sa session. En même temps, il subissait les conversations autour de lui. Certains concurrents parlaient d'énérgie négative, ce qui en disait long sur l'apreté de la confrontation. Je n'était pas surpris de cette remarque. Véritable arène de gladiateurs, l'enceinte était oppressée par une sono qui massait les oreilles dans un étau de rap west-coast incompréhensible. Alors que certains n'attendaient que le feu vert pour se jetter corps et biens sur le ring. A fond la forme. Infra bass break Bruno, le speaker de l'espace agrémenté de lunettes de soleil incroyablement star, répetait méthodiquement à chaque skater s'élançant, le même slogan : " Vas-y, c'est à toi, fait noooouuuuus plaisirrr... Fait TOI plaisir ! ! ! ! ! " - C'est qui qui est tombé ? - Hum, c'est Poisse... il me semble. Poisse était un pseudo. C'était son tour. Une identité de poupée russe dans laquelle plusieurs personnes s'exprimaient, dont on ne comprenait rien puisque c'était Poisse. Dès qu'un loustiau semblait cumuler, c'était pour lui. Un nom commun virtuel, une signature collective pour les forums éléctroniques, réservée à certains bas du front. Plusieurs riders en avait obtenu les clés pour chacun le faire vivre, après tout, peu de skater faisaient rêver une foule d'appentis cascadeurs. De cette manière, lorsqu'un nouveau parvenait à rentrer son nouveau tricks, il réussissait l'intégration nécessaire à l'infiltration. Dès qu'un indélicats s'immissait dans une conversation, Poisse serait là pour s'opposer à l'intru. Malgrès tout, il ne fallait pas doubler la poisse au même endroit, au même moment, sinon, la signification n'était plus tangible. Pas de chance par là, Poisse. Un belge expliquait à Je avec son accent et ses expressions locale. - La transmission du savoir-faire, c'est ce qui prime... C'est le pouvoir de la tribue, du crew... Elle n'est pas ouverte aux premiers venus. Tu dois faire tes preuves... Le belge fumait des pétards énormes, bien que cela soit toléré en Belgique, il redoutait les flics civils et les empècheurs de fumer relax. Discutant, assis sur leurs planches respectives, ils observaient les compétiteurs sortir de chaque run, l'arythmétique respiratoire démultipliait ses résultats, les yeux extasiés, parfois souriant. Sueure, sang et eau. Les groupes en rangs serrés sur les estrades ne s'adressaient pas la parole, ni ne se regardaient. Une profonde antipathie se dégageait. Le discours musclé tournait au monologue. Lorsqu'un skater empruntait les airs, glissant sur le relief sonique imaginaire, une prouesse de deux bons mêtres de haut à 7 mètres seconde, Je lâcha sans rien dire ; - yeah.... Durant son vol, le skater Zurichois semblait re-jetter quelque chose d'invisible avec sa main libre. Simulacre de matériel sentimental, lancé, expulsé. Un geste sur le big air, dégage ! On se bat dans les airs... Ainsi atroupés, ils parlaient et riaient. - Je vais le rentrer, double trois-cent-soixante degré, ça va le faire. Pensait Je. - Sept-cent-vingt transfert in grab... - Je, t'es trop chaud... Le ton se faisait protecteur et rabajoie. T'es en train de rêver du résultat avant de te mettre au travail ! Tu plânes... kiffera bien qui kiffera le dernier... Je allait et venait, survolté, impatient et fougueux. Il se frappait les cuisses. - Y a pas moyen, ça va passer... Il répetait ; - je vais le rentrer, vous serez sur le cul... Comme tout skater capable d'un minimum syndical, flip, cinq-quarantes ou au moins trois-six, tail slide, wall-riding, et des holys d'un mêtre. Enveloppé dans un packaging on obtient un skater pro. Une bonne assurance, un médecin, il ne reste plus qu'à trouver un peu de rythme pour les films, verser un cachet. Sauf que, cette fois encore, Je chuta. Furieux, il rejoint le paquet des concurrents ; hurlant, le poignet égratigné, sa planche à roullette abandonnée : - C'est qui ? Hein ? C'est qui ? Le connard... qui m'a marabouté ? Hein ? Où est-ce qu'elle est... cette raclure... Best scream going soon Trop dépité. La vexe. Un échec cuisant. La rage. Tout reprendre, partir en tournée. La préparation à la compétition n'avait pas été favorable, la première mise en situation fût trop hasardeuse. C'est sur le chemin du retour que Je aperçu un flyer. Le ramassant, il lisait une invitation pour une exibition mobile de skateboard à Berlin, Germany. - Trop beau pour être vrai. Il s'assis et réflèchit. La tête sur ses mains, les coudes sur les genoux, le flyer entre ses chaussures pied-bô, le poignet chaud et à peine tuméfié. - ça va encore me couter un saladier, et puis je parle pas Allemand. Des voitures passaient au bout de la rue, entrecoupées de longs silence. La plupart ne transportait qu'une personne, le chauffeur, le son des pneus et du vent en sourdine, les mains sur le volant. Une heure entière s'écoula, sur ce banc. - J'ai rien à perdre. Arrivé à Strasbourg en stop. Il est minuit. Trajet effectué successivement en basket, Xm, Fiesta, Xsara, Sprinter Mercedes, Je monta dans un train Deutsch-Bahn en fraude vers 6h00 du matin. La fatigue pesait, et le confort du wagon lui apportait un certain réconfort. Passé outre-rhin, une contrôleuse Allemande lui demanda de descendre. Mis à l'amende, elle ne parlait pas Anglais, ni Français. Son language était sommaire, ponctué de gestes explicites : - Kommt... Kommt... Elle conduit Je à la descente de Baden-baden. Charmante petite ville, juchée entre la fôret noire et la ligne blueue des Vosges, dans une plaine grouillant d'activité matinale. En Marchant pour sortir de la gare, Je pris la direction de Karlsruhe. Les voitures se succèdaient, sans que personne ne compatisse et embarque le freeboarder. Le ciel était grisâtre. Un van s'arrèta soudain. Cinq femme dans un bus Nissan où Asiatique. Cool. La conversation fût légèrement plus rassurante. Direction ? Berlin. Es tüt mir lie Les filles déposèrent Je à un carrefour de Karlsruhe. Après les remerciements d'usage et l'attribution d'une chance de rigueure, Je entrepris de trouver quelque chose à manger. Une boutique de vieux livres, un deutsch-boulanger, Je entra et réalisa à quel point l'allemand reste chaleureux. Face à l'incongrue situation d'un jeune dans la panade, le boulanger regardant une de ces clientes habituelle, offrit une sorte de gros bretzel en voie de péremption au voyageur. - Fiel danke. Danke schön. Vite englouti, aussitôt sur le bord de la route à regarder passer les voitures. Tout n'allait pas aussi bien que lors du trajet pour les Landes. Au loin un immeuble d'Allianz assurance, et toujours plus loin, Berlin. Oublié la comptétition, restait la découverte d'une ville, le délai de transport semblant compromettre sérieusement la date d'arrivée. Les habitants de la ville semblent se poser quelques intérogations face à la présence de Je. Il est presque midi lorqu'une BMW série 5 s'engage à conduire Je dans la fameuse direction. Le personnage ne semble pas très rassurant, mais se veux courtoit, pratique une sorte d'anglais européanisé de bonne compréhension. Le soleil est de retour. Je à son sac sur les genoux, compare l'architecture des ponts taggés enjambant le ruban de bitume, limitation architecturale de vitesse automobile. Le gars dépose Je qui n'a guère de dialogue, dans un lieu où les camions de transports aux bannières multicolores et aux noms immenses se mèlent aux autos métalisées. L'enveloppe pneumatiscitique sonore hypnotise dans le calme et l'effroi. Une heure ressemble à un moment. Une Golf II s'arrète à la bretelle. De loin elle ressemble à la calandre d'une Bmw série 3, de la même époque. Je semble reconnaître immédiatement un compétiteur du contest précedant. Ressemblance frappante. L'habitacle modeste et peu souvent nettoyée, mais elle avance dans la direction des montagnes. Le paysage est plus valonné, plus boisé. Le trajet avance. La radio berce Je qui n'a plus besoin de sommeil. Peut être a-t-il déjà dormi ? L'absence de péage facilite la tâche. Une complicité de galérien, Je remercie à nouveau son nouveau chauffeur et se retrouve sur une aire de repos, station service, et premiers secours. Le temps de latence entre deux transferts de véhicule se restreint. Une Audi 80. Un jeune chauffeur emporte une corbeille de linge propre et repassé, porte des lunettes de couleurs bleutée, cherche son chemin entre Schvellinghen et Vellinghen. Il s'appelle Häns. Aux faubourgs d'une grande ville, Stuttgart peut être, Je aperçoit l'immense étoile Mercedes-Benz trônant sur le toit d'une usine. Le jeune conducteur pourrait être un co-voiturage pour Berlin, mais il n'est que peu rassurant et la fatigue harcèle. Il finit par déposer le colis, vite fait, aux abords d'une aire de repos. Il est quinze heure, environ. Tout semble tourner en rond. Sans avoir l'idée de faire la sieste, l'azimuté obnibilé par sa route, poursuit l'autostop, se plaçant à la position stratégique du collecteur de sortie des autos. L'endroit est propice à un arrêt, la vitesse n'étant que peu élevée. Erreure. Une mercedes se bloque à sa hauteur. Deux gaillards d'au moins deux mètres en descendent. - Polizei... - merde... Ils ne parlent pas Français. - Papier, bitte. Je devine. L'un examine les papiers, l'autre inspecte le sac à dos. Des roues de skate, le flyer, un paquet de biscuit, quelques fringues, le bonnet fuschia, trois boîtes de médicament qu'il tend significatif à son collègue. Ils sont mécontents, cela transpire de leur attitude. Je serait même inquiet, toutefois, ils repartent, avec l'impression qu'ils lui ont volé quelque chose. Son assurance dégringole dans ses chaussettes. J'ai crû voir mon père, pense-t-il... Quelques minutes passent, lorsqu'une Smart Fortwo s'immobilise. Une fille est au volant. Elle est belle, souriante, blonde foncée avec les cheveux ondulés, semble avoir dans les trentes ans, à peine plus agée que lui. Elle comprend vite que l'anglais sera utile, en descendant de la voiture, elle invite Je à s'installer. Le coffre se suffit pas à tenir son backpack. Il le coince entre ses jambes, et s'engagent sur le bitume. Elle va vers Berlin, travaille dans les arts graphiques, la peinture peut-être. Trop de chance. Son portable sonne au bout de quelques douzaines de kilomètre. Elle conduit en parlant. - Nein, es ist so. Momentan ist das ganze noch auf... - Hoffen naturlich, dass wir in zukunft mehr geld... Ya... - ...wiedermal glück gehabt. Äh, und... Also das kommerzielle haben wir besprochen. Du verdienst nicht viel geld mit dem rundfunk. - Aber ich denke, so ein radiosender ist ja nicht so viel arbeit. - Ja. Ja. Tschuss. Ja. La nuit tombe lentement. Le paysage reste invariablement valloné puis boisé et enfin des parcelles agricoles géantes, le plus souvent en plaine. Des camions transbordent des moissoneuses-batteuses aux allures de casse-tête. Les héoliènes parsèmes soudain le Lander. Leur gigantissime spectacle absorde Je au charme de sa conductrice. A leur vue, il semble avoir retrouvé la vivacité qu'il essainna le long de ses pit-stop. Les monospaces doublant à vive allure la petite Smart produisent un effet d'accentuation tonique dynamque, vers les Avants. Elle semble propulsée par le vent. La précieuse concubine propose, impose, une pause gastronomique. L'invitation ne se refuse pas. Un peu perdu dans les méandres du self service, Je n'a pas plus de conversation et estime désirable la présente compagnie, à la manière de son steack-frite. C'est en sortant qu'il comprend qu'elle est agacée de son manque cruel de savoir vivre. Elle n'est pas de la viande, et il n'est pas un goinfre. Ils sont d'accords. Ici petit Gonzalès La nuit est tombée peu après le passage en station service. Les couleurs blanches et bleutées de l'établissement distributeur à gazoline cachent une curieuse ambiance, ces peintures sont celle du lavage, en France. L'examen de la voiture laisse supposer que les rétroviseurs et d'autres élèments plastiques de la carrosserie semblent lever un questionnement, déjà oublié, reprenant la route. La radio de bord gène un peu Je, intéressé par la musique. L'éclairage du tableau de bord modifie l'image perceptible de Mouïka. Elle ressemble à la mère de Je, qui lui, se tient droit autant qu'il respire le calme. Son excitation et sa lassitude laisse supposer la proximité de Berlin. Le trajet s'apparente à une telle hésitation. Les jambes coincées dans le sac à dos, Je se rappelle le flyer entre les jambes, hésitant, pour partir à cette compétition. - Si on me le proposait au sortir du contest, je refusais tout net, pense-t-il. Hésiter ? Après de multiples prise de précaution, la question apparue. Elle lui demanda ; - Where are you resting in Berlin ? - I don't really know... I'm gonna find some skaters and ask them... I will... Elle l'interrompait, maligne. - Keep it easy, you need to pay your lunch, so, I invite you in my appartement ! Instantanément, elle coupa les phares de la voiture. Le choc fût audacieux. Une seconde suffit à découvrir la luminosité les entourants. Je aperçut un satellite clignoter droit en face de lui. Mouïka ralluma les phares, soupirant ; - The others drivers might become frightened by us, therefor, let's be normal. Quelques kilomètres plus tard, la circulation se redensifiant, la nervosité touchait au but sur la périphérie de Berlin, lorsque face à eux, dressé vers le ciel, un monument, sans doute vestige du mur contre lequel il comptait s'envoyer. Sur un pont autoroutier, un graf énorme, vert, jaune et rouge. Reconnu immédiatement. Piqué au vif, il baissa d'un ton ; - Merde... l'hôpital de Chamonix... Désolé bébé, je ne peux pas rester... Supra manager Débarqué dans sa ville ce matin là, l'agitation et l'odeur saisi immédiatement. Arrivé en train, de retour en France, sortir de la fourmillière et attendre le bus au recoin des rues de la gare et de l'avenue Léon Blum. Recommencer à fumer aurait été plus agréable en tant que citadin. Toute cette promiscuité entre ces personnes, ne les gènaient pas, vraisemblablement. Je avait le sentiment d'arriver dans un bled inconnu, d'être ignoré, ressentait bien, être étrangé à ce monde, où ses repères seraient nocturne pour la plupart. Il retrouvai un graf, peint en bleu sur une façade blanche, " Soul ", senti un sourir s'esquisser une seconde sur ses joues. - ça le fait, songeait-il à voie haute. Les murets waxés, ridés, les mains courantes striées, Je avait l'oeil partout, cherchant chaque indice qui lui permettrait de péchô un skateur sur le flag. D'intervenir en plein one-man-show. Extra renthal -Bonjour ... - Bonjour, marmonna Je. Le quadragénaire stoppa l'aspirateur, sourit machinalement en se relevant, pour s'adresser à quelqu'un de plus petit que lui, peut être parce que son coude d'aspirateur était trop bas pour lui. Il était en pleine forme. Il n'avait plus fait sa caisse depuis une semaine, la clientèle payant exclusivement par carte bleue. - Je peux t'aider ? Simple, convivial. - oui, je recherche une planche spécifique... un noyau composite... Je avait les yeux rivés sur les posters des filles en bikinis. Son directeur le tira hors de sa rêverie. - Les filles... - Ouais, trop belles... des tops... - Tu sais, crois-en ma longue expérience, derrière chaque femme sublime, il y a un homme de goût. Et si elle est vraiment très belle, il y a de forte chance qu'ils soient nombreux. Ce gars avait l'attitude changeante et le caractère fuyant sous sa peau hâlée et son allure gaillarde. Connaissant de part ses saisons empillées les unes sur les autres, toutes les facettes du comportement de l'homo sapiens, il parvenait tour à tour à être admiré, conspué et attiser la curiosité de ses clients, sans non plus s'enlaidir. Se jouant des repères, il n'était jamais là où il était attendu. Au sens propre comme au figuré. Movida d'ell Arte Après une demi-heure d'explications entre riders, Je tenait le job, pour une journée, c'était beau et inespéré. Embauche à l'ancienne... Le deal fonctionnait. Consultant commercial pour skateur machinal. Le boss de la boutique était un ancien wind-surfer, de l'époque des planches à voiles et de la mode du fluo. Ils n'étaient pas de la même génération, toutefois, le courant passait, question de feeling. Cela valait la peine d'être le premier à l'ouverture. Ainsi, Je prenait ses marques de vendeur, observait les clients entrant dans le shop. Le cheminement du regard des clients s'évertuait à glisser sur les mêmes reliefs. Ici, l'étagère des petits objets précieux, donc cher, à sa gauche une penderie de fringues, un coup d'oeil à Je, les yeux sur la femme en bikini affichée en poster, puis le flou artistique. Mais toujours, les clients n'avaient d'yeux que pour l'apparat, tout ce qui brille, n'accordant qu'un vague dédain pour Je ou son patron. Toujours, ce ballet se répetait inlassablement. Chaque personne rentrant dans la boutique regardait toujours les mêmes articles, dans un ordre différent. Une fois dans la place, il fallait réussir à vendre. Au bilan de la demi-journée, Je avait vendu une vidéos de skate. Bien sûr, des petites tox' bloquaient des minutes gigantesques sur les planches et leurs graphismes sophistiqués, voués à disparaître. Il avait prévu de prendre un apéro sur place, à la fermeture. Je et son chef avaient les mains prisent par une canette de bière. Libb arriva. Le genre de rider à être sur la même longueure d'onde, phase pérpétuelle avec tout le monde, mais après que l'on ait exprimé son opinion, toujours dans le sens du vent où de la pente, facile. Mondain et maléable. Laché à la cantonade, il gavait très vite, trop vite. - Et les gars, vous vous souvenez pourquoi vous aviez acheter votre première planche ? Il attendait un peu, et disait encore, emphatique ; - Et de votre première chatte ? - Animal... Tout le monde éclate de rire. Sauf lui ; - et d'une première rave ? In extremis suckers... Une manière remarquable d'intéresser son auditoire. Quelque soit la futilité de la conversation, Simon parvenait toujours à qualifier habilement les filles qu'il baratinait. Leur parlant d'elles, tout simplement, sans chichi. Quel que soit le sujet, rien d'autre à faire que de parler de lui à son interlocuteur, baignant ainsi dans un mièvre sentiment de complaisance. Il avait la classe. L'effet miroir dû au narcissisme actuel, presque plus efficace qu'une supérieure de commerce aux élèves peu convaincus par leurs sous-produits. Plaire par goût. - Je m'intéresse à votre temps libre... Résumait Simon de son attitude séductrice. Du temps libre, il en avait un max. Il avait de l'expérience. Il avait tellement eu de fille dans son lit qu'il était maintenant prit au piège. Plus aucune d'entre elle ne s'intéressait à lui, qui était obligé de rester dans un lieu où elles sont toujours plus séduisante. Marqué au fer rouge, du temps libre, il en avait un max. Revenu le soir, la soirée s'annonçait kick your ass ! Un paf, dans ta face. 20 reuss, pour engager la conversation avec toute les bouteilles accessibles par les serveuses over-débordées, ça risquait d'entamer une soif inextanguible de conversation. - j'vais pécho, y-a pas moyen. Yap a moyen ? Après cette conversation houleuse avec un Libb, expert en téléphonie mobile, Je étais plus saoulé par son incapacité à détourner l'attention d'un groupe de gazelles droit dans son champ de vision, que par les coucarachas et le punch planteur. Et puis le dj a eu la bonne idée de balancer du break-dance. Afro-Rap versus hip-hop. H I P à choper, chaude ambiance, cercle et battle à la mesure du beat. - J'halucinne, le monde de demain... Les filles commençaient à tenir un registre de voie inaudible pendant que les abdos froids des breaks danceurs feraient des surprises aux plus audacieuces. Le Boc, derrière son bar cunéiforme, était tout attentionné envers un groupe cinq où six filles, excitées par le beat, qui hurlaient des sons stridents suraigus à chaque connerie borborygmique gueulée braillarde et paillarde, par sa bonne tronche. Après plusieurs pas de dance, il plaça une bouteille de bière coincée contre son pantalon, dans sa raie des fesses qu'ils agitaient pour en faire ressortir la bière moussante, ruisselante sur son cul. Les groupies n'en pouvaient plus, sa collègue serveuse potiche, aux loches énormes et avec un cul pas banal, trouvait son numéro inhabituel signifiant, ça barde... Libb obtint un programme de décrochage en ligne de téléphone mobile, où comment enclancher le téléphone sans que son propriétaire ne réalise, et ainsi, percer dans la vie privée. Je assistait complice à la transaction. L'amérique commence en France... Arroser ça. Comme tout va tellement vite, prendre le temps, écouter, voir passer, observer, situationnisme quand tu nous tiens ! Des fois ça passait, mais pas là. Passif, immobile donc mal à l'aise, peu commun et inquiétant. Rien ne va plus, faite vos jeux. Du reste, autant aller tracter en distribuant des flyers. Au moins on rencontre du monde en tractant. Illégal skate ascet - Il manque quelqu'un dans cette soirée... Simon était dans son coin de bar en train de travailler à son rythme, si on peu dire ça, car son job n'avait rien d'un travail ringard, servir des pousse-rapière à sa clientèle. Gérald, Kader et Je buvaient des demis de bières en compagnie de Pauline et Julie. La présence de ces copines rendait Je plus prolixe qu'à l'habitude. Il redemanda ; - Il manque quelqu'un dans cette soirée... - Ouai, il manque quelqu'un... Kader se foutait un peu de Je. - Si, vous trouvez pas ? Je insistait. - Qui ? - Ben oui, qui est-ce qui doit nous rejoindre ? Pauline, Julie rentraient dans le jeu. - Je sais pas, regardez, tout ces fêtards autour de nous... Vous les trouvez si fêtards que cela ? On a l'impression, qu'ils attendent... Tous... Quelque chose ou quelqu'un... A scruter dans tous les azimuts, la tête agitée par le rythme... - Ou le petit pois dans leur tête... - Qu'est-ce que tu crois... Ils attendent... euh... - Ah ! tu oui... Ils attendent. Je se décontenu, en mesure : - Le messie, de, L'Open Bar ! ! ! Voilà ce qu'ils attendent... Kader en force de persuasion. - On t'attend ailleurs... Gérald qui n'avait rien dit, écoutait, distant. Le recule nécessaire, pour ponctuer les inepties de son pote Je, il soupira ; - On vit une drôle d'époque... Tous les autres se regardaient, ne comprenant pas pourquoi son sérieux intervenait dans la dérision relative de Je. C'était une fête après tout. Il ajouta ; - D'ailleur, c'est une phrase de sortie superbe... Je vous quitte... Salut ! Sans rien dire d'autre, il laissa tous le monde en plan, quitta le bar en se faufilant dans la cohue des clients attendants l'absent. Il balança un regard de quelques mêtres à Simon, qui le salua d'un geste de la tête sans interrompre sa discussion. Avec cette musique, on s'imagine devant sa télé avec une télécommande à la main, arrogant, on eructe " dégage, connard " au moindre clanpin qui vous ralenti dans cette évolution musicale et visuelle, ballet moderne de la vie civilisée. Gare aux regards appuyés. Dj T-Rex au mix, la reprise de Thriller changea la vie de tout ceux présents ce jour là. Un gros paquet de décibels pour éviter les dialogues morbides et froids. Je faisait une croix sur le language, les échanges verbaux se résumait en mots inutiles criés à l'oreille de son indispensable voisin, la tête incliné pour mieux écouter, la banane, pour mieux articuler. Il voyait bien ce groupe de teufeurs bien " high " sans danser, il se rapprochait d'eux. Ils arboraient des piercings incroyables, sur le buste, au nez, aux oreilles, dans la joue, des écarteurs, feu Spiral-trib's, des marques de ride, un standing de rigueure, de la sensualité... Le dance-floor était comble. Des filles sublimes se déhanchaient avec grâce et rythme, semblant attirer les mecs comme l'ennui respire l'imaginaire. La dance ferait vite place à la trance. Je commençait par se bouger doucement, lorsqu'un groovelift le fit trémousser, débuter un ballet merveilleux, encore ce voyage astral les yeux grands ouverts. Un crescendo organique ponctuait le rythme d'échevellés montés euphoriques, attendues et poussées. Martelés, les métronomiques basses se laissaient désirée pour mieux exploser, imploser et embarquer tout le monde sur le même battement cardiaque. Je ne pensait plus à rien. After-beat-controler Les autres non-plus. Il sentait son corps bouger, bouger, sauter, dessiner autour de lui des gestes catartiques et matérialisés de blancheur belle et grâcieuse, à l'image du coup d'oeil bref et souriant aux autres teufeurs. Son corps atteignait un nouvel état de conscience, une connection cosmique élémentaire. L'audition se déplaçait entre les basses, sa cage thoracique raisonnait. Des médiums sussuraient l'envie. Quelques samples mélodiques onctueux où les tweeters furent découverts par la NASA, hypnotique et pas moins subversif. Le tout idéalement servi par Mr T-rex, en personne. Aucun ne tenait sur le bar où l'on trouvait parmi les consomations un mec en train de danser du funk. Des cris montaient parfois, lorsque le coup de pieds apportait son lot d'effervescence sucrée, bulles transparentes au rayon sexuel dominant le spleen rageur sur-dimensionné portatif. A croire que la house ne connait pas la mélancolie, ni sa fraîcheur de vivre. C'était le cocktail de Simon qui avait nické tout le monde avec sa recette pillule de whisky. Glace pillé, whisky et une pillule d'aspartam. Rien à voir avec l'éternel whisky coca. Il avait deux boîtes de sucrettes, une vraie, et une vraie, avec des extasys. Autant dire que tout le monde était perché pour un bail. Tous n'étaient pas sous X, seulement, leur trance était puissante, contagieuse, tellement communicative dans cette euphorie décuplée. I say rave Un peu plus loin sur l'horloge, ils se retrouvaient dans la bagnole de Gérald, revenu juste pour la fermeture de Je, lorsque la lumière et le silence noye l'ivresse. La nuit touchait à sa fin. Là il dit ; - Tu vois, Je, tu vois... Je t'avais dis qu'on irrai un jour... Ibiza... Il souriait, heureux comme une cerise dans un verre de kirsch, totalement bourré. - Nan... Je ne disait rien, s'esclafait frénétiquement. - Pas assis, dans ... dans ta Seat Ibiza, merde putain je suis malade, je vais gerber. A Ibiza... La vraie. Aux Balèares... Je vais gerber... Merde... Tout à l'heure c'est son remix du " grand bleu " en plein milieu du set, du set, de la hard. De la deep, la house de pédé...le pédé... quoi... ça m'a filer le mal de mer... - T'es sur que c'est pas plutôt les tequilas ? Oh le pochtron... Mon petit pochtron... - J'aurai dû me méfier de son uniforme de paramilitaire sniper. C'est pourtant reconnaissable. Quel con... Je avait la main sur la poignée de la portière, prêt à vomir son trop plein de prémix occidentaux si indispensable à l'aloolémie sanguine. - T'es au jus pour le Rog ? Il s'est fait capter par les flics... Woody fuzz face Voleur résolu, loveur revolu, c'est ce qui risquait d'arriver à force de ne penser qu'a cette même et unique chose. D'ailleur, la vendeuse le lui avait dit ; " voleur tu n'est qu'un voleur. " Juste parce qu'il lui avait avouer ce qu'il intentionnait. Cette réminiscence de western tournait court. Si l'Irlandais Garry Moore avait attrappé la mort le soir où il composa Parisianne Walkways, il se rappellait sans inspiration, Murder in the sky. Toute les avenues du monde seraient propice, mais il fallut qu'il choisisse celle-ci. La rascasse, il fallait se tanner la cuir pour parvenir à s'envoyer ces vingt marches. Comme la gomme ne tenait plus rien, débastillage, back to basics grip. Seul, Je faisait preuve d'ingéniosité, un moyen ; la caméra en plan séquence, fixe, pendant qu'il suçait le bloc de béton précontraint sous toutes les jointures de dilatations. Un bon coup pour faire du blé, pour progresser par magic-trick, des fois que, des fois qu'il rentre. Voilà où démarre l'autoproduction. - " Une autre ! " Secoué mais pas sonné, Je se releva. Seul, en pleine nuit, il était 3 heures du matin, un lundi. La ville se reposait, sauf lui. De certains appartement, une lueure bleueté se distinguait, saccadée de flashs blancs stroboscopiques. Se relevant, il inventoriait les impactes sur son corps ; cuisse, articulation du genou, la hanche, le coude et l'avant-bras ainsi que le poignet. Du genoux, le ligament latéral interne, jonction entre le radius, cubitus et humérus, le brachial antérieur et le grand trochantère au creux de la hanche. La main, le scaphoïde, les amas d'os carpiens ; le pisiforme et l'apophyse styloïde. Un bon gadin quoi. Je vais m'en remettre... une autre... ça fait pas de mal. Je ne se l'avouait pas mais il aimait ces coups affligés avec innocence. Prévenant, il avait pris la peine de porter plusieurs couches de vêtements, ayant peut être la faculté d'amortir et de protéger ses rouades. Rien ne fût oublié au hasard, il avait même choisi avec soin ses baskets, la couleur de son shirt et son pantalon. La mini DV gardait tout en boîte. Le beau gosse avait l'agilité féline, évitant avec style toute blessure définitive lors d'une chute, sommation de fin de session. Il se roulait sur le béton poussièreux avec amour, souplesse et tact, jusqu'au faux-pas. L'impacte lui procurerait ainsi une douleur sournoise et abrutissante, croissante de minutes en minutes. Elle qui se prolongerait plusieurs jours pendant lesquels il se sentirait vivre, disont corps et âme, et son inquiétude gagnait. Retournant au magasin où il hantait l'arrière salle à coucher, son immobilisme accentuait la force réparatrice. Hors service pour un bail. La poche de glace ne changeait pas grand chose. Son tour de poignet avait grandi. Il pleurait. Juste sa barbe de quelques jours lui empèchait de goûter la saveur de ses larmes. De grand dure il apparaîssait extremement fragile, répétant inlassablement, bloqué sur ce triste constat. - putain, merde merde... je suis foutu, j'ai même pas d'assurance... Cherchant à trouver le sommeil, la douleur, ne faisait qu'amplifier son amertume, ruinant son repos. La respiration profonde n'arrangeait rien, il senti des sueures froides le parcourir, ainsi que des nausées. Il était gagné par la fièvre. - C'est pour mon plaisir que je fais ça... Alors si je me détruis durant, c'est même pas la peine. Le médecin oscultait attentivement le poignet gauche de Je. Il n'écoutait pas les lamentations du jeune blessé. - Patientez, un interne va vous examiner. Le docteur se leva, fit un pas en arrière, puis tourna les talons, laissant Je dans le box des accusés. La salle était verte-grise. Une publicité pour un laboratoire pharmaceutique venait d'être affichée. L'ombre d'une ancienne affiche décolorait de son empreinte la peinture. En attendant, ses articulations et ses petits os le faisait souffrir. Après ses chocs, un bandage, quelques manipulations précautionneuses s'avairaient indispensable à sa remise en état physique. Du temps et de la patience. Travailler le relachement. Se forcer à la lenteur. Un délice de fin gourmet, une splendeur Corse au rythme nonchalent, un travail d'orfèvre au ralenti, pour puiser chaque inspiration au plus près de l'air ambiant. Mieux se poser, reposer la bète pour se gérer. Pour les négociations avec sa marque, valait mieux ça. Rossignol de mes amours C'est lors du visionnage, bouche-bée en permanence... L'idée des commentaires lacifs... rien à voir avec Laure qui par habitude heurtait fermement le torse de Je, soulignant ainsi la conversation et l'excitant au plus haut point, les mains contre son plexus solaire. Encore moins le spontanéité pulsionnelle de Nina. Abasourdi par le résultat, Je exultait, fier, mais cachotier. Créer la surprise, ce sera mieux, il s'imaginait déjà... Une vidéo de skate avec une subjectivité théologique... Direction les îles du Taukamalcq, inventées pour l'occasion ; paradis artificiel fiscal où tout devient réalisable... Est-ce que tu talk au mac ? Il avait touché au but, vendant son style, obtenant la signature grâce au film, au clip, et paradoxalement, aussi à la chute. Payé pour skater. Lui qui en était un, il enfonçait piquets, égalait les locaux. De vieux connard, perdu, aveugle et pauvre, pauvre d'imagination, de ressort, d'éventualité... Quel potentiel gaspillé... Se renouvellait, mesuré, visible et gagnant, inventif de rigueure et de sûreté. Ethnomarketing Son clip, le directeur commercial de la marque de ses baskets le trouvait chan-mé... Il avait juste censuré les onomatopées sexuelles en envoyant en lieu et place des envollées lyriques de shredding, la guitare virtuose aériale, à couper le souffle. Enorme. C'est ce qu'il répétait sans cesse. Chan-mé. Il l'avait regardé avec un lecteur multi-effets du dernier-cri, en squattant l'appart backstages du skate-shop, l'ancien skateur reconverti avait aimé la démarche, ce qu'il avait expliqué à Je, un rider qui négocie son savoir faire, appréciait son style, sa fluidité, déjà Je ne savait plus quoi foutre des paires de basket qu'il avait reçu, comme ça, en cadeau, welcome. Very important Fatal weapon Si bien qu'il sentit après quelques jours qu'il était tiré vers le bas par les meilleurs qui sont au sommet, pour mieux renouveller la bétise humaine, réduire le vocabulaire éthymologique, minimiser le discernement, comme pour évider un fruit de ses graines, rendre stérile. De ce constat, Je en venait à se poser la question de quel sommet ? De quelle réussite ou succès ? Vraisemblablement, exterioriser sa vérité devenait un acte politique couteux, ce qui, à l'heure du grand marchandage des informations devenait trop rare, paradoxalement. Elle se déplace, l'élite nous attend quelque part, nous accompagne un peu puis s'évade. L'attraction du moteur. Reste ensuite à être sa vérité. Paraître, une sphère imaginaire, de rêves, fantasmes désirs et voeux pieux, comme une hypertrophie sensorielle orchestrée par les médias, de tous bords, tout les vecteurs frappés par le sceau du grand plongeont vers le néant, l'absence de sens et la fuite de la réalité vers une quatrième dimension. Hauteur, longueure, largeure, et le temps quatrième quantième, ensemble ; l'énergie. Si, de cette fatalité aliénante, Je choisi la fuite, l'exploration de l'influence. Son vecteur. Levier par lequel lui aussi partagerait, ou du moins saisirait, sa part de gâteau, son cachet. Son futur, il l'imaginait, flou, mais différent des standards habituels, hors du cadre dans lequel il ne se reconnaitrait jamais. Ses prouesses faisaient mal, son corps indiquait le moment venu de poser les armes, négocier avec ses blessures, chaque traumatisme ayant une douleur, alors si en plus on lui donnait sur un plateau la reconnaissance futile de son talent inutile, il partirai. Loin, pour le continent Américain. A la recherche d'idole. Des personnalités à rencontrer, en vrai. Le nouveau monde, historiquement. San Francisco, San-Fran-Ci-Sco, you get me, whaou ! You get me. - ... Ouais, j'assure commun, direct... - Allo, allo, Cole ? putain, ça coupe tout le temps...Allo... J'te... tu... - Ecoute, tu veux bien éviter de me raconter ta vie dans tes mails et viens plutôt donc arrèter " The clock-ticking " avec nous autres... - Oh, j'entends pas... euh un mail... OK ! Touching the ground ! En regardant l'avion à l'embarquement, Je imaginait un cliché sympa, mettant en valeur le style et l'état d'esprit de sa nouvelle image de rider, sa " nouvelle communication ", taper un holy sur l'aile d'un bus du ciel, avec la raisonnance du matériaux, la tôle blanchâtre au flex halucinant, quatre mètre au dessus du sol, une planche de plongeoir... comment mieux se mettre en valeur ? Au milieu de cette foule comptée et tendue, liée par le fait d'être transporté à bord de ce même appareil, une hotesse lui demanda ce qu'il voulait boire. - Champagne au décollage ? C'est approprié ? Répondit Je, snob en face de l'uniforme bleu foncé. Sa coiffe dédaigneuse la rendait encore plus bandante, avec ses cheveux blond tirés en chignon impecable, même malgrès son sourire monotone, tarte commerciale. Le vol se stabilisait à vingt-sept milles pieds. La rotondité de la terre se devinait céleste. Je buvait sa coupe médiocre, comme lui, ne connaissait rien au champagne. Du haut de la stratosphère, le globe évoquait ses limites. Citoyen planétaire, John Mc Laughlin le clamait au sein du Mahavisnu Orchestra dés 1976, qui, plus tard inspirait Massive Attack pour leur Blue Lines. Je se sentait à l'aise, malgrès l'inconfort de la seconde classe et les torsions flagrantes de la carlingue. La proximité de l'espace agissait sur son détachement, la terre est tellement peu de chose, de ce point de vue. L'étroitesse étreint l'homme moderne, vivement l'odyssé de l'espace, éspèrait-il. Son vis-à-vis le saoulait, grave, de remarques en interrogations. Il dénigrait une photo de skater dans la presse quotidienne qu'il feuilletait négligement. - Tout ce business autour des mode de vie, de la glisse, on sait plus où est le sens, c'est, en général... les magazines, les films... toujours identiques... toujours inutile... toujours toujours, toujours, tout savoir. Je, sur de son argument, saisi un page où une photo figurait en plein, puis posa la pointe de son stylo. Il dit alors ; - Moi, je suis sûr de rien, quoique... Le stylo tournoyait entre son index et son majeur, puis, la bille flottante roula sur le papier. - Un ecrit sur la glisse, c'est ça. Pendant qu'il prononçait ces mots, le stylo traça une courbe onduleuse... Doucement, puis déborda de la feuille, le crayon traçait désormais sur la tablette du siège une sorte de signature... son voisin trépigna, la conversation pris fin sans conflit, avec une gentillesse dénuée d'animosité. Le voisin émerveillé par l'ingéniosité culottée dont il fît preuve, resta jaloux. Je plia la feuille, la transforma en petit aéronef, hésitant à le lancer. Son voisin choisi un dvd dans le mini-écran-personnel. Il ne se retrouvaient même pas dans les lieux communs, alors qu'ils étaient tout les deux là où prend place toute la météorologie partagée. Ils n'échangèrent que des banalités incomprises jusqu'à l'atterissage. Durant le vol, ses pensée se choquait au rythme des sons produits par tout les autres passagers. Un choc violent lui apparût. Du brouaha, l'espace publique audio traduit son inquiétude. - Comment est-ce que je peux exploiter la montagne, la mer, des élèments qui sont la propriété de l'état, de chacun, de tous, et être en même temps pro-privatisation ? Il soupira trop fort et attira l'attention d'un quadragénère deux rangée de sièges plus loin. La lumière du témoin de ceinture au plafond indiquait le passage d'une zone de turbulence en s'allumant. Je perdit le fil de sa réflexion. Dollard-des-Ormeaux Dans le hall cosmopolite des avions à l'arrivée, les tee-shirts et bermudas des mexicanos contrastaient avec les cols roulés des européens. - You are under arrest, wildboy... Il lui tint un flingue imaginaire, puis ouvrit les bras en signe de bienvenue. Cole avait toujours de brillantes entrées en matière, tout comme ses cheveux gomminés. Ils se firent la bise, tour à tour, se frappant les bras. - és, tu t'es fait piqué par une guèpe ? - Et toi t'as arrèter de pisser dans ton bain ? - Ça fait plaisir de te voir couillon, - Ouais, depuis le temps que les serveuses des foufounes éléctriques nous attendent, allons s'en jetter une derrière la cravate. Tu sais que j'ai plus changé de planche depuis des mois ! Les retrouvailles avec Cole-Rock Billette valait la peine. Lui qui s'imaginait que de fredonner un riddim, influençait toujours les pouvoirs du subconscient, comme des cartes aux trésors, les recettes secrètes, les histoires à dormir debout. L'humeur aiguillée. Gold c'était " un peu plus près des étoiles " écrite par des alpinistes, mais au lieu de monter en altittude, il aurait suffit de chercher de l'obscurité ! Comme si Buzz Aldrin chantait " fly me to the moon " dans l'escalier du péron de la sucursale de astronautes. Son accent Québecois marquait avec réalisme sa venue sur le sol Américain. Je devait bien admettre qu'il vivait un instant magique, se retrouvant à Montréal, downtown ! - Tout d'abord, on va quitter Dorval pour retourner chez nous... Descendont Sainte Catherine... Cole conduisait le pick-up Chevrolet délavé sur les highways de la périphérie Montréallaine. Découvrir ce monde nouveau nettoyait Je de toute la pollution mémorielle d'images inopportunes. A des instants clés, sa gourmande dérive cognitive fût balayée, up-to-date. Pour en finir avec les déviances de prise d'information européenne, en finir avec une compréhension éronnée et distordue, influencée et subjective, automatique, dictée. Nec plus ultra à la vitesse d'appréhension des exposants troubles, un environnement neuf, salutaire. Tout était nature à émerveillement. Il ne se passait pas une heure sans une nouveauté. A force de sans cesse donner du sens, Je se senti comme soudainement Français, Européen, névrosé, paranoïaque et sauvé. Dans le burn Downhill au Mont Royal. D'emblé. Monter par Snowdon, Camillien Houde puis rencart face au cimetière. Ambiance. Parking un peu avant le col. Remonter deux cent mètres, puis attaquer le passage d'entre-roche, petite cluse avant un grand droit, plongeant à bloc dans une épingle gauche avec des voies élargies. L'arrivée se fait à la station de métro Mont Royal. Ces Canadiens, Québècois, à jouer au foot Us, ils deviennent tous des musclors ces zézés, Je était impressionné par leur corpulence de gliadateurs. Un premier ride qui envoyait fort. C'était sur la route de l'appartement où Je résiderait. Alors autant la skater. Je répondait à Cole ; - Comment ça un syndrôme " Peter Pan " ? Une gageur d'être ancré dans l'époque, tu veux dire, géronthocratique... - Une marque de skateboard coté en bourse... là je te suis, Je... Les yeux fermés... Une silhouette s'approchait du pick-up Chevrolet. - tu choisis quelle planche ? - je sais pas. Je regardait pas les planches, il examinait les gommes et leur usure avant de choisir. - D'ailleurs, voici un Swiss Featuring, je te présente pas... je connais pas encore la réponse à... - Mon nom ? Fringuante Côte-Vertue Dès qu'elle est arrivée sur le park, il s'est mis une boîte. Pour saluer, comme il se doit. Tout fou, Cole s'envoyait en l'air avec une désarticulation que beaucoup n'essayaient même pas. Souvent il se ramassait misérablement, mais pas cette fois. Il réussi un trick improbable, une sorte de back flip twisté, les autres se sont regardés interloqués. Le skate touchait le sol avec trop de verticale comme si il partait pour deux tours, sans assez de hauteur, avec suffisament de vitesse, il glissa, puis, plaqua en souplesse. C'était rentré, engageant une courbe, il avait passé n'importe quoi, puis était déjà près de Darren, en train de lui rouler une pelle. Je tenait la caméra bras ballant. - Une séquence comme celle là, on vendait ça trop de pognon ! Mais Cole, lui, s'en foutait déjà, la meuf, c'est ce qu'il kiffait. Darren était pro-cool, blonde, streap-teaseuse, enfin danseuse, dit-on au Québec et aussi étudiante en morphopsychologie. Cole était accro, visiblement. Ils ressemblaient tout les deux à un frère et une soeur qui auraient du sexe en commun. Installé depuis une dizaine de jour, Je profitait d'un appartement de dépannage, où Cole vivait parfois. Ils passaient la majeur partie de leur temps à skater, tout, partout. 50,000 dingo can't be wrong Les trois sur la verticale. Personne parlait. Epoustouflante animosité. Deux skateurs, Cole et Je, un roller. Tour à tour, ils s'élanceaient dans le yoyo. Le combat se résumait à d'hônnetes plongeont dans le barrel, gestes héroïques et bravards. Tous étaient assez concentrés, et aucun ne lachait le morceau, donc ça durait. Le ballet s'harmonisait : départ, le drop. Pomper un peu sur le flat, easyturn, repomper en plus " tight " mais pas trop, parce que la vitesse est déjà présente, premier trick ; 3.6, où cent quatre vingt minimum. Virage, puis on remonte, au suivant. Le gars en roller passait face au skateur, distillait son agressivité. Ils ne cessaient de poser des mines terribles. La barre était haute. Il fallait du sang. Exigeante rampe. Cole et Je suivaient. Full brelan dames disaster. Un autre skater, Mance, venait de les rejoindre, il se ramassa, juste en montant les marches qui accèdaient à la verticale. Je prononça quelque chose ; - Les couilles, l'audace, ça se trouve pas dans des tous les shops. Casse trip, le mec lourd et chiant au possible... Cole donnait aussi son avis ; - Mance, veux-tu, dégage... Avec ce souffre-douleur, Je se sentait enfin comme chez lui. Sur son territoire, à l'aise. Seulement, Mance ne portait aucune attention à eux, n'avait aucune protection, et s'apprètait à s'envoyer dans la verticale en balbutiant quelque chose d'incompréhensible. Grevious ankle Pour gagner plus de hauteur, il monta sur la rembarde, surplombant la rampe. De ce promontoir, l'quinquin en équilibre se jetta, et se ramassa aussi soudainement, cogna la tête la première. Il manqua son drop. Enfin, il le replaqua, mal, et n'eu pas le temps de rien calculer. Il bougeait plus. Quelques millièmes de secondes se sont écoulées avant de réagir. Un laps de temps où, absent, la surprise tenant son aboutissement, l'espace se remplissait d'une incongrue maladresse, étoufante et pétrifiante. Je et Cole venait d'arrèter de vivre, voyant le corps s'enfoncer aussi vite, aussi fort, une poignée de seconde trop lourde, critique. Du sang apparu en quantité sur la surface de métal. Il semblait provenir du crâne de ce mec. Un massacre. - Merde... Je était grave, son inquiétude se lisait sur son front. - Eh ? Oh ? Il l'arranguait, redoutait de piger la scène. - wauho ? t'es là ? Cole senti toute sa chair, toute sa personne et sa présence se pétrifier. Il se tourna vers Je un instant. Une pesanteur vive, sourde s'abatait sur eux. - Cole, descend. Je laissa son skate, fit un bond vers la corps gisant devant eux. Il n'avait jamais vu tenir un coup pareil. Le bougre de Cole appella Mance, il le connaissait, l'habitude de l'apercevoir sur roulette. Je compris immédiatement. Il redressa la tête pour gueuler à l'aide. Ensuite, il s'adressa à Cole, grave et violent, - Je crois qu'il vient de tomber une frontière, fonce prévenir des secours. Dans une situation semblable, il pensait malheureusement aux priorités. Une trentaine de secondes écrasèraient Cole et Je, tout en gardant son sérieux, souriait à ce gagnant de la boîte de sa vie. L'autre gars en roller avait pris la fuite. Street vs Vertical Theory L'enterrement, le funérarium, Mance... Une semaine après l'évenement, revenir skater avec la planche du mort était presque normal. Cole l'avait gardé. Ses roues étaient blanches, superbes. La rampe fut nettoyé, mal lavé. Il restait une tâche de sang nettement visible, comme un tag maladroit, rougeâtre, autour de l'endroit où le corps de Mance gisait. Un tel wobble saisissant dès l'entrée, broyait tout sur son passage, et en trois dimensions. La nouvelle star avait fait le tour du monde, à titre posthume, une rumeur d'un parc mondial. Cole ne passait plus rien. Il ne faisait plus que croquer des pastilles " ça stimule, sinon j'perds les papilles " disait-il. Bas du front, encore sous le choc, il lui fallait pas moins d'un nouveau spot à skater pour se relever. Quoique Cole aimait bien porter le deuil, ça lui allait comme un gant, aussi bien qu'un costard. Slack free ride Quelqu'un avait déjà balancé un nouveau graf contre le mur de la rampe. - c'est le disclaimer... Il est là pour mémoire ? Cole connaissait l'artiste peintre ayant commis le tag. Il répondit à Je ; - Tu pourras aller te faire tatouer sur l'avant bras ton numéro d'assurance santé... Tu crois quand même pas qu'on triche ? Je, tu sais comment faire une vidéo de skate board ? La caméra toujours en angle de manière à déformer les proportions de hauteur, slides où rotations, encore que pour les rotations, et les flips, c'est difficile de faire capoter le public... Et puis les séquences, enchainées assez vite et assez nombreuses pour ne pas laisser le temps de réaliser précisément... La supercherie et rentable ! Le tout, sous couvert d'une sous-disante vision " street " artistiquement narcissique et auto-satisfaite... Un amateurisme passionné, diletante et perfectionné dans sa livrée. Chriss' on pourrait même dire phagique... Cole tenait ses mains devant lui comme un Italien gangsta, ses mains paume tounée contre lui, les doigts bouillants. Ses jambes légèrement flèchies, il marquait de vifs spasmes circulaires avec ses pieds, tâtonnant comme sur un grip. On retrouve un peu ça dans l'industrie des films pornos ? La musique, c'est plus complexe. Et puis, dans le ride, cette pseudo liberté, poésie rebelle, cette énergie, au fond n'alimente-t-elle pas elle-même le système ? De leur dialogue semblait naître une sorte de cauchemard, l'un tenant la position de l'autre, alternance pondérée, bruillante et trompeuse. Ils devenaient l'autre et son contraire. - Remarque, on s'y retrouve pas mal, non ? L'avantage, c'est d'avoir autant d'échanges sur nos vie, le recul de ne pas avoir à faire de photo de ses aventures ? Tu sais ce qui me plaît ? Le shape de nos quotidien ; le stylage, la finition du détail, de fringue, d'expression, d'haleine, l'art contemporain vivant ! L'expression sublime d'incarner une pensée, dans une vibe, sentir la vitesse de l'air dans son visage, glisser, voler... Traduire l'immatériel acte du déplacement, dédié. Une danse de boy-scout au royaume des dieux, Cole... Au royaume, des dieux... Au détour d'un shop, Je remis la planche aux objets trouvés et fortunes de mers, posée sur un muret, au soleil, souhaitant bonne chance au repreneur. Déjà, tout était oublié. Skate-lag stylin' Le meilleur grip. Utiliser une sorte de glue pour que le skate colle à ses baskets, bonne technique pour le street. Vraiment plus efficace que les crochets, invisible à voir. En plus c'est redoutable sur les vidéos. Une astuce ingénieuse, ça va cartonner ! tout les holys rentrés ! tout les sauts assurés ! A peine imaginé, que déjà, de la glue blanchâtre s'agglomèrait sous ses baskets. L'inventivité dont faisait preuve Je n'avait d'égale que son impétuosité à foncer tête baissée sans grande anticipation, une fois de plus. Seule l'expérience primait. Une sorte de revers à sa médaille. Dans l'action, il était sans conteste meilleur que dans la réflexion. A chaque fois, son crâne se plombait, sans grand résultat. Cela faisait partie de son tempérament. Sur le park, il était maintenant ridicule avec sa glue sous ses chaussures, sauf qu'à partir de ces erreures, souvent une vérité s'offrait à lui. Un jour, il chercherait à prévoir l'imprévisible. Je était très en verve, grâce à l'alcool et à la marijuana, il racontait n'importe quoi, l'imagination en perdition. - Une montagne, immatérielle trademark, avec copyright, vivante, changeante. Le système commercial, une légende pour attrape-coeur de rêveur, une légende qui en son sein, dissimule un trésor pour qui saura la comprendre... Je hurlait de bonheur, après s'être livré à sa fine analyse... Juste un cachet tout au plus, pour skater en portant une paire de basket modèle prototype... - Voilà pourquoi et comment le marketing post moderne se teinte d'histoires légendaires ! ! Cole, c'est pas la classe ? Une multinationale, faite d'Hommes, c'est comme une montagne, elle à une histoire, une force, on la contemple où on l'escalade ! - Heureusement que grâce au web, j'ai pu rester en contact avec toi, Cole. - Tu sais Je, c'est compliqué... Cole était embarassé, lui qui ne faisait preuve d'aucune compassion, il étonnait Je qui s'emporta. - Un tel outil tellement sous utilisé, tu te rends compte du potentiel d'internet, d'étude, d'échange, de décision populaire ! Au lieu de ça, c'est à croire que lorsque l'on prône l'incommunication, tout le monde fait le silence. Même contre-pieds avec le pétrole, les low-coast font flamber les réserves au lieu de trouver des alternatives. Il était franchement énervé, ça se voyait, aborder le sujet lui faisait atteindre une fébrilité touchante, exaspéré et presque émouvant. Plus personne ne l'ouvrait, il continua : - Et si ça risque pas de creuser un peu plus le fossé des oppositions. De ceux qui décident de croire en la réalité face à ceux qui en sont démissionnaires ? Il faisait de grand gestes avec les bras, dessinnait des sphères multimédias... - Il est trop chelou ton web... redescend... - Regarde, la réalité, la vraie, c'est pas la télévision, c'est ce que tu trouves dedans, vraiment. Ce n'est parfois qu'un ailleurs imaginaire. Fantasme et spéculation, nous revivons au temps des légendes. - Je, on est pas au moyen âge ! Darren, positionnée en antithèse, se jouait de son coup de gueule de science politique, mûrement réflèchi par ce cachotier. - Prends l'exemple des candidats, à n'importe quelle éléction, pourquoi décourager les bonnes volontés ? Tous devraient participer à la grande engueulade du pouvoir et de l'intérêt populaire... Il s'arrèta, personne ne broncha ni n'ouvrit la bouche, soudain il rappella à lui-même, mal à l'aise par sa connerie crédible parce qu'un brin désabusé ; " pourquoi décourager les bonnes volontés ... merde... " Je quitta les congrèssistes au milieu duquel il venait de réaliser son " coming-out " de slamer politique. Etrangement, il se sentait comme après avoir fait l'amour avec lui-même. Cette colère ressemblait à un élan onanique à la jouissance capricieuse. Il fallu qu'il parte, bien sûr, il ne tenait plus en place. Se couper un peu du monde, prendre un peu d'air sur terre. Avec sa planche, il se déplaçait maintenant sur la grande ligne droite de Sainte Catherine. Une rue de plusieurs kilomètre. West straight edge L'habitude de Je à se laisser conduire mentalement, par ses voeux et ses craintes. Pendant qu'il marchait, jettant quelques coups d'oeil aux passants, il ruminait. - Impôt sur le skate board. Après avoir utiliser la ville, la ville me recycle et m'utilise à son tour. Pas de direction précise, j'avance au hasard de quel feeling ? Parfois une jolie fille, quelque fois la coordination des feux, les commerces et les détails rencontrés faisait marcher Je dans toute les directions. Le temps passa. - Tient, une Corvette Sting Ray... Oh ! La classe, être attendu comme une star un peu partout, faire le show, véhiculer du sens, des performances, de l'émotion, emouvoir, oui. Briser le silence, occuper l'espace et le temps, s'afficher... Je se perdait en conjecture, et dans la ville. Il était en plein trip. Son imagination prenait le pas sur sa perception de la réalité. Sa réalité. Il fuyait. Comme un lâche, attiré, inconscient. Il s'en rendit compte lorsqu'il apreçut un mec, en vélo qui faisait une mine colérique éblouissante. Avec effroi, il avait appris à encaisser les mauvaises nouvelles. De cette manière, il en avait pris l'habitude, il laissa retomber ses épaules, se redressa un peu. Ralenti son pas, ce qui lui semblait faire un effort. Il senti les battements de son coeur, inspira, son sourir s'effaçait. Après une vingtaine de secondes, il se resaisit. La colère montait. Abusé, bercé d'illusions, endormi de rêves, calfeutré d'ignorance. Le besoin de se défouler pointait, et pas un muret à slider. Il accrochait la charrue avant le tracteur. Il empoigna son skate, se répèta à voie basse son confitéor : - le travail, le travail, le travail... A l'angle des rues de Saint-Denis et de Sheerbrook, Je remonta vers le nord pour rejoindre l'appartement où Cole lui avait proposé de vivre. Je était fatigué de sa fugue dans Montréal. Son intime conviction le poussait plus que jamais à agir. Il regardait les noms des rues, même si il avait repéré l'adresse grâce aux maisons du quartier. Rue Berri, rue Saint Hubert, rue Saint Christophe, enfin rue Saint André. Il était arrivé. Le coup de speed de la fin d'après-midi dura jusqu'au milieu de la nuit, il puiserait dans sa volonté. Swinging Schaksampa Le quartier était calme. Quelques fois, une sirène à la mélodie hollywoodienne éclaboussait la tranquilité ambiante. Je regardait souvent la planche de surf ornant le mur du salon. Un simple rideau le séparait de son coin chambre, l'appartement s'étirait sur sa longueure. Après la mort de Mance, il voulait prendre du recul. Ainsi, il partait surfer sur les linéaires d'un supermarché, se laissant balader entre les rayons, et ce que la vie économique disposerait comme victuailles. Des croustilles, du jus réfrigérer, du riz bistrot, du beurre d'arachides, des pretzels, de l'orange sunk, des pommettes, de la soupe Campbell à cause d'Andy Wharol, du Kool-aid, de l'herbamare, du Montain Dew, des nouilles taxables, du V8 splash, des steakettes de veau, du maple sirup, des Molsons Dry et, pour rire à table, du " blé d'inde " - Je, tu nous a acheté du blé d'inde ? Tu dois être conscient que ça fait bouger le péristaltisme en masse, alors bonne chance pour les tentatives de cruise... Prout Prout ! Darren s'esclafait en regardant Cole. - C'est vraiment, kétainne, de nous faire manger du blé d'inde... des épis de maïs... Je vais les faire cuires dans la marmitte. Cole avait invité Darren. Ils était là tout les trois. Dans l'appartement, Cole, n'avait d'attention que pour Darren. Je la trouvait désirable aussi, sa plastique incomparable en faisait une égérie jalousement admiré. En ride, la loi tacite de ne pas porter de protections, de pads, atteignait la ridicule obligation de s'engager dans une forme imprécise de médecine acceptative. Il pensait à ce principe tout en écoutant Darren sonoriser l'appartement avec ses ustensiles de cuisine. Cole surfait sur le web et fumait du pot qu'il passait ensuite à la cantonade, attendant de diner. Il adressait entre deux clics de souris des regards aux hanches de Darren. Je la croisait, les yeux dans les yeux, lorsqu'ils se retrouvait face à face. Elle, avec ses cheveux ondulant en longues anglaises brunes presque noires, avec des yeux verts assombris par son visage caché sous la souplesse de ses mèches, souriait tendrement. Le bas de son dos laissait apparaître un tattoo tribal symétrique, jonché des dentelles de son string apparaissant au dessus de son pantalon taille basse. La streap-teaseuse était une amie de Cole. Lorsqu'elle revenint du travail, et gratifiait les garçons de détails impudiques. - Un blow-job d'école. Chrissement bien. J'ai réussi à le tenir près d'une heure. Elle était si belle qu'ils en oubliaient de ne pas donner ses sordides détails qui font partie de la vie sexuelle de tous, ou presque. Cole et Je se défiait. Bières, joints, l'un d'eux finirait par enterrer l'autre. Le temps passait sur la confrontation, accumulé de substances, si bien qu'à la fin, le shit du zamal enivrait le trio. Trop à l'ouest, cré-ka. Les personnes devinrent floues, le dialogue impossible, la peur, malsaine, celle qui panique lentement, embrumé, englué lamantable. The Candy Snatchers Return to School... - Pourquoi les Québécois surnomment leurs petit ami un Chum ? Centre hospitalier universitaire de Montréal, CHUM, ils ont compris l'intérêt du sex dans l'équilibre biologique de chacun... Ton meilleur moyen de rester jeune ; tomber en amour ! Pendant que Je expliquait sa vision européene du C.H.U.M il mimmait avec attention un mouvement de va et vient du bassin plutôt... mécanique, debout entre la table basse du salon et le canapé. - Contagious Highly Unwisable Man, c'est ça le mot juste, ajouta Darren... Il devait être maintenant près de 4h00 du matin. Les bières, le whisky, la marijuana et l'abus extravagant de ces substances conduit soudain Cole à une étrange réaction. - Je, vient avec moi à la salle de bain, je dois te parler. Je qui n'avait pas bien saisi leur termes d'occupation des lieux, suivit Cole. L'attirance réciproque pour Darren ne tarda pas à compromettre sa présence. Je se trouvait attiré irrésistiblement, elle abusait de la situation, sans qu'aucun des garçons ne le comprenne. Cole menaçait ; - Lequel d'entre nous dort ici ? - En plus t'en rajoute ! tu pousses un peu non ? Il se saisi d'un joint à demi éteint, coupable... Je pris du feu, tout en scrutant les produits de beauté posés sur la vasque marbré. - Tu sais, je te loge ici, sacrement, Je, je crois qu'il faut que tu quittes l'appartement pour le reste de la nuit. Cette fille est avec moi, maintenant, trouve toi un squat downtown et oublie moi quelques heures, tu veux-tu ? Je s'agita, oppressé, saisi son bougnat de laine synthétique fuschia sur le buffet de la cuisine, puis fit un signe à Darren. Elle lui répondit sommairement ; - déhambule, passe près du Living, ou alors, remonte Sainte Catherine... C'est pas du bobard. Elle agitait sa main pour lui faire signe. Je savait plus trop quoi dire, il était puissament explosé, le temps suspendait son court, il saisit l'intervalle. Obéissance marginale. Il eut un flash, un peu, une sensation terne et fun à la fois, la main saisissant la poignée de la porte de sortie. - Je vais aller faire la sortie des discothèques, trouver un bar d'ouvert en after... - Hey, Je, pantoute-pantoute ! Elle acquiaissa, assurée de s'en débarasser. Frigid disrupture Sorti de l'appart, sans direction précise, sans démarche précise, les paillasson voisins étaient sâles. Si il avait pu penser squatter le hall d'entrée de l'immeuble, sous les plantes grasses de l'entre-sol, il l'aurait sans doute fait. Une fois dehors, la fraicheur de la fin de nuit s'offrit à lui, clémente, délicieuse, abondante d'air vif et léger. Sa défonce trouvait là un puissant remède. Je déambulait dans les rues de Montréal, quartier sud de la ville, comme l'on visite un musée, une zone résidentiel où les immeubles middle-class ne possèdent que trois " floors " avec ce classique escalier de façade pour le premier. Ses idées accumulées n'était que le fruit des passages de voitures, camions, piétons qui pouvait troubler son subconscient et le faire réagir. Toute la ville le conduisit inéxorablement, là. Downtown. Le quartier était tranquille, Je était un peu perdu. Les grafs anciens, les courts de tennis résidentiels raisonnaient du bruit absent et singulier d'un passing mollasson. Les rues étaient vides. Il était 6h30. Sur Sainte Catherine ouest, la vieille ville à pied, au lever du jour. Les camions de nettoyages arrosent les rues à l'heure où Je aurait dû prendre une douche tiède. Un touriste standart, regardant au hasard des rues les immeubles de la Sun corporation où des comptoirs fluviaux, du tribunal. Déambulant ainsi, il distinguait les traces de wax laissées par quelques intrépides éffrontés aux pieds d'immeubles séculaires, dignité de puissantes générations de travailleurs. Erigés d'une telle manière, qu'aucun ne puisse trahir leur immortelle volonté. Juste cette inscription posé à la craie, sur une colonnade de pierre taillée, comme un camouflet irrévérencieux : " Hint, will never die " Quel sentiment l'étreignait maintenant, seul, sous l'impression de curiosité d'un matin extraordinaire, ces gens qui se croisent mais ne se regardent pas, se frôlent mais ne se touchent pas, vivent avec leurs semblables et ne se connaissent pas. Ou croient se connaître et se ressemblent trop. En perdition, Je s'engouffra dans une station de métro, et s'engagea dans une rame. Les stations s'enchainaient. Mont-Royal, Sherbrooke, Berri-Uqam... Lionel Groux, Lasalle et Monk. Monk annoy stylin' Plus tard, bien plus tard, la station de métro Monk, sous prétexte qu'elle portait le nom du jazzman, " Thélonious Monk " attira l'attention du somnambule. En sortant du wagon, un escalier ouvrait un hall de presque trente pieds de haut, lorsqu'apparaissaient deux statues de bronze. Silhouettes étranges et filiformes d'ouvrier à la tache, labeur pelle et pioche dans un décombre d'harmonie, de gammes lydienne, frigienne, myxolidienne, de si-bécar dièse à la pentatonique majeur en La 435, des thèmes obsédants de Monk heurtait l'imaginaire de Je, une rame de métro brisait le silence épystrophique à intervalle régulière. C'est au détour d'un parc grand et verdoyant où Je zonait, près de la station d'Angrignon, à vingt minutes de marche, qu'il aperçu une bonne rampe, au milieu des érables endémiques et des pelouses arrosées, une place sur laquelle tronaît une rampe, tagguée et graphé par un bon nombre de hieroglyphes compréhensibles comme autant de pulsions canalisées, aux couleurs vives et éclatantes. L'inconscient de Je agissait à merveille si bien que son comportement lui échappait quelque peu. Il s'assit sur un banc, à proximité de la rampe. Il se mit à parler seul, en regardant les skaters imaginaires se défouler. L'agrément d'un désordre sévère. La journée commençait. Je s'installa pour profiter du soleil levant, attendant que l'on vienne s'immiscer dans son champs de vision. Après le ballet des joggeurs, des employés aux espaces verts, des mamies promenant leur chien, le temps passait irrémédiablement. Je le savait puisqu'il somnolait quelque peut, évaluait l'heure approximative d'après la course du soleil. Chaque personnage suivait son propre destin, et Je contemplait ce déterminisme avec une avide ironie. pay per view appliance Il devait être près de onze heure lorsqu'un jeune homme arriva sur la rampe avec une planche sous le bras. D'environ vingt trois, vingt-cinq ans, il se mit à skater. Je le regardait. Il portait une casquette kaki, avait des cheveux courts soyeux et la peau laiteuse. Son visage inspirait une jeunesse flamboyante. Sa barbe était rasé en pointillé... Il était agile, stylé. Il évoluait dans un enchaînement de figures remarquables. Je sifflait où gueulait à chaque performance. Au bout de quelques aller-retour sur le pipe, le performer stoppa, et se tourna vers Je ; - Eyh ! Cheer-me-on... Tu voudrais bien te taire...S'tie... Il remontait la ceinture de son jean alors que son pied droit tenait la planche appuyé en oblique sur le coping. Je ne répondit point. Le jeune homme à la casquette continua, tandis que Je s'approchait, au devant de la rampe. Elle offrait une bonne part de vide. Il stoppa ces circonvolutions, s'adressa à Je. - Rides-tu ? Je acquiessa d'un hôchement de la tête. - Je m'appelle Jean, ou John si tu préfères... - Enchanté John, my name is " Romane " - T'as plutôt l'air bien magané... John pris quelques secondes, fit tourner une roue de son skate. - T'as besoin d'un lift ? Tu veux essayer mon board... - Euh... plutôt, je peux te taxer une clope... - Une quoi ? - Une clope. - Je sais pas ce que c'est une " clope " - Tu sais pas ? Je était totalement déboussolé. - une clope, c'est une cigarette. Les nouveaux amis commencèrent par se détester. Assis tout les deux dans le bus qui les emmenaient en banlieue, Je ne pouvait s'empècher de penser à Mance, et à l'accident qui lui couta le vie. John, lui l'intriguait, excitait sa curiosité. - t'as appris, pour le skater, mort il y a une semaine ? - Tu parles de Mance ? - Ouais, j'étais sur le park avec Cole ce jour là... - Ah, le grand Rock-Billette... Il skate à nouveau... Tu sais mon cousin Français, ici à Montréal, nous autres, nous nous connaissons tous, entre skateur... John ponctuait chacune de ses phrases par une respiration, une brutale et brève aspiration. - Et tu sais... Mance... devais finir par se faire très mal... un jour où l'autre... quelque chose le stopperai. - On le savait... - Merde il est mort sous nos yeux ! Je l'ai vu ! De mes yeux ! Je poussait fort, décrivit la scène, procéda à sa reconstitution : - il est arrivé et visiblement, il n'était pas en état de skater la verticale, alors pourquoi personne ne l'a empèché ? John, cracha entre ses jambes, un petit glavio précis, solide. - Dis... T'étais là ? Avec Cole ? - Ouai - Vous avez fait quelque chose ? - Mais je l'avais jamais vu... - Vous n'avez rien vu... mais vous étiez là... o' boy, je sais en plus qu'il n'avait pas de casque... c'est ce qui l'a tué... - Non..... Je rageait, s'identifiant à tort à ce simple inconnu, mort stupidement. - C'tait une belle mort ? nan ? tu trouves pas ? plutôt que de vieillir bêtement... T'inquiète, ce soir je t'emmène dans un party, tu vas t'amuser... Je se murait dans l'ambiguité. D'une part son nouvel ami lui donnait envie de le suivre, d'une autre ; il le repoussait profondément. John ajouta, après une minute où Je attendait qu'il ne parle ; - Et d'abord, es-tu sûr qu'il n'est plus en vie ? Qu'est-ce qui l'a tué ? Tu sais ? Une étrange... absence... toi aussi... un jour, skater c'est mort... - John, tu viens de me dire... Tu me laisse penser... C'est scandaleux, tu propages des idées comme on charge des virus informatiques sur un computer... Un virus, de la pensée... Tu pousses au suicide ? Alcool nous hais C'était irréel, Je ne rêvait que des lieux où il passait le plus clair de son temps, les moments où il berçait dans un soupçon de liberté. Méticuleusement, il entrouvrai sans le vouloir, dans cet enchevètrement opaque de songes, quelques passages oniriques vers des endroits familiers, desquels il souffrait d'une envie inconsciente. Il pensait ; - Je les fantômise... l'éclate... Quel serait leur attitude lorsque je les retrouverai ? Pauline, Julie mes deux vieilles copines... Avant d'ouvrir les yeux, il senti une odeur de sueure froide et renfermé, trop forte et trop mauvaise pour être banale, mélangée au goût piquant de sa bouche incroyablement sèche. Il avait dû gerber dans la nuit, ça lui revenait, petit à petit. Un rideau mal positionné créait une pénombre autour de lui, son lit posé à même le sol sentait mauvais, les draps étaient sales. Je se rendit compte qu'il avait gardé ses vêtements, et ça lui apparut, brusquement. Il était dans l'appartement de John. Il entendait du bruit hors de la chambre. C'est ce qui le réveilla, si encore on pouvait dire qu'il était réveillé. Il attendit d'entendre John, pour se lever. Je était sâle, et n'avait pas vu de salle de bain depuis plus de 48 heures. Dans la pénombre de sa chambre, des tas de fringues, sâles évidement, une armoire les portes ouvertes, et ce matelas posé à même le sol. S'assayant sur le lit, il empoigna sa tête entre ses mains. Il était toujours et encore plus défoncé qu'hier soir, sa soirée avec John, ses amis, avait été une somme d'atrocités défonçatoires. Il resta prostré. La douleur était vive. Il ne savait pas quoi penser. Ni comment penser. L'impacte sur son dos le faisait souffrir. Il se rappella soudain avoir chuté, lamentablement, avec le skate de John. Le dos, le poignet, le mal de tête, la liste s'allongeait. La raisonnance de son organisme marquait un brusque feed-back, énorme, il lui fallait cuver. Il fallait continuer. Holy bible room Le temps passa au rythme des céphalées dont Je était atteinds. Il avait peur de se lever dans cet endroit inconnu, dont il n'avait pas compris grand chose. Je, plein de volonté pour essayer de se guérir de sa gueule de bois dantesque, se réveillait dans un appartement incroyable. Quelques sons venant du salon lui firent prendre la décision de se bouger jusqu'à cette présence si intriguante. La cuisine était dégoutante, putride, tout était sâle, très sale. Un foutoir formidable et abominable. La kitchenette en long, était jonchée de vaisselle sale, des cendriers pleins, des tâches au sol, des bouteilles vides, des vêtements abandonnés, d'argent oublié. Au bout se trouvait sur la gauche un coin salon, où John, prostré de froid, se préparait une douille d'herbe. Dans l'angle, une cage en verre abritait un lézard énorme, iguane endormi sans sa lampe de chevet, à la vie en stand-by, le sang refroidi par la vieillesse des dragon. Des vinyls, des cassettes, et surtout ce sentiment d'étrange danger que Je connaissait... un livre de Haär Oldenberg... Des cannettes de bières partout, du matos de skate, au mur un papier peint décolloré beige peint de motifs abstrait géomètriques. Je se posa dans le canapé. A la vue des tatouages de John, le dialogue devenait inutile, seul leurs corps parlaient. Sous une aura mauve, John saisi le bang et préparait sa mise en orbite mentale. Lorsqu'il alluma le petit foyer, Je se demandait comment ses absences pouvait provoquer autant de flou dans le temps et l'espace. Comment pouvait-il accepter une parenthèse aussi crade dans une vie, comment ne pas sombrer dans l'errance, comment ne pas rire de cette beauté immatérielle, contre-pied logique véritable. Il scrutait le lézard avec curiosité. Sa prison était sacagée, les plantes, le sable, la lampe, tout témoignait d'un vandalisme banal. Le lézard en rebélion détruisit son biotope artificel. Tout comme la manière dont Je s'était comporté, depuis sa rencontre avec John. Je n'entendit pas les autres. Juste des petits tappotements répétitifs. John s'était affalé dans le sofa. Face au meuble télé éteint. Il avait posé le bang de bambout. Une heure avait passé. Il tenait sa verge turgecente et la heurtait en saccades contre la télécommande qu'il tenait dans l'autre main. C'est ce bruit qui l'avait réveillé. Je à ses coté, dormait encore un peu. Les yeux ouverts, ne sachant rien de ce qu'il dirait, ni ne voudrait, un reflet apparaissait sur la paroie vitré de la cage. Un grand brun avec une parka bleu profond fouillait dans la cuisine. Personne ne l'avait vu rentrer. Il prépara un bol de céréales avec du lait et vint s'assoir sur le canapé pour le manger. Il ne disait rien. Je dont le coma éthylique culminait à son apogée se cantonna dans une létargie noséeuse. Un joint aurait pu atténuer ses maux de tête, mais il avait trop de mal pour faire quoi que ce soit. Vomir. Trop tard. Le temps s'écoula ainsi, tout l'après midi. L'angoisse se précisa. Je était loin. Trop loin. En regardant par la fenêtre, il aperçu la table de jardin sur laquelle ils avaient skaté la veille au soir, les maisons de voisinages, le quartier tranquille, ensoleillé. Je avait repoussé la limite de ce que dans sa vie entière il croyait possible. Une sorte de déchéance fétichiste dans laquelle la moindre possession devenait une représentation idéale, dans sa réalité schyzophrènique outrancièrement planante, donc forcément belle. Cette souffrance, car cela en était bien une, se matérialisait par une auto-mutilation quotidienne. Un bordel permanent, pour une vie organisée. Rien ne laissait penser que John, puisse exister dans un tel taudis. Quel qu'il soit. Je avait peur, tout pouvait ce passer. De son abandon, comprendre l'environnement, fût-il si simpliste. Rien ne pouvait le sortir de ce qu'il venait de découvrir. Il était malade d'alcool, de shit, de skate, de défonce, de vivre, de tout autour de lui. Tout allait contre sa volonté, et c'était si bon. Masochiste, sentir enfoncer dans cette glissade, corps et âme dans une perdition molle et rampante, il userait sa conscience en une lutte veîne et illusoir. Le sang vénéneux circulait dans ses veines comme le Saint Laurent s'écoule dans les terres, produisant l'énérgie, rien d'autre n'importerai que sa manière de gindre, de gerber son malaise et d'arriver à toucher l'inconscient, l'ultime écueil de l'âme moderne, sa grâce divine matérialisée, enfin. L'harmonie du monde se riait d'eux deux. Smell like teen spirit John commença à retrouver la parole. Le mec en parka bleu nuit avait posé la bol de céréales et commençait à rouler un cône. Je n'en pouvait plus d'attendre la fin de cette souffrance qui semblerai ne plus jamais le quitter. John pris la parole au nom de tous... - Je, nous pouvons-tu ? Le Je comprenais presque rien. Ne répondit rien. - Tu verras, un jour ou l'autre... Soigne le mal par le mal. De long silence marquait son discours. - Ton évolution... - Dure, spontanée, violente... Ses mots étaient prononcés avec mesure, posé. Il poursuivait ; - Tout le monde rêve d'une élite qui passe son temps à se foutre de ceux qui l'idéalisent, c'est risqué non si t'es dedans ? Là, il déconne jugea Je en son fort intérieur. Il emboitâ le raisonnement, sans rien entendre... Celui qui bouffait les céréales de breakfirst ajouta ; - Gaz bar blues... Stie... Et une ride lente, lascive, longue, insidieuse... Tu te sens mal ? t'es bourré ? It's happenning ! o'boy ! - Ton illusion... brutale... à part la mort... - The friend of anyone... - ... la vieillesse ? - Red-one, la mondialisation, elle te la met profond... - L'évolution... Son grand maelstrom faisait mal au crâne comme le whisky trop jeune absorbé la veille... - ... révolution... Les silences observés était comme une prèche religieuse contenue d'une grande récitation d'éructations ilogiques, pourtant lourdes de volonté. La conclusion semblait être cuîte à point. - Arrète de rêver... Outre-atlantique, jusqu'à plus soif. La cabane était à peine à l'écart de Montréal, moins d'une heure, dans un quartier prolo résidentiel cheap de bonne tenue. La route principale ; le rang, se retrouvait à quelques dizaines de mêtres de la baraque du naufrage. Il fallait à Je retrouver Montréal, l'appartement, Darren, Cole, regagner l'Europe, sa ville, sa vie. Infirmière sexy oui Le monde vieillissait. Sentant ses muscles se durcirent dès le début de l'effort, sa puissance tardait, ses réflèxes lents l'attristait, l'inquiètait même. De longues période d'interruption dictait la traduction organique de son dialecte mimmé, aprofondit. Son corps vieillissait. Les personnes se taisaient. Seul, il lui fallait partir en quète, trouver une femme cherchant d'abord à tuer ses pulsions pour qu'elle puisse ensuite tuer ses illusions. En discothèque. Le disc-jockey, la caissière, les videurs, les serveuses, le patron, une bonne partie de la clientèle et le mobilier connaissaient Je. D'une connaissance mondaine, tout au plus, sans jamais l'appeller par son prénom, pourtant, c'était un habitué, parcimonieux et régulier. Après avoir érré dans un bar où un big band balançait un jazz de fanfare frelatée, écumé une fin de soirée de dj underground, dévalisé un épicier local et chamoisé le zing du bar de nuit de la ville, il avait la pèche, et sacrément envie de se faire serrer. La discothèque était vide comme dans les villes de moins de 10 000 habitants. Trois filles au comptoir, dont une serveuse, débordée et l'autre serveuse, ennuiée, pour toutes les deux taillader l'écoute d'un baratin incontournable, tant elle séduisait son porte feuille, et décevait par le manque d'originalité des boissons servies. Des potes à lui, rollermen, arrivèrent. Voulant rester sobre, il lui fallu s'enivrer avec eux, ils leur fallut rompre la glace. Et puis le ballet des filles débuta. Le Dj, du haut de son préchoir évoluait doucement vers le climax house-teck-trance de la nuit. Peut-être prendrait-il le pseudo Dj Silence, mixant un beau jour des morceaux couplés par l'abscence de son. Je gardait son déhanché en réserve pour dépoussièrer le caisson de basse. Elle, classieuse en robe noir façon tailleur à boutons serrés, portait des lunettes aux branches noires, des escarpins pointus sexy et deux manchettes en léopard cachant un décolté surexposant le galbe de ses seins. Son image travaillé avec le goût de la méthode, le savant calcul, sa présence entachée par le paquet de cigarette qu'elle tenait dans ses mains, et la clope qu'elle fumait en dançant. - elle se donne une contenance... ou elle cherche à cramer quelqu'un... - J'voudrais bien que ce soit moi... Agréait Je d'un soupir aspiré. - C'est ta tournée Je ? - ouai ouai c'est ça... Pourtant calquée sur la même mode pour beaucoup d'entre-elles. Il l'avait déjà aperçu, plusieurs nuittés antérieures, ressenti, et toujours pas digéré son allure, sa prestence, élégante, hautaine, accessible, déstabilisante. Elle l'attirait. Lorsqu'ils se retrouvèrent sur la piste de dance, côte à côte, sans se parler ni se toucher, ils cherchaient le sens du rythme, le geste, l'expression à tenir, pour se lier à la musique ou l'un à l'autre, ou les deux. Ils cherchèrent. The maggic mirror Se retrouvant un peu plus tard au club d'une autre salle, elle dansait accompagnée par une autre femme, elle aussi tout habillée de noir. Je dansait seul, avec tout le monde, ni les hommes, ni les femmes. Le son décolait, l'ambiance suivait lentement, à distance. Se surveillant du coin de l'oeil, Je compris qu'ils se retrouveraient dans le fond clair obscur du dance-floor, droit sous les hauts-parleurs, anticipa un déplacement de danseur, elle, son amie, Je prenaient la direction commune. Je cherchait sa souplesse, son prétexte, elle, douce et sensuelle arrivait à ses cotés. Que se passait-il entre eux ? Il ne cherchait pas à perturber leur connivence de fille, or il partageait avec elles le sens de la fête, gentleman. Aucun autre mec n'intervint dans le couple féminin, même pas pour former un vrai 2+2 ; pas un 3+1, ni 1+1+1+1. Et puis, 2-1. A la manière du cinéphile heurté quittant la salle avant le générique de fin, elles prirent la fuite. La fausse trance et la vraie sueure pataugeaient... Je leur emboîta le pas, hagard, compté comme un boxeur, il adressa la parole à sa déesse dans le corridor ; - ne part pas... Sans entendre, sans répondre, sans sourir, elle sorti, avec sa cavalière. Je resta. K.O. sans comprendre pourquoi il s'était écroulé après son départ. Des voleuses, elle partaient comme des voleuses... Sans comprendre. Je n'arrivait plus à rien, la musique ne le touchait plus, il restait seul, le tesla au sol, le manteau supérieur du globe éventré, le noyau interne sans sa haute densité, le terrain vague, abandonné. Les autres dansaient, toujours, sans rupture. Les mesures, les samples se superposaient, le temps métronomique se prolongeait. Lorsqu'une femme se porta à son secours, près de lui, ses bras balancés négligeament, le volcan érupta. Il oubliait son amoureuse, détournait son coeur violement. Heureux sans la moue triste d'un amoureux déjà sous le choc d'une autre femme. Le riff de plaque, la tectonique des basses l'emportait, Je se remis à danser sur l'erreure et les saccades lumineuses entre l'odeur étonnante des mecs lachant des caisses et celle des filles fumant du tabac chaud. Frénétiquement. Lorsque la lumière se ralluma, c'était comme lorsque tout le monde se déshabille dans une partouze, une fois soulagés, nus, les personnes se rapprochaient, en toute simplicité. Je, s'approcha du bar, où le big boss discutait, avec une convivialité laissée à l'appréciation des plus entreprenants. La discothèque huppée devenait une vrai mjc de quartier. Hasard des conversations avec quelques noctambules, Je ne cessait de repenser à elle, l'absente. Son amertume réveilla quelque désagréable souvenir lorsque le boss se mit à parler du tunnel du Mont-blanc. Hasard des circonstances, certitude des coïncidences, pour Je, tout n'était que skate. Il traduisait la descente de Chamo avec l'arrivée au square. Tout se mélangeait là, cette figurine, fragile vulgaire d'un homme tendre égoiste avec ce skate, une histoire qui roule, des souvenir en préparation. Un sac de noeud. Vodka orange amère La rage, le désespoir, la fureur, le dégoût, l'infini... Cette réalité tellement dure, cette solitude tellement fausse, cette incompréhension tellement limpide, ces hypothèses tellement potentielle... L'hypocrisie... le cocktail d'alcools forts. Je, n'en pouvait plus. Supporter ses espoirs vains, maintes fois floués, sa colère suggérée, sa soif noyée, il lui fallu partir skater, les yeux pleins de larmes, la fine force de la mélancolie à fleur de peau. Les rues étaient vide. Je atteignit le sommet, le départ de la descente, flippa, s'évada. Le goût de la chute. Une faute de trajectoire. Wobble. Un flash sensoriel dans sa bouche, sur sa langue, dans l'air qu'il inspira, Je senti à cette fraction de seconde, la saveur rare et furtive de son corps dans la peur, car il s'agissait bien de peur. Je songeait à ce qu'il venait de percevoir pour la première fois. Son corps le surprendrait toujours. Avec la détresse d'un enfant, il acheva sa descente, pour skater ce banc, celui du square aux grands arbres à l'écorce vieillie par les passants, puisque l'on lui suggérait. Les riverains gueuleraient, ça l'amuserait, sans envie. Sa vivacité lui jouait parfois des tours. Et sa stupeur n'était pas inébranlable. A l'abord du square, ses yeux, son coeur eurent une poussée d'adrénaline, encore, une autre adrénaline, une vraie. Elle se trouvait là, à l'endroit où il avait projeté de s'exprimer. Elle attendait, dans un grand manteau noir, assise, fumant une cigarette. Je abandonna son skate, il s'approcha d'elle, ralentissant son pas, elle se leva, doucement, tomba sa cigarette. Ils s'enlacèrent. Ils se souvenaient très bien l'un de l'autre. - Tu skates pas seulement à 6 heures du matin... je te prenais pour un oiseau de nuit qui ne trouve jamais le sommeil... Elle était radieuse, son sourire éblouissait Je dans sa masculinité féroce et un peu niaise. Il ne savait pas quoi répondre. Benoitement, il marmonna ; - on fume une cigarette ? - oui je veux bien, d'habitude, je fume peu, mais je veux bien. Avec cette journée opaque, les rideaux tirés, volets à demi-fermés, ils ne se posèrent aucune question. De leurs gestes, ils balayaient en un éclair toute leurs préoccupations, des plus futiles au plus graves, ils étaient sur un nuage. Leur conversation tourna court. Je se senti sauvé par Laure, c'était son prénom. Ses yeux étaient d'une couleur imperceptible, tantôt bleu opale ou vert émeraude, elle le regardait comme quelqu'un qui vient d'être sauvé. - A quoi tu penses ? Laure le provoquait. - Je sais pas... Je voulais glisser, là-bas, risquer quoi... j'ai quelque chose à perdre maintenant... Je désignait de l'index le rebord horizontal du skate au grip lissé. Elle riait, ses iris cobalt intimidaient Je. - tu dois être le genre de garçon à te lancer dans l'écriture d'un roman lorsque tu bloques 25 minutes aux W.C... Elle se moquait, Je, lui, riait. Pour la première fois, ils démistifiaient. - Astre Hide ? euh, Ast-Ride ? non, a stride... Shed of mine... Ils démistifiaient, pour la seconde fois. Elle inventa ; - Je, tu as souvent un air de musique dans la tête ? Juste un échantillon qui obsède parfois, énerve même... Tu te concentre souvent sur ce que tu vis ? T'étais ivre cette nuit ? Je suppose que oui, comme tu skates... Je la découvrait comme il se sentait transformé par l'expérience vivante, avoir... être... sémantique des langues mortes... son sens... - Je sais, je pense à... dit-il avec un sourire charmeur. Ils s'embrassèrent vers 16h27, soit dix heures après qu'ils aient vraiment fait connaissance. C'est elle qui lui demanda. Suggèra. Elle aimait donner des directives aux hommes. Intelligente, elle s'offrait à lui, il la sursaisit. power of love, is a curious thing... C'était un immeuble ancien dessiné dans la plus pure tradition Haussmanienne. L'éclairage publique pourpre cadrait le velouté du bloc minéral pourtant froid et haustère. Un Surplomb au premier étage, soit à environ quatre metres du sol, les bas relief du porche d'entrée représentait deux silhouettes soutenant les valeurs du second empire. Ensuite, au deuxième, troisième et quatrième étage, des appartements avec trois mètres de plafond. Un façade uniforme, symètrique, blanchâtre, calcaire ou minéral datant, à peu près, du milieu du 19eme. Enfin, le cinquième étage avec son balcon gravé de fioritures décoratives marquait une distinction notoire dans l'organisation architecturale de l'ensemble. encore fallait-il l'apercevoir. Pour finir, le sixième, sous le toit, abrite un grand espace composé de l'assemblage de plusieurs chambres de bonne, dont, l'appartement d'Laure. The north face La nuit était tombé sur le front de Je, elle était maintenant assez avancée. Il attendait. Là en bas, à l'abri des marronniers séculaires, jouant avec la bordure du trottoire, le regard absent perdu dans la noirceur de son être. Il se tenait, en équilibre, avec une extrème lenteur, d'un pied sur l'autre. Le déplacement démarrait de l'épaule et la hanche, pour soulever ensuite le pied du même coté, fléchir ses articulations et arriver en équilibre ! Qu'est-ce qu'un pas ? Quelle étonnement ! Minutieux et délicât, Je balançait son poids en avant toujours en équilibre sur la cheville gauche, la tête droite et le regard au loin. Pourquoi pas, affronter la verticalité, se faire la façade... juste pour griser le coeur d'une vie, un geste égoïste et chevaleresque. Ainsi, Je se tenait en équilibre sur la pointe des pieds, amusé pendant plusieurs minutes, il commença à observer la façade sous un angle curieux. Au souvenir de son amoureuse, le germe d'un trip d'enfer prenait corps à la mesure de l'imposante façade, ses pierres cisellées et façonnées de mains de maître stimulait son audace. Envisager l'escalade, le concept faisait son chemin, le mat sa côcagne. Le seul obstacle résidait en la présence à certains endroits de pics métaliques hérissés, destinés à proscrire la présence de tout volatile sur l'immeuble. Ce serait la surprise pour Laure, de me retrouver là-haut, songeait Je, elle va kiffer. A voie haute, il posa ; - Les portes fermées sont une perte de temps. Commença par prendre des repères sur le parcours de l'escalade, visualisant les prises qu'il emprunterai. Carressant la pierre, il débuta son ascenscion. Avec à peine quelques efforts, Je avait franchi le rez de chaussé et le premier étage, pour être déjà au deuxième sol. Les prises étaient sales, fugaces, saillantes et minces. Grâce aux grilles des fenêtres du rez-de-chaussé, il parvint au premier en à peine le temps d'un soupir. Je montait avec l'agilité d'un chat, enchainant les appuis, tous aussi dangereux les uns que les autres. C'est lorsque son pied droit glissa qu'il saisi toute la gravité de sa fantaisie volubile, envers sa propre vie. La hauteur augmentait rapidement, sans que Je ne réalise bien où il se trouvait, emporté par l'aisance. A partir du troisième, un sentiment tenace étreignit Je avec force. La chute éventuelle. Je n'était pas sous pression, pourtant, l'image de sa dégringolade sur le sol le tenait en alerte, comme une longue intraveineuse de peur injectée, lui qui ne connaissait que les flashs brutaux et intenses. Une nouveauté, songeai-t-il, délicieuse, une surdose de peur, comme il n'en avait jamais enlassé. Tonique, omniprésente et puissante. Suspendu dans le vide, attaché au décorum de fer forgé des fenètres, il assurait aisément son corps, même si la tension grimpait pour atteindre un niveau qu'il ne reconnaissait pas. Zen et fantaisiste, ses mains n'avait que quelques centimètres pour pouvoir le tenir sur les rebords de fenêtres, alors, méthodique, il monta ses pieds au rythme de cette danse verticale endiablée. Il prenait parfaitement conscience de sa folie magnifique, tenant sérieusement au respect des lieux. Je soufflait et inspirait, rampant sous verticalité, il atteignait déjà le cinquième étage, tout cela en quelque minutes ; l'effort gracieux le propulserait bientôt chez Laure. La vue du sol restait une menace, aussi éloigné soit-il. Soudain un sirène retentit loin, Je n'était pas inquiet, à cette heure tardive, personne ne saurait le déranger. Seulement, une patrouille vint se poster juste en bas de sa ligne. La vie normale " et merde " Je soupira... Compris tout de suite qu'ils en avaient après lui. Deux camions aux sirènes et aux lumières prioritaires se calèrent sous l'immeuble. Très vite, des agents aux vètements réflèchissants se tenait en bas, scrutant la façade, alors que d'autres avaient pénétrés l'immeuble. Sans avoir le temps de réagir, Je se retrouvait aux prises d'un pompier lui sommant de rentrer dans l'appartement, grâce à la fenêtre par laquelle il se penchait vers lui. Il s'adressa à Je ; " Revient sur le plancher des vaches, fait pas le con... " - oh, relax, ça va... Tranquille... " regarde moi... on va t'aider..." dit-il avec lenteur Malheureusement, l'aventure tournait mal, la joie de cette escalade sauvage n'obtint pas le dénouement prévu, Laure fût effrayée par ses sauveteurs de normalité, aperçu Je, qui, avant de suivre le secouriste, se balançant une dernière fois au dessus du vide, il lui fit un clin d'oeil ; - Je suis désolé... Don't phreak me Je fût transféré au commisariat le plus proche. L'endroit était impersonnel et gris. Deux officiers de police se tenaient à ses cotés dans une pièce grise où un ordinateur tronait sur le bureau central étrangement vide. Le plus grand des deux flics toussaient, il était sec, maigre et peut être sujet aux quintes de toux. Le procès verbal se déroulerait là. " Que faisiez vous sur cette façade ? " Je était groggy de s'être fait embarqué. Prostré sur sa chaise, il semblait renfermé et tristement incrédule. " vous m'avez pourri en pleine ascencion ! " Le flic le plus petit avait l'air d'une personne très propre, presque belle. Il n'intervenait pas, bougeait peu, le grand maigre parlait. " Pourquoi les pompiers t'ont-ils cueillis ? " Pas impressionné, il calmait l'ambiance, Je, impassible. " Si on résume, tu n'as pas de travail... et tu escalade des immeubles ? " ouai... si vous voulez... " Je était arrassé de devoir se justifier, sa tristesse grandissante l'engluait dans un ressentiment mal venu. Un autisme passager, du moins. " Pourquoi faites vous cela ? " Il regretta de leur dire, avant de parler, confus... " Vous êtes des pillards d'émotion... " Je s'évada. Ses pensées le conduisait chez Laure, qui n'avait rien pu faire pour empècher le procès verbale. Il imaginait l'issue heureuse qu'aurait dû prendre cette folie savament calculée sur ses doigts. Le beau gosse rèpéta, frappant sa main droite sur la table tel un bâtonnier ; " que faisiez vous ? " Je le regarda, curieux, il balbutia ; " je sais pas, comment vous expliquer... " Il soupira... tournait autour de son fantasme, puis doucement, il eut l'idée ; " vous, vous... par exemple, vous avez des revolvers à la ceinture... ça doit vous responsabiliser d'être équipés d'armes à feu... le flingue, ça se porte pas sans précaution, pas entre de mauvaises mains. Vous comprenez... " Visiblement, les poulets ne comprennaient pas. Ils n'étaient pas là pour ça. Il rajouta ; " je grimpe entre de bonnes mains... les miennes..." Les deux flics se regardaient stupéfaits, totalement désenparés d'entendre cette explication irrévérancieuse. Le grand sorti après un hôchement de tête. Après quelques minutes, un civil entra dans le bureau, toujours accompagné du grand maigre. Il était maintenant autour de quatre heure du matin. Il s'adressa à Je, très autoritaire ; " Soyez rassuré. Vous allez être transféré, on s'occupe de vous, ne soyez pas inquiet. " Je se senti un peu mieux. " Je peux partir ? rentrer chez moi ? " " Pas tout à fait, mais ne vous inquieter pas, on va vous conduire en lieu sûr, pour une formalité, question de comportement... " La compréhension floue et incertaine, Je n'était pas encore parfaitement redescendu de sa varappe. Un conquérant de l'inutile admet peut être pourquoi l'état de siège d'une émotion n'est rien comparé à la vitesse ou tourne le monde. Tout s'enchaînait trop vite, sans pouvoir prendre l'essence de ce qui l'entourait. Il lui aurait fallu rire, se féliciter, se réjouir d'une somme de risque aussi riche en sensation puérile. Un tel trip ! Quelle assurance, quelle audace ! Quel pied ! La montagne venait à lui... Le vertige, la résonnance, la somme des peurs, presques éteintes, créaient un bonheur presque sans limite. L'envie de crier, jurer sa douceur de vivre auprès d'Laure, les deux pieds sur le sol, simplement une drogue, de dur, libre d'accès, pour peu qu'il parvienne jusqu'à elle. Au lieu de cela, la réalité des flics n'avait rien de poètique. La communication toucha ses limites, et Je n'a aucune leçon à fournir sur sa vision de la vie à ces fonctionnaires, représentants de l'ordre, gardiens de la paix. Surf to nothing end Stayin'on surfing Surfin' without moving Static move surfing Searching internet surfing La surprise était de taille. Je ne comprenait rien. Il avait été conduit, sous l'escorte de deux poulets dans un établissement curieux et inattendu. Le lieu se délimitait par une enceinte avec force et gardiens. De nombreuses allées reliait des bâtiments, qui espacés de motifs enherbés, trouvaient une panoplie d'essences arborescentes académique. Arrivés devant un grand bloc de plein pieds, possédant un seul et unique étage, Je fût invité à descendre de la voiture pour se rendre dans cette baraque. A la vue d'infirmières, il compris à cet instant qu'il pénétrait dans un hôpital psychiatrique. L'asile. Un infirmier le pris en charge, tristement, Je n'opposa aucune réticence, totalement abasourdi par cette surprise détonnante. L'infirmier lui demanda de le suivre, et salua les deux policiers. Tout alla très vite. Déambulant dans un couloir sombre, Je regardait à peine les silouhettes fantomatiques qu'il croisait du regard. On lui indiqua une chambre. Rien d'autre. La chambre semblait d'un autre âge. Deux mètres cinquante sur quatre, un lavabo entouré d'un placard, un lit, une table de nuit et un fauteuil face à une fenêtre. Je s'assit. Secoué. A ne rien comprendre. La porte de sa chambre avait une petite fenètre sur le couloir. Hébété, il s'installa sur le lit, songeant encore à sa fabuleuse escalade, et aussi à la proportion que prenait les évenements, pour finalement atterir dans ce camp de vacances forcés, un endroit dont il ne comprenait pas le sens, ni la raison. Invraisemblable. Réaliser sa présence ne le laissait pas l'accepter pour autant. Je s'allongea, avec une seule idée en tête, " qu'est-ce que je fous ici... " l'usure de son leitmotiv l'endormit, lourdement, sans fatigue. Jack Nicholson fan'clubbing Je faisait face à son assiète, sans se préoccuper le moins du monde des autres patients atablé avec lui. La nourriture était médiocre, fade, voir mauvaise. Un peu plus tôt, une infirmière était venue le tirer hors de sa torpeur pour prendre le diner. Dans le refectoir, cinq tables rondes de quatre places étaient remplies de femmes et d'hommes tous très silencieux, le nez dans la bouffe, et dans leurs névroses, toutes très différentes. Les infirmières prenaient soins d'administrer les médicaments à chacun, suivant chaque prescriptions. Je avalla le diner rapidement, sans goût pour ce qu'il mangeait, puis, il pris le temps d'observer les personnes présentes. Tous semblaient planer sous l'effet de puissantes médications, camisoles chimiques anihilant à peu près tous les maux. Des femmes, des hommes, de tout âges, malmennés par l'existence se regardaient sans se voir, sans se parler, sans tristesse. L'endroit était glacial à mourir. Quittant les tables rondes, Je suivit ces gens, pour bientôt découvrir ce que l'hopital lui réservait. Un long couloir où les chambres se juxtaposaient, un hall vide avec quelques plantes grasses et des peintures de paysages provençaux, une salle de séjour, avec une radio et des jeux de sociétés, des journaux, une table avec deux grand bancs, et une salle fumeur, dans laquelle des fauteuils étaient disposés anarchiquement. Bientôt asphixiée par un épais brouillard, dû à la cigarette que presque tous venaient fumer après ce diner frugal. L'horreure. Je faisait les cent pas entre le couloir des chambres du dortoir, passant du temps à observer les tableaux accrochés aux murs, n'osant pas aborder une des personnes présentes, là avec lui. Cette vision désarmante le rendit malheureux, pour les autres, de voir quel pouvait être l'abandon. Peace maker die Dans la nuit, ne trouvant pas le sommeil, Je se mit à faire des pompes, vers trois heures du matin. Seul dans sa chambre. Le jour et la nuit se succèdaient comme le temps s'écoulait, pour rien, pour le plaisir de passer son temps, inutile et absent, comme suspendu dans l'amer existence des ennuis profond, abyssal interstice d'une vie subie, tyrannique par sa réalité, abstrait singulier par l'espoir d'un ailleur, d'un mieux quelque chose. Cependant, les personnages changeaient. Toujours les mêmes expressions silencieuses. Habituelles épresque, comme les équipes encadrantes, si bien que Je ne savait plus très bien reconnaître les malades des soignants. Une sorte de sympathie timide finie par emporter Je. Tous n'avaient, après tout, aucun besoin à combler. L'humanité secrete liait ces êtres curieux de chacun. Pas besoin de tenir, entre la salle des intoxiqués de la nicotine, se raccrochant au partage d'une clope, la salle commune, où chacun se jouait de ses problèmes, de la salle d'attente, partout. Attirant son attention, une jeune femme le questionna par son comportement. Elle avait avec elle une trousse de maquillage, qu'elle déposait face à un miroir de la salle commune. De type eurasienne, les cheveux lisse, son teint et son corps parfait faisait d'elle un mirage, une illusion bien réelle. Méfiant, Je ne lui adressait pas la parole. Elle se maquillait. Se recoiffait, vérifiait la coupe de ses vètements anonymes. Elle lui adressa la parole ; - Mon mari va venir me chercher, je tiens à être belle. Avant de partir, il avait fini par sympathiser avec quelques patients, victimes de cercles dévertueux liés à plein de choses, la plupart du temps, une spirale sociale où l'on soigne et guérit, avec le temps de la patience. Je fûma une cigarette offerte. Elle failli le tuer. Son corps repris sa décrépitude là où il l'avait laissé la dernière fois, la douleur était identique aux atroces sensations vécues lors de ses éthylismes forcenés. Mais décuplée. Cela partait des bronches, pour remonter le long de l'oesophage, atteindre le coeur et propulser la nausée dans tout l'organisme. L'envie de vomir, la fébrilité, les tremblements, les palpitations et la chute de tension l'envoyait en plein purgatoire, entre la vie et la destruction, là où le corps se vide de son âme, essore son énérgie vitale, dissémine sa capacité à vivre, accepte et subi, proche d'un arrêt du coeur, au-delà. Terrifiante ampleur d'une simple cigarette. Puis le mal s'estompa, petit à petit, le bien fût. L'infirmière lui ayant révelé la présence du médecin, consultant, le matin principalement, lui somma de se rendre à un entretien. Enfin une présence indiscible d'une éclaircie salvatrice. Je saurait enfin pourquoi, il avait été conduit là, placé, pour avoir pris le loisir de grimper là où d'autres ne parcours que du regard une façade sculptée. Le thérapeute lui appris qu'il avait été hospitalisé à la demande du psy choisit par la cellule psychologique de la police. En effet, parler d'arme à feu et d'escalade, de vie et de mort, leur avaient mis la puce à l'oreille sur son état de mélancolie " suicidaire ". Même, son discours candide lui valu les remontrances du médecin. Il provoquait le subconscient des hommes à qui il déclarait sa maîtrise sur l'existence, la vie, durant une escalade comparée au port d'une arme à feu, responsabilité arnachée. Du toubib, Je retenait cette conclucion : - votre exemple eut-été pertinant, comparé à un chirurgien en opération, avait déclamé humainement son médecin. Ils avaient choisis de ne pas verbaliser mais d'interner au nom du principe de précaution. Pour son haut-le-coeur égoïste, Je resta tout de même une poignée de jours dans cet endroit avant d'être restitué à sa jungle contemporaine initiale. Ain't set-backing Le smic de Sisyphe La vie repris son cour. Je se senti capable de redonner un sens utile à son compte bancaire. La passion lui apparut l'échapatoire et non l'issue, si bien qu'il se mit à chercher un travail, un gagne pain terre à terre, le pragmatisme vieillit. Laure n'était pas étrangère à ce choix, elle qui préparait sa retraite avec discernement. Je avait même finit par renouer le contact avec Pauline et Julie, ses deux vieilles copines. Un viellissement accéléré avait fini par le convaincre, à force de se projeter dans le futur, si bien qu'il trouva une sorte de job payé aux tarifs en vigueur. Il partait travailler à l'heure où, quelques mois auparavant, il cessait de skater. La nuit se voulait maintenant une enemie. Ses séquences de travail se répartissait toujours de façon aléatoire, quelque soit le jour, la semaine ou le weed-enk. Tous les jours était le même. L'usine était un lieu de mouvement, cela plaisait à Je. Arrivé, changé, posté. Ainsi, il restait là pendant environ huit heures consécutives, à obéir à une machine, elle même obéissant aux autres machines qui entre-elles, formaient une chaîne d'assemblage complexe et automatisé. Le Robot, c'était l'homme. Vide d'humanité, les contacts étaient froids, absent quasiment. Même en pause, personne ne s'adressait la parole. Tous ne souhaitant qu'une chose, l'argent, pour exister, ailleur, bien loin d'un endroit aussi asservissant. Comme une vie caché, il n'aurait pas soupçonné possible un tel renoncement à la joie et au bien être. Sans contact, sans relation, ses tâches étaient remplies, ni bien ni mal, sa fonction lui échappait parfois, comme il s'échappait rêveur éveillé de ces corvés. Pendant ce temps, les minutes s'écoulaient, longuement, l'argent s'accumulait, lentement. Tout juste l'avantage de la dépersonnalisation, Je reconnaissait sa hiérarchie. Il était totalement étrangé à cet environnement. De sa profonde déprime, une absence de goût, un renoncement apparût. Tellement frustré dans sa nouvelle vie, il n'avait plus envie de rien. Le quotidien terrassait toute pulsion fantaisiste. La routine écrasante eclaboussait sa joie de vivre. Je avait perdu le sens de sa liberté. Sa désinvolture envers la vie n'était que la désobéissance de l'âme. Strange beautiful music Heureusement, Laure accapara les parcelles de son cerveau libre, dompta ses neurones sauvages, pour attendrir la profonde antipathie dégagée de son nouveau statut. Dans cette prison imaginaire, une lueure de liberté chancellait dans l'horizon lointain des possibles. Il rejoignait Laure chez elle. Son amour pour elle devait être une sorte de déclinaison au conditionnel. L'appartement avait les charpentes nues brunâtres, les murs inclinés jusqu'au plafond central où un lustre doré, surmonté de douze fausses chandelles électriques, se balançait parfois. Des plantes grasses répandaient une chlorophyle imperceptible, don d'une lumière exposée photofavorablement. Pour le pro du move, leur vie commune le fascinait ; sa taille s'accordait à merveille avec la sienne, leurs corps s'épousaient dans une coordination biologique incroyable. Ils jouaient souvent à chahuter, se bousculer, toucher des parties précises du corps... Et c'était sans aborder le sexe... Provoquer un face à face, fraction de seconde durant laquelle ils entraient en union, personnelle et intime, un regard. Lorsqu'ils se déplaçaient dans cet espace, comme si ils dansaient en silence, s'effleuraient, des gestes vifs, précis, Laure saisissant son sac à main, fouillant dans un placard, Je s'agenouillant sur la table basse en plastique transparent. D'un tact technologique, une dance d'adulte synchronisée au microsillon. Et alors au plumard, leur " best trick " relevait d'une douceur mesurée à l'intensité de jouissance offerte. Kama-sutra complet, technique savante à découvrir par soi-même, la décousue description donnant ceci ; l'un et l'autre se mariaient : Pénétration aller-simple ralenti au point d'être immobile, culminé par l'orgasme commun. Vu comme ça, ils prenaient presque toujours le plan B, l'exception confirme la règle. Dans son logement, souvent, affalée sur son sofa, assise en contorstioniste, Laure n'archivait jamais quand elle se mettait à feuilleter un magazine, un bouquin, des publicités ou le programme télé en tournant les pages machinalement et s'arrètant sur certains détails, au hasard de son attention et des jingles radiophoniques apostrophiques. - Tu trouves ? demandait Je... agacé. - C'est pas si bruyant que ça, ton atelier... Elle l'attendait. Il ne dit plus rien. Prépare le dîner, s'il te plaît... j'ai tout acheté... Epilogue Fast Old Next Strummin' Ce qui révolutionna sa vie, c'est lorsqu'un vieux garçon, employé depuis des années lui adressa la parole, un matin un peu avant quatre heure, dans le vestiaire. Avant de prendre leurs service, il trouva une pièce d'un centime par terre. - Bouh, j'ai du pain sur la planche aujourd'hui... dit-il en se penchant pour ramasser l'argent. Il soupira machinalement. Jetta un regard au jeune novice à l'allure pleine de dépit. - Dis-dons, jeune homme, connais-tu le guitariste, euh... comment il s'appelle déjà... Brian May ? Il lançait la pièce dans l'air devant lui... - son plectre ? - il jouait avec toujours le même Penny...